Le Parlement alerte sur les effets néfastes des microplastiques pour les consommateurs de poissons et crustacés

Les microplastiques sont de minuscules morceaux de polyester et d’acrylique, invisibles à l’oeil nu. Lorsqu’ils se retrouvent dans la mer, ces microplastiques sont ingérés par la faune maritime, et notamment par les poissons et les crustacés, qui se retrouvent ensuite dans les assiettes des consommateurs. [Marti Bug Catcher]

« Un consommateur moyen de crustacés méditerranéens ingère environ 11 000 fragments de plastique chaque année », déclare la député européenne Catherine Chabaud (Renew Europe).

Le Parlement européen a adopté jeudi (25 mars) un rapport sur les déchets marins et leur effet sur la pêche. L’ancienne navigatrice Catherine Chabaud, à l’origine du texte, met en garde contre la présence des micro et nano plastiques dans les océans et leur dangerosité pour les consommateurs, soulignant que « 80% des déchets dans la mer viennent de la terre ».

Les microplastiques sont de minuscules morceaux de polyester et d’acrylique, invisibles à l’oeil nu. Lorsqu’ils se retrouvent dans la mer, ces microplastiques sont ingérés par la faune maritime, et notamment par les poissons et les crustacés, qui se retrouvent ensuite dans les assiettes des consommateurs.

« Si on mange du poisson ou des crustacés, on ne sait pas encore très bien quels sont les risques toxicologiques d’avoir ingéré du plastique », déclare Catherine Chabaud.

L’Agence européenne des produits chimiques (AEPC) mène un travail préparatoire pour proposer à la Commission européenne une restriction des microplastiques ajoutés de manière intentionnelle dans les produits. Catherine Chabaud demande à la Commission de « suivre avec attention cette proposition ». 

Plusieurs organismes, à l’image de l’OMS, WWF et National Geographic, réclament également plus de recherches scientifiques sur le sujet.

« Il faut sensibiliser le public et renforcer nos connaissances sur le sujet. Étudier les effets des micro et nano plastiques sur l’environnement, sur la chaine alimentaire et la santé humaine. Il faut que les États membres fassent des campagnes de sensibilisation », ajoute Mme Chabaud.

En 2014 déjà, les Pays-Bas, l’Autriche, la Belgique et la Suède militaient, via une déclaration commune, pour l’interdiction des microplastiques afin de mieux protéger l’éco-système marin, les crustacés et les consommateurs.  

« Bien qu’il soit évident que des alternatives aux micro-plastiques existent pour les cosmétiques et les détergents, des centaines de tonnes de ces particules font toujours irruption sur le marché tous les ans. Rien qu’en Allemagne, on trouve pas moins de 500 tonnes de polyéthylène dans les produits cosmétiques », avaient déclaré les quatre États. 

Plusieurs Etats réclament l'interdiction des micro-plastiques pour sauver les moules

Les Pays-Bas, l’Autriche, la Belgique et la Suède militent pour l’interdiction des micro-plastiques utilisés dans les détergents et les cosmétiques, afin de protéger les milieux marins – et les fruits de mer.

Traquer les microplastiques en amont 

Les microplastiques font moins de 5 millimètres, rendant leur traque quasi impossible dans l’océan. « Une fois qu’ils arrivent au niveau de l’océan c’est trop tard, ils vont se dégrader en petites particules. Il faudrait des filets tellement petits qu’on ramasserait tout l’éco-système avec », explique Natacha Tullis, l’assistante parlementaire de Catherine Chabaud.

La particularité des micro plastiques est leur capacité à produire un mélange chimique qui se libère en milieu aquatique. « On les appelle communément des éponges à polluants. Ils attirent tout ce qui est substances toxiques », poursuit-elle. 

La fondation Tara Océan a démontré que l’on retrouve déjà des micro plastiques dans les fleuves et les cours d’eau. Cela est notamment dû aux pneus de voitures. Avec l’abrasion au sol, des particules de plastique se retrouvent sur les routes. Lorsqu’il pleut ou qu’il neige, ces particules suivent le cycle de l’eau et se retrouvent dans les égouts puis dans les océans. 

Les stations d’épuration n’ont pas de filtres assez petits pour retenir cette pollution. Pour Catherine Chabaud, « il faut soutenir l’innovation à ce niveau là ». 

Aujourd’hui, on estime à 3 milliards le nombre d’individus dans le monde qui dépendent des protéines issues de la pêche. « Il faut statuer rapidement dessus car ça peut avoir des conséquences très néfastes », conclut l’eurodéputé. 

«Nous ne pouvons pas laisser nos océans disparaître sous le plastique»

La pollution était le thème principal du dernier sommet des Nations unies pour l’environnement. Le responsable environnement de l’ONU espère que cette rencontre fera enfin bouger dirigeants et entreprises.

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