Le transport fluvial a le vent en poupe

Le transport fluvial de marchandises affiche une hausse d’activité de 9 % en 2019. Une question se pose : comment transformer l’essai ? Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Le transport fluvial se porte plutôt bien à en croire les statistiques du gestionnaire public Voies navigables de France (VNF). En 2019, 56,3 millions de tonnes de marchandises (l’équivalent de 2,8 millions de camions) ont été transportées sur son réseau. Soit une augmentation de 9 % des tonnages par rapport à l’année précédente.

Le BTP en tête

Par bassin, la hausse est de 9,9 % sur le réseau Seine-Oise, de 18,5 % sur les ports rhénans français, de 10,2 % sur le bassin mosellan, de 5,7 % sur Rhône-Saône et de 2,9 % sur le Nord. « L’année 2019 est également marquée par une reprise du trafic fluvial de conteneurs, avec une augmentation de +2,6 % au niveau national et un trafic estimé à 567 000 EVP (équivalent vingt pieds) », précise un communiqué de VNF.

La logistique fluviale est surtout empruntée pour les matériaux de construction avec 45 % des volumes transportés en 2019. Ce qui correspond à 25,2 millions de tonnes (+ 13,9 %). Vient ensuite la filière agroalimentaire (céréalière principalement) avec 14,4 millions de tonnes transportées, en hausse de 11,1 % par rapport à 2018.

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Une croissance non conjoncturelle

Avec ces résultats, VNF veut voir dans le transport fluvial une alternative crédible pour le transport de marchandises. Contacté par le Journal de l’environnement, Thierry Guimbaud, le président de VNF, se réjouit : « 2019 est la première année de forte croissance depuis 4 ans. Nous avons retrouvé le niveau d’il y a 5 ans. Ce n’est pas une croissance inattendue ni un phénomène conjoncturel. » La preuve : cette croissance est répartie sur tous les grands axes et pas uniquement sur la Seine grâce aux travaux du Grand Paris ou des Jeux olympiques. C’est d’ailleurs sur les ports rhénans que la croissance est la plus forte.

Pour entretenir cette dynamique, VNF compte sur le développement des infrastructures. Avec en tête le projet de Canal Seine Nord. Ce programme à 7 milliards d’euros reliera les bassins de la Seine et de l’Oise au réseau fluvial du nord de la France et du Benelux. L’établissement public mise aussi sur les partenariats, et en particulier la convention signée en janvier, qui favorise le recours à la logistique fluviale à Paris pour la construction du village des athlètes des Jeux olympiques.

VNF a également augmenté de 40 % son budget d’investissement pour la régénération de son matériel. Et le gestionnaire compte bien dépoussiérer et numériser ses installations. Autre atout à faire valoir : « contrairement au ferroviaire et à la route, notre réseau est très loin de la saturation. Nous pouvons encore faire passer jusqu’à 4 fois plus de bateaux », nous assure Thierry Guimbaud.

Une logistique en sursis ?

Tous les voyants sont au vert donc ! Pas si vite, une petite lumière rouge clignote. L’approvisionnement en eau peut parfois être capricieux. En témoigne une baisse du trafic en 2018, imputable aux crues de la Seine et du Rhône en début d’année et à des épisodes de basses eaux du Rhin et de la Moselle au second semestre.

 

« La sécheresse est la menace la plus importante à long terme », reconnaît Thierry Guimbaud. Pour gérer cette problématique, VNF se repose essentiellement sur sa qualité de gestionnaire d’eaux. « Nous gérons une cinquantaine de retenues d’eau, des barrages, qui nous permettent d’entreposer l’eau, de la retenir, de la renvoyer. » Bonne étoile : cette année les réserves sont déjà pleines à 73 %. Pourvu que ça dure.

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