Les antibiotiques, mauvais aussi pour le climat

Utilisés en élevage, les antibiotiques constituent un danger pour la santé mondiale et pour le climat. Selon une étude publiée dans les Ecology Letters, l’épandage de fumier issu de bovins traités par ces médicaments accélère la respiration microbienne dans le sol, favorisant la libération de CO2. Un article de notre partenaire le Journal de l’environnement.

Utilisés de manière excessive en médecine humaine et vétérinaire, les antibiotiques voient leur efficacité rapidement diminuer. En cause, la survenue de résistances chez les bactéries, phénomène appelé antibiorésistance. Se transmettant entre bactéries, ces résistances sont une menace sanitaire de premier plan, avec la crainte que des maladies, jusqu’alors aisément curables, le soient de moins en moins.

Or l’usage excessif d’antibiotiques constitue aussi une menace pour l’environnement. En 2016, une étude internationale montrait que des vaches traitées par antibiotiques produisaient des excréments enrichis en flore méthanogène, dégageant, une fois au sol, 80 % plus de méthane, gaz à effet de serre 28 fois plus puissant que le CO2. Dans une étude publiée dans mardi 8 octobre, Carl Wepking, biologiste à l’université d’État du Colorado à Fort Collins, et ses collègues révèlent l’existence d’un autre mécanisme.

Accélération des cycles du carbone et de l’azote

Les chercheurs ont épandu sur des sols agricoles soit du fumier provenant de bovins traités par antibiotiques, soit de bovins non traités. Sans surprise, les résultats révèlent une modification de la flore microbienne du sol, mais surtout une accélération du cycle du carbone, avec une libération deux fois plus rapide et plus forte de CO2 par le sol.

Les règles de l’UE sur l'usage des antibiotiques dans les élevages s’étendent aux pays tiers

Les pays tiers devront respecter les nouvelles règles sur l’usage d’antibiotiques dans les élevages, qui visent à lutter contre l’antibiorésistance.

Pour montrer cela, les chercheurs ont utilisé une approche « pulse-chase », consistant à exposer brièvement les plantes à du CO2 marqué radioactivement, puis à étudier le parcours du carbone radioactif dans les feuilles, les tiges, les racines puis le sol. Ils ont procédé de même pour l’azote, montrant également une accélération de son cycle.

« Il est déjà bien connu que l’excès d’antibiotiques est un problème pour les humains, et que nous sommes en train d’épuiser l’efficacité thérapeutique de ces médicaments. Notre étude confirme que les antibiotiques ont aussi des effets environnementaux », commente Carl Wepking.

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