Les constructeurs automobiles européens de nouveau sur la sellette

[Focke Strangmann/EPA/EFE]

Les industriels déclareraient des émissions supérieures aux performances réelles de leurs véhicules pour faciliter, dans les années qui viennent, la mise en conformité avec la norme WLTP. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement

Le Conseil international pour des transports propres (ICCT) se rappelle au bon souvenir des constructeurs automobiles. Mercredi 25 juillet, l’ONG à l’origine de la dénonciation du logiciel truqueur de Volkswagen a dénoncé une nouvelle affaire impliquant des industriels européens.

En s’appuyant sur des données produites par le Centre de recherche commun de l’Union européenne (JRC), l’ICCT estime que les producteurs de voitures continuent de mentir sur les émissions de gaz carbonique de leurs véhicules neufs. Une accusation reprise dans une note confidentielle de la Commission européenne, publiée par l’ICCT.

Le contraire du Dieselgate

Contrairement au dieselgate, il ne s’agit plus de minorer le volume d’oxydes d’azote émis par le pot d’échappement, mais de prétendre que les voitures neuves rejettent plus de gaz carbonique qu’en réalité. « L’examen de 114 jeux de mesures montre un gonflement moyen de 4,5 % [du volume de CO2 émis] des émissions déclarées par rapport aux émissions réelles », soulignent les services de Bruxelles.

But de l’opération ? En agissant ainsi, les industriels tentent d’influencer le niveau acceptable de pollution qui sera adopté pour 2025 ou 2030 dans le cadre des nouveaux protocoles d’évaluation des émissions WLTP. Plus le niveau d’émission déclaré sera élevé, moins l’effort à produire effectivement par la suite pour les réduire sera important.

Les constructeurs démentent

« Cela fait 6 mois que nous tentons d’alerter la Commission. Au début, ils étaient en colère et ne voulaient rien entendre, maintenant ils reconnaissent le problème et admettent publiquement que ça leur a échappé », réagit auprès de l’AFP Peter Mock, directeur général de l’ICCT.

Premier constructeur impliqué dans le dieselgate, Volkswagen assure n’avoir aucun intérêt à manipuler ce genre de chiffres.

Interrogé par l’AFP, l’Allemand BMW promet de « faire tout son possible » pour parvenir à l’objectif ambitieux fixé par l’UE tout en assurant se conformer aux outils de mesures réglementaires. De son côté, le Français PSA assure effectuer ces mesures en « toute transparence » sous le contrôle d’organismes tiers indépendants.

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