Les émissions de CO2 des voitures neuves toujours trop hautes

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Alors que l’Union européenne a établi une limite de 95g/km pour les véhicules neufs, à un an de la date buttoir, les constructeurs stagnent à 122g/km selon les données d’AAA Data. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Ça urge. En 2021, les gammes des constructeurs automobiles ne devront pas émettre, en moyenne, plus de  95g CO2/km. En cas de non-conformité, gare aux amendes.

Mais force est de constater que pour y parvenir, la route est encore longue. Preuve en est, les données de l’analyste AAA Data, que JournalAuto.com a pu consulter. En 2019, le grammage moyen en CO2 des véhicules particuliers (VP) neufs immatriculés en France est resté stable par rapport à 2018, (122g/km). Pire, certaines marques enregistrent de fortes augmentations et dépassent parfois cette moyenne.

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Bonnet d’âne

Sur les 33 marques évaluées, 13 affichent des hausses significatives. En 2018, les véhicules neufs mis sur le marché par Renault rejetaient, en moyenne, 3 g de CO2 en plus au km qu’en 2017, soit 110 g/km, pour la gamme. Même constat pour sa filiale Dacia, avec un grammage moyen de CO2 de 119 g/km : + 2 g/km en un an. Fiat a gagné 4 grammes, passant de 118 g/km de CO2 en 2017 à 122 g/km en 2019. D’autres marques comme Jeep et Alfa Romeo ne font guère mieux.

Du côté du haut-de-gamme, Mercedes-Benz affiche 128 g/km au compteur en 2019, en forte hausse par rapport à 2017 (122g/km). Même diagnostique du côté d’Audi ou encore de BMW. Ce dernier est passé de 119 g/km en 2017 à 122 g/km en 2019. Bon dernier, Alpine carbure à 144g/km actuellement, contre 137 il  y a deux ans. A ce rythme, la bataille contre le CO2 n’est pas prête d’être remportée.

Des freins qui laissent des traces

Plusieurs facteurs expliquent ces contre-performances. La faute, dans un premier temps, à la baisse de la part du diesel (moins émetteur que l’essence) entre 2018 et 2019. L’année dernière, 760 000 VP neufs diesel ont été immatriculés : 10,6 % de moins en un an. Retrait qui a profité aux véhicules essence qui ont enregistré 1 281 802 de VP neufs immatriculés (+7,9 %) pour atteindre 58 % de part de marché. A cela s’ajoute que la mode est à la grosse citadine lourde et énergivore. En 10 ans, les ventes de SUV ont triplé en France avec plus de 800 000 immatriculations en 2019. Ces véhicules émettent en moyenne 133 g/km de CO2 par km.

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Un peu de baume au cœur en revanche, puisque les véhicules électrifiés continuent de progresser. +18 % pour l’hybride, qui comptabilise désormais 5,7 % de part de marché. Le 100% électrique regroupe seulement 2 % du parc automobile. Il affiche néanmoins un volume en hausse de 37,7 %. Si ces résultats sont encourageants, ils ne suffiront pas à faire reculer le grammage moyen en CO2 pour espérer atteindre les objectifs fixés par l’Union européenne. Toutefois, l’année 2020 signe l’arrivée d’une avalanche de véhicules électriques chez les constructeurs. Reste à savoir si cela suffira pour respecter les normes communautaires.

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