Les émissions réelles des voitures ont augmenté de 42% depuis 2001

Sur la papier, les nouvelles voitures sont plus propres, mais en pratique, l'amélioration n'est pas au rendez-vous. [Nataliya Hora/Shutterstock]

Sur le papier, elles baissent. Au pot d’échappement, elles grimpent en flèche. Les émissions de CO2 des véhicules particuliers ont considérablement augmenté en 15 ans, selon les mesures réalisées par une ONG allemande. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Officiellement, les émissions moyennes de CO2 des voitures, mesurées en laboratoire, ont diminué de 30% depuis 2001. Mais mesurées sur route, elles ont augmenté de 42%, selon la dernière livraison du rapport établi par le Conseil international pour des transports propres (ICCT) pour l’année 2016. Une nouvelle pierre dans le jardin de la Commission européenne, qui doit annoncer demain ses propositions pour limiter les émissions de CO2 des voitures à partir de 2020 (voir encadré).

L’exécutif réfléchit à un objectif entre 25 et 35% pour 2030, avec un objectif intermédiaire en 2025. Le projet prévoit aussi l’obligation pour les fabricants de produire au moins 15 ou 20% de voitures zéro émission, principalement électriques, d’ici 2030. Des objectifs totalement insuffisants pour l’ONG Transport&Environment, qui presse la Commission d’adopter des réductions d’émissions d’au moins 45% et d’imposer un objectif obligatoire plus ambitieux pour les véhicules zéro émission.

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400 euros par an

C’est la 5e année consécutive que les émissions de voitures neuves mises sur le marché européen ne diminuent pas, ou si peu (-2%), en conditions réelles d’utilisation, alors que les constructeurs affichent sur l’étiquette une baisse de 11%. «Ce fossé entre les émissions réelles et officielles s’est amplifié au fil du temps et a abouti à annuler les deux tiers des améliorations annoncées par les constructeurs depuis 2001», pointe l’ICCT, qui s’est fondé sur l’analyse de la consommation de 1,1 million de véhicules individuels, dans 14 pays. Un fossé qui coûterait en moyenne 400 euros par an à chaque conducteur pour ses dépenses supplémentaires en carburant, a calculé l’ONG à l’origine des révélations sur les truquages de Volkswagen en septembre 2015.

Muscler les nouveaux contrôles

L’ICCT n’est pas très amène vis-à-vis des nouveaux tests que s’apprête à introduire progressivement la Commission. L’ONG lui conseille de faire effectuer des contrôles aléatoires de conformité sur les véhicules, produits par des organismes indépendants, et des contrôles des émissions en conditions réelles. «Des collectes à large échelle de mesures en conditions réelles de la consommation de carburant sont nécessaires pour surveiller les progrès», prévient-elle.

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