Les insectes, une hécatombe en cours

41% des espèces d’insectes sont actuellement en déclin. [Shutterstock]

La disparition rapide des insectes constitue l’une des plus grandes extinctions de masse depuis l’apparition de la vie. Avec 41% d’espèces en déclin, la Terre perdrait chaque année 2,5% de sa biomasse, explique notre partenaire, le Journal de l’environnement.

C’est une hécatombe invisible, mais dont les conséquences, pas seulement pour l’Homme mais pour la vie terrestre, seront désastreuses: les insectes sont en cours de disparition, à un rythme encore plus élevé que les vertébrés, révèle une étude publiée par les biologistes australiens Francisco Sanchez-Bayo (université de Sydney) et Kris Wyckhuys (université du Queensland, Brisbane), dans la revue Biological Conservation. Le rapport porte sur une analyse de 73 études publiées dans la littérature scientifique.

Récemment observée en Allemagne et à Porto Rico, cette chute a commencé à l’orée du 20èmesiècle, s’est accélérée dans les années 1950-1960 pour «atteindre des proportions mondiales alarmantes au cours des deux dernières décennies», constatent les auteurs. Selon leur analyse, 41% des espèces d’insectes sont actuellement en déclin, soit deux fois plus que les vertébrés,  et le niveau d’extinction locale s’élève à 10% -huit fois plus élevé que les vertébrés.

Dans l’ensemble, environ un tiers des espèces d’insectes sont menacées d’extinction dans les pays étudiés à travers ces études. Selon les chercheurs, la biodiversité s’effriterait chaque année à raison de 2,5% de la biomasse terrestre!

Oiseaux et insectes disparaissent des campagnes françaises

Oiseaux, chiroptères, habitats naturels, artificialisation, pesticides, espèces invasives… Tous les indicateurs sont au rouge, selon le bilan diffusé ce 18 juin par l’ONB, relayé par notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Tous les groupes touchés

Lépidoptères (papillons, mites), hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes), coléoptères (scarabées)… aucun groupe d’insectes ne semble à l’abri. Pour d’autres (fourmis, sauterelles, etc.), les données sont encore trop parcellaires pour pouvoir juger. Si les espèces dites spécialistes (celles occupant des niches écologiques très restreintes) sont les plus vulnérables, le phénomène n’épargne pas les généralistes.

Parmi les principales causes, les chercheurs soulignent en premier lieu la perte d’habitat, l’agriculture intensive et l’urbanisation, suivies par la pollution (principalement les pesticides de synthèse et les fertilisants), les espèces envahissantes et le changement climatique –même si, pour l’instant, celui-ci semble principalement toucher les espèces tropicales.

Pour les chercheurs, «la conclusion est claire: si nous ne changeons pas de système alimentaire, l’ensemble des insectes seront en voie d’extinction d’ici quelques décennies. Les répercussions sur la planète seront, c’est le moins qu’on puisse dire, catastrophiques: les insectes constituent la base, fonctionnelle et structurelle, de très nombreux écosystèmes mondiaux, depuis leur apparition à la fin du Dévonien, il y a presque 400 millions d’années».

Le déclin des insectes attise le débat sur les pesticides

Le nombre d’insectes volants dans les zones protégées a diminué de plus de 75 % depuis 1990. Si toutes les causes de ce déclin ne sont pas connues, les écologistes appellent à l’interdiction de plus de pesticides, dont le glyphosate.

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