Les ministres approuvent des mesures sur l’Espace européen de la recherche et de l’innovation

L’EER a été lancé en 2000 dans le but de créer un marché unique de la recherche et de faciliter la collaboration transfrontalière en matière d’innovation. [Shutterstock / metamorworks]

Les ministres des 27 États membres de l’UE réunis en groupe Compétitivité ont approuvé les conclusions sur la gouvernance future de l’Espace européen de la recherche (EER) ainsi qu’un pacte sur la recherche et l’innovation (R&I).

L’EER a été lancé en 2000 dans le but de créer un marché unique de la recherche et de faciliter la collaboration transfrontalière en matière d’innovation. Les conclusions, y compris l’agenda politique de l’EER pour la période 2022-2024, visent à développer un cadre de gouvernance plus détaillé pour ce dernier. Elles ont été approuvées vendredi 26 novembre.

En décembre dernier, la Commission européenne a présenté un plan pour un « nouvel EER », actualisé pour répondre non seulement au contexte de la relance post-Covid, mais aussi à la « double transition » écologique et numérique. La rationalisation de la gouvernance et le pacte, qui définit des principes communs pour guider la recherche et l’innovation en Europe, étaient des éléments clés de la nouvelle stratégie.

Vendredi (26 novembre), la déclaration de Ljubljana sur l’égalité des sexes dans la recherche et l’innovation a également été publiée. Elle vise à lutter contre les disparités entre les sexes dans ce domaine et à mieux intégrer la dimension du genre dans les travaux de recherche.

« La lutte contre la crise de la Covid-19 a montré l’extrême importance de la recherche et de l’innovation pour préserver et promouvoir une Europe résiliente et compétitive », a déclaré Simona Kustec, ministre slovène de l’Éducation, des Sciences et des Sports qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE.

« C’est pourquoi ce tout premier agenda politique de l’EER constitue un grand pas en avant. Il comprend des actions concrètes qui nous aideront à répondre de manière plus efficace aux défis sociétaux. »

Lancement du Forum du Conseil européen de l’innovation à Bruxelles

Le Conseil européen de l’innovation (CEI) a lancé son forum destiné à rassembler décideurs politiques, chercheurs et entrepreneurs engagés dans l’innovation. Ses responsables soulignent la nécessité pour l’Europe d’investir davantage dans la recherche et l’innovation.

L’EER du futur

Les conclusions sur un nouvel EER comprennent un appel au développement d’une structure de gouvernance à plusieurs niveaux pour assurer la mise en œuvre du programme. Vendredi, un plan allant dans ce sens a été adopté par tous les États membres à l’exception de la Hongrie, qui s’est abstenue.

Les conclusions font état d’un environnement modifié et beaucoup plus vaste pour la recherche et l’innovation en Europe ainsi que de la nécessité d’apporter des réponses à des problèmes complexes et en évolution constante, comme la pandémie et le changement climatique.

La Commission devrait mettre en place un Forum EER d’ici à la fin de l’année qui sera chargé de faire appliquer le nouvel EER et de surveiller la mise en œuvre de son agenda politique. Un cadre pour la réalisation de ces tâches devrait être présenté au Conseil d’ici la mi-2022.

Le Forum servira également à orienter la collaboration entre les États membres et les tiers et à façonner les politiques et initiatives de recherche et d’innovation aux niveaux européen et national.

Les valeurs directrices de la recherche et de l’innovation

Les recommandations relatives au pacte approuvées par le Conseil énoncent dix principes destinés à guider la recherche et l’innovation en Europe et les travaux des chercheurs européens avec leurs homologues du monde entier.

Selon les recommandations, les efforts visant à « renforcer la coordination et à approfondir la cohérence entre l’Union et les politiques nationales et régionales sont essentiels pour faciliter la collaboration transfrontalière et intersectorielle en matière de recherche ».

Parmi les valeurs communes énoncées dans les recommandations figurent des règles strictes en matière d’éthique et d’intégrité dans la recherche et l’innovation, la liberté de la recherche scientifique, une coordination renforcée et un rayonnement international, ainsi que la libre circulation du personnel de recherche, des technologies et des connaissances dans toute l’UE et entre les secteurs.

Le Conseil a également réaffirmé son engagement envers l’objectif consistant à investir 3 % du PIB de l’UE dans la recherche et le développement. L’accent a été mis sur l’importance de la recherche et du développement lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des politiques à grande échelle telles que le paquet climatique « Fit for 55 » de l’UE, qui vise une réduction de 55 % des émissions dans l’UE d’ici 2030 et la neutralité carbone d’ici 2050.

« Ce n’est qu’avec la présence d’une forte innovation au cœur de ces politiques qu’elles pourront porter leurs fruits », a déclaré Mariya Gabriel, commissaire à l’innovation, à la recherche, à la culture, à l’éducation et à la jeunesse, lors de la réunion.

« Nous devons investir plus et mieux », a-t-elle indiqué, ajoutant que les pays de l’UE devaient veiller à ce que la recherche et l’innovation soient au centre de leurs investissements au niveau national.

Déclaration de Ljubljana

La déclaration de Ljubljana, une initiative de la présidence slovène publiée vendredi, énonce un engagement à garantir l’égalité d’accès et de participation à la recherche et à l’innovation. « Je souscris officiellement à la déclaration de Ljubljana au nom de la Commission », a déclaré M. Gabriel au Conseil « Compétitivité » de vendredi.

La déclaration contient des engagements visant à garantir des parcours professionnels équitables et inclusifs, à lutter contre la violence sexiste dans l’enseignement supérieur et la recherche, à assurer un suivi rigoureux de la mise en œuvre des politiques d’égalité des sexes et à intégrer ces initiatives dans les institutions au niveau national.

Cependant, lors de la réunion de vendredi, la Hongrie et la Pologne ont fait une déclaration sur les conclusions de la gouvernance de l’EER indiquant qu’elles définiraient le mot « genre » en fonction du « sexe » et le concept d’« égalité des sexes » comme « l’égalité entre les femmes et les hommes », ce qui signifie que les personnes transgenres ne seraient pas considérées comme pouvant bénéficier de ces garanties.

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