Les nouveaux tests antipollution des véhicules entrent en vigueur

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En Europe, les émissions des véhicules vont être évaluées avec de nouveaux tests plus stricts.

Entrés en vigueur le 1er septembre, les nouveaux protocoles européens d’évaluation des émissions des véhicules ne devraient pas contribuer à assainir le parc automobile avant de nombreuses années. Un article de notre partenaire le JDLE. 

Un petit pas pour les techniciens, mais un bon pas pour la prévention des pollutions de l’air. Le 1er septembre, le protocole européen d’homologation des véhicules neufs est entré en vigueur, après de longues négociations entre les Etats membres, le Parlement et la Commission.

Conséquence directe: les organismes homologuant les véhicules neufs (étape indispensable pour recevoir une autorisation de mise sur le marché) doivent désormais suivre un nouveau protocole d’essais: le WLTP (ou ‘procédure de test des véhicules légers harmonisée au niveau mondial’), jugé plus sérieux que le précédent baptisé NEDC (ou ‘nouveau cycle européen de conduite’), entré en service en 1973.

Merci au Dieselgate 

Massivement décrié par les experts et les ONG depuis des années, le NEDC était systématiquement contourné par les constructeurs, lesquels ont vendu des décennies durant des véhicules dont les émissions réelles étaient très largement supérieures aux performances affichées. Le Dieselgate a signé l’arrêt de mort de ce dispositif.

8%. Les particules fines (PM2,5), le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone (O3) sont à eux seuls responsables de 400.000 décès prématurés par an dans l’UE, indique l’Union européenne, soit 8% de la mortalité totale.

Où est la nouveauté? Comme le NEDC, les tests du WLTP se déroulent sur les bancs d’essais des certificateurs. Toutefois, les conditions d’utilisation (conduite plus dynamique, avec de nombreuses accélérations et de plus longues périodes à grande vitesse) sont jugées plus représentatives des conditions réelles de circulation sur route et autoroute. Les mesures d’émission de CO2 et de consommation de carburant seront plus précises que précédemment.

Gonflage des performances

Cette nouvelle procédure interdit aussi certaines pratiques utilisées précédemment par les constructeurs pour gonfler les performances de leurs véhicules: chargement de la batterie avant les essais, surgonflage des pneus, allègement maximal de la voiture testée, etc.

S’ils soulignent les avancées de ce nouveau protocole, les experts ne sont pas exempts de critiques: «Le WLTP reste un test réalisé en laboratoire. Il donnera des résultats qui seront inférieurs d’environ 23% aux émissions réelles», confirme-t-on chez Transport & Environment, ONG européenne spécialisée dans les questions de transport.

L’application du WLTP se fera néanmoins progressivement. Il est obligatoire pour tous les nouveaux modèles à partir de ce jour et pour toutes les nouvelles voitures (voitures neuves dérivées de modèles agréés selon la norme NEDC) à partir de septembre 2018.

Conditions réelles 

Pour déterminer leurs rejets en oxydes d’azote (NOx) et en particules fines, les voitures seront aussi testées sur route, en suivant le protocole RDE (ou ‘émissions en conditions réelles’). Mais en laissant quelques marges de manœuvre aux constructeurs. Jusqu’en septembre 2019, les véhicules pourront émettre jusqu’à 168 milligrammes de NOx au kilomètre: plus de deux fois la norme actuelle. Une façon, indique la Commission européenne, «de permettre aux constructeurs de s’adapter aux nouvelles exigences». Amusant si l’on se souvient que la norme Euro 6, fixant les limites d’émission en NOx, date de septembre 2014.

Informations judiciaires

Dans un second temps, précise Bruxelles, cet écart sera ramené à un facteur de 1,5 (c’est-à-dire 120 mg/km NOx au lieu de 80 mg/km), compte tenu des «marges d’erreur techniques», d’ici janvier 2020 pour tous les nouveaux modèles (d’ici janvier 2021 pour tous les nouveaux véhicules). Les tests réalisés dans le cadre de l’enquête commanditée par Ségolène Royal avaient montré que certains modèles de voiture commercialisés ont des rejets gazeux très largement supérieurs aux normes en vigueur. En France, quatre informations judiciaires ont été ouvertes par le parquet de Paris à l’encontre de Peugeot, Fiat, Renault et Volkswagen.