Les règles européennes strictes en matière d’émissions automobiles seraient « nécessaires »

Le ministre-président du Land de Bade-Wurtemberg, où l’automobile occupe une place importante, a déclaré que les objectifs d’émissions du parc automobile pour 2035 seraient difficiles à atteindre, mais qu’il était nécessaire de s’y tenir. [EPA-EFE/Sean Gallup / POOL]

Le paquet législatif sur l’énergie et le climat proposé par l’UE a reçu le soutien inattendu du maire du Bade-Wurtemberg, un Land allemand influent, réputé dans le monde entier pour son industrie automobile de pointe.

« L’industrie automobile devra faire d’immenses efforts pour atteindre l’objectif de zéro émission avancé par l’UE pour les nouvelles voitures qui devrait entrer en vigueur à partir de 2035 », a déclaré Winfried Kretschmann, le ministre-président du Bade-Wurtemberg.

Si la proposition de la Commission européenne d’interdire la vente de nouvelles voitures à essence et diesel en 2035 est accueillie favorablement par des constructeurs automobiles comme Volkswagen et Daimler, elle a été reçue avec scepticisme par les associations industrielles allemandes.

Toutefois, ces efforts seront « nécessaires », a ajouté M. Kretschmann lors d’un échange au Bundesrat allemand le mois dernier. « C’est notre mission commune d’élaborer la politique climatique qui convient et de soutenir nos entreprises au mieux de nos capacités », a-t-il ajouté.

Le Bundesrat est l’organe qui réunit les dirigeants des 16 Länder allemands. La transcription de cet échange a été publiée le 27 décembre, soit plusieurs semaines après la tenue de la réunion.

Les Länder allemands jouent un rôle crucial dans les négociations à venir sur les lois européennes en matière de climat et d’énergie et le soutien du Bade-Wurtemberg est déterminant dans ce contexte.

Le secteur automobile est l’un des plus gros employeurs de ce Land de 11 millions d’habitants, qui est connu pour défendre les intérêts de son industrie. M. Kretschmann a dit un jour que « le ministre-président du Bade-Wurtemberg conduit une Daimler et rien d’autre ».

Les commentaires de M. Kretschmann en faveur de la législation européenne ont été repris par d’autres fonctionnaires d’État allemands. « Ceux qui font l’effort de discuter avec les responsables de l’industrie automobile et avec les fournisseurs savent que les limites et les exigences réglementaires sont correctes », a déclaré Winfried Hermann, ministre des Transports du Bade-Wurtemberg.

« Dans le Bade-Wurtemberg, les occasions ne manquent pas pour cela, et l’industrie automobile elle-même est également très active et communique facilement », a-t-il ajouté.

Ses collègues se sont montrés tout aussi réticents à critiquer les différents aspects du paquet climatique et énergétique de l’UE, se contentant de noter un manque d’ambition dans certains domaines, comme l’objectif de porter à 40 % la part des énergies renouvelables pour 2030.

« Nous ne devrions pas entrer dans une course aux réglementations toujours plus réduites », a prévenu Stephan Holthoff-Pförtner, ministre des Affaires européennes du Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, qui compte près de 18 millions d’habitants.

« Nous devrions proposer une solution qui soit neutre sur le plan technologique et qui soit également basée sur le marché », a-t-il ajouté, précisant qu’il privilégiait l’échange de droits d’émission comme la solution idéale. Il a également exprimé son soutien à la proposition de l’UE d’introduire une taxe carbone aux frontières.

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La Bavière, le troisième des Länder allemands les plus influents, s’est abstenue de participer à cette discussion.

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Cet échange de vues constituait également le premier discours du vice-chancelier et ministre du Climat Robert Habeck devant un organe constitutionnel. « Nous aurons beaucoup de choses à discuter ensemble au cours des quatre prochaines années », a-t-il indiqué au Bundesrat allemand.

Une grande partie des compétences de l’État fédéral relèvera de son ministère, a déclaré M. Habeck, qui est à la tête d’un nouveau super-ministère couvrant à la fois les domaines de l’économie, de l’énergie et de la protection du climat.

Avec le paquet législatif sur le climat et l’énergie proposé par la Commission européenne, les marchés de demain se créent aujourd’hui, a-t-il expliqué.

La véritable priorité doit être la rapidité, a-t-il déclaré devant les ministres-présidents. « L’Allemagne a réduit ses émissions de CO2 de 40 % au cours des 30 dernières années » mais il ne lui reste que huit ans pour réduire ces émissions d’encore 25 %, a-t-il fait remarquer.

Évoquant la célébration qui a eu lieu suite à l’électrification d’une voie ferrée dans le Bade-Wurtemberg qui avait pris 40 ans, il a ajouté : « Nous n’arriverons à rien avec de tels délais. Dans ces conditions, nous allons tous échouer ».

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