L’ESA soutient les missions sur la Lune et sur Mars

Artist's view of the Ariane 6 four boosters configuration (A64)

Au cours des cinq prochaines années, l’Agence spatiale européenne investira 14,4 milliards d’euros dans différents programmes, dont un en coopération avec la NASA pour aller sur la Lune et un autre pour prélever des échantillons sur Mars. Un article d’Euroefe.

Le Conseil ministériel de l’Agence spatiale européenne (ESA), la plus haute instance de l’institution, s’est réuni pendant deux jours au palais des congrès et des expositions de Séville (sud de l’Espagne). Des délégations des 22 États membres de l’Agence, ainsi que des observateurs de l’Union européenne, étaient présents.

Jan Wörner, le directeur général de l’ESA, a souligné qu’en deux jours, Space19+ (le nom de la réunion) avait mis en exergue l’unité européenne dans le secteur spatial.

Il s’est déclaré satisfait du budget final de 14,4 milliards d’euros qui a été approuvé. Celui-ci dépasse légèrement la somme initialement demandée par l’ESA à ses pays membres ( 14,3 milliards d’euros) car l’Allemagne, premier contributeur de l’Agence, a annoncé à la dernière minute des investissements importants.

Sur ce budget, l’investissement prévu pour les trois prochaines années s’élève à 12,5 milliards d’euros. Une feuille de route quinquennale est cependant toujours approuvée au cas où une nouvelle réunion ministérielle ne serait pas organisée après trois ans.

Remous internes à l'Agence spatiale européenne

Récemment nommée à la tête de l’Agence spatiale portugaise, l’Italienne Chiara Manfletti a conservé un rôle auprès du directeur général de l’ESA. Un article exclusif de notre partenaire, La Tribune.

Cette fois, aucun programme n’a dû être interrompu comme lors de la précédente réunion ministérielle de 2016 à Lucerne, en Suisse, a déclaré le directeur général de l’ESA, faisant référence à la mission « Asteroid Impact Mission » (AIM).

Celle-ci devait faire partie d’un projet plus vaste mené conjointement avec la NASA pour détourner les astéroïdes. A Séville, une nouvelle version de AIM a été approuvée. Simplifiée et moins chère, elle a été baptisée Hera.

Plus de fonds pour observer la Terre

Le programme Copernicus de surveillance de la Terre, mené en collaboration avec la Commission européenne, figure parmi les mieux dotés. Il a obtenu 1,803 milliards d’euros, soit un financement de 29 % supérieur à ce qui avait été initialement prévu.

Pour Josef Aschbacher, directeur du programme d’observation de la Terre de l’ESA, il s’agit « d’un signal important pour l’Europe, pour laquelle le changement climatique est une priorité absolue. Nous devons améliorer notre empreinte écologique et réduire nos émissions de CO2, et Space19+ nous engage sur la bonne voie ».

Le programme d’exploration robotique et humaine constituera un autre poste important du budget, avec 1,953 milliards d’euros attribués. Un quart de cette somme sera utilisé pour financer des missions lunaires, dont « Lunar Gateway », la future station spatiale lunaire de la NASA.

Il s’agit d’une station spatiale permanente qui tournera autour de la Lune et servira de point de départ pour des voyages interplanétaires ou des voyages vers la Lune, une sorte d’« arrêt de bus » pour les astronautes qui veulent se poser sur le satellite de la Terre.

Bruxelles veut sa place à la table des grandes nations spatiales

Sous l’impulsion de la commissaire européenne Elżbieta Bieńkowska, l’Europe est en train de devenir un géant de l’espace sur le plan politique. Elle seule a le poids et les moyens pour boxer dans la même catégorie que Washington, Pékin et Moscou. Un article de notre partenaire, La Tribune.

L’ESA s’occupe déjà de produire le module de service européen (ESM) de la capsule pilotée Orion, le véhicule d’exploration de prochaine génération de la NASA, qui enverra des missions d’astronautes au-delà de la Lune.

L’autre programme lunaire qui se verra attribuer des fonds est  la mission sans pilote « Lunar Resource Lander ».

Mission sur Mars

Il a également été question de Mars durant la réunion ministérielle, en l’occurrence pour une mission destinée au prélèvement d’échantillons de sa surface.

C’est l’une des prochaines étapes concernant l’exploration de la planète rouge, mais la tâche est ardue, car elle implique la mise au point d’un système de transport complexe. Il faudra organiser plusieurs missions depuis la Terre, lancer une fusée depuis Mars, prévoir un vaisseau pour ramener les échantillons, sans compter qu’il faudra construire sur Terre un laboratoire pour les examiner et les maintenir dans un milieu protégé.

Au chapitre de la sécurité planétaire, qui n’a pas été aussi bien dotée que prévu, l’ESA a notamment accepté de soutenir des missions visant à réduire les débris spatiaux.

Depuis le début de l’ère spatiale en 1957, avec le lancement du satellite russe Spoutnik 1, les déchets n’ont cessé de s’accumuler. Ils seraient constitués de 30 000 objets plus gros qu’une orange, de 750 000 débris d’une taille comprise entre un et dix centimètres, et de millions de fragments de quelques millimètres.

Ce réseau de débris, quelle que soit leur taille, pourrait causer des dommages à un engin spatial opérationnel, d’où la nécessité de trouver des solutions.

Toujours dans le domaine de la sécurité, la mission d’alerte solaire « Lagrange » n’a pas reçu « un soutien total », ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle doive être interrompue.

Les pays membres de l’ESA ont également convenu  de continuer à utiliser la Station spatiale internationale et se sont entendus sur un ensemble de programmes visant à garantir l’accès et l’utilisation indépendante de l’espace, en donnant la priorité aux lanceurs européens Ariane 6 et Vega C.

En outre, plusieurs programmes destinés à faire progresser la compréhension de la physique fondamentale ont été approuvés.

Il a aussi été décidé d’augmenter sensiblement le financement du programme scientifique, ce qui permettra d’associer les missions LISA et Athena, qui portent respectivement sur la détection d’ondes gravitationnelles et sur l’étude des trous noirs.

Après trois ans de présidence du Conseil ministériel, l’Espagne a passé la main à la France et au Portugal, qui officieront ensemble.

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