L’OMC relance les négociations sur les subventions à la pêche

Un tiers des stocks halieutiques sont surexploités selon la FAO. [Shutterstock]

L’OMC vient d’annoncer la relance des négociations sur les subventions à la pêche dans le monde. Objectif: parvenir à un accord en 2019. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

C’est le Mexicain Roberto Zapata Barradas qui prend les rênes du groupe de négociations visant la fin des subventions nocives, favorisant la surpêche, la surcapacité de pêche et la pêche illégale. Des subventions estimées à environ 15 milliards d’euros par an. Il remplace le Jamaïcain Wayne McCook, selon le communiqué de l’OMC. Pour mémoire, un accord juridiquement contraignant avait échoué de peu le 13 décembre dernier, lors de la 11e conférence interministérielle de l’organisation, à cause de l’opposition indienne.

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’avait jamais été aussi près du but selon l’ONG Bloom, qui suit de près les débats. Finalement, les ministres ont consenti, en deux paragraphes, à reporter l’accord et à s’entendre lors de la conférence ministérielle de 2019. C’est pourquoi la balle revient dans le camp des négociateurs.

«Comme vous le savez, nous avons beaucoup de travail à faire et le monde a de grandes attentes envers nous», a déclaré l’ancien négociateur en chef du Mexique pour l’accord de partenariat transpacifique, qui comprend un volet sur les subventions à la pêche.

«Traitement différencié»

Un autre point a été officiellement validé lors de la dernière conférence de Buenos Aires: «Un traitement spécial et différencié approprié et effectif en faveur des pays en développement et des pays les moins avancés doit faire partie des négociations».

L’UE accusée d’avoir cédé à des lobbies de la pêche industrielle

Plusieurs organisations environnementales et de pêcheurs ont accusé Bruxelles d’avoir cédé aux lobbies néerlandais de la pêche industrielle en ignorant un avis défavorable de son comité scientifique, lorsqu’elle a proposé d’accorder des dérogations à l’interdiction de la pêche électrique.

31% des ressources surexploitées

Seul un accord juridiquement contraignant pourrait en effet réduire la surpêche qui touche 31% des stocks halieutiques dans le monde selon la FAO et menace 58% des ressources, dont les captures sont proches du rendement maximum durable.

Pour l’heure, seul un objectif de développement durable (ODD n° 14.6) onusien demande aux États d’interdire d’ici 2020 «les subventions à la pêche qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche» et de supprimer «celles qui favorisent la pêche illicite, non déclarée et non réglementée».

Calendrier de travail

Roberto Zapata Barradas a affirmé qu’il entamait aussitôt les consultations avec les délégations pour valider la méthodologie des travaux à venir. Un calendrier de travail précis sera par ailleurs finalisé lors de la prochaine réunion du groupe de négociations, prévue le 11 avril.

«Accord en amont»

Réunis au sein de la campagne ‘The low hanging fish’, Bloom et le groupe Varda ont salué, dans un communiqué, la nomination d’un diplomate précédé d’une solide réputation de négociateur talentueux, qui recherche et atteint des résultats concrets.

«Nous comptons sur ce nouveau leadership pour élaborer un accord ambitieux sur le plan environnemental et social en amont de la prochaine conférence», ont-ils poursuivi. Pour éviter de retomber sur les mêmes vetos lorsque les ministres se retrouveront autour de la même table, en 2019.

La chasse à la baleine continue

Les cinq baleiniers japonais ont annoncé, le 31 mars, avoir capturé 333 baleines de Minke dans l’océan Antarctique. Une pêche pourtant visée depuis 1986 par un moratoire signé par Tokyo mais contourné par les navires au nom de la recherche scientifique. Le Japon passe aussi outre sa condamnation par la Cour internationale de justice en mars 2014.

Le Danemark prévient des conséquences graves du Brexit sur les pêcheurs

Le gouvernement danois affirme que la sortie du Royaume-Uni de l’UE aura un lourd impact économique pour ses pêcheurs. Le pays insulaire a en effet une large zone économique exclusive, qu’elle partage actuellement.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.