Paris et Bruxelles militent pour une journée sans voiture européenne

epa07024757 Dimanche sans voiture à Bruxelles, le 16 septembre 2018. Plus de 30 villes de Belgique participent à l’événement. EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Les maires de Bruxelles et Paris appellent à une journée sans voiture européenne afin de réduire la pollution de l’air. Un fléau qui provoque 400 000 décès prématurés chaque année, selon un rapport de la Cour des comptes.

Ce dimanche 16 septembre, à Bruxelles comme à Paris, les voitures étaient interdites. Cette initiative annuelle a pour but de limiter la pollution de l’air et d’encourager les habitants à enfourcher leurs vélos, chausser leurs patins ou emprunter les transports en commun.

Et il était temps, dans des capitales où la qualité de l’air n’est pas toujours au rendez-vous. En septembre, Bruxelles a ainsi été parmi les villes où les niveaux de pollution étaient les plus hauts d’Europe.

Pascal Smet, le ministre de la mobilité de la région bruxelloise, a souligné l’effet immédiat de l’interdiction de rouler en voiture en tweetant une comparaison de la qualité de l’air en semaine, les dimanches habituels et le 16 septembre. À 16h, le verdict était clair : 30 % de pollution en moins.

Une série de véhicules ont tout de même pu rouler sur les pavés bruxellois. Entre les bus (gratuits), les taxis, les ambulances et les voitures dotées de plaques diplomatiques, 17 000 dérogations ont été accordées cette année.

La journée sans voiture est cependant l’occasion d’organiser des marchés, des concerts et d’inviter les citoyens à reprendre possession des rues. Cette année, la maire de Paris et le bourgmestre de Bruxelles ont appelé à l’instauration d’une journée sans voiture dans toute l’Europe.

Anne Hidalgo et son homologue belge, Philippe Close, ont ainsi indiqué dans une déclaration commune que « face à l’urgence climatique et l’impact sanitaire de la pollution » rendent les journées sans voiture nécessaire, et soulignent le rôle des villes dans leur organisation « La journée sans voiture en est une belle illustration…. Elle est un temps collectif de respiration », ont-ils ajouté.

Condamnation de la Cour des comptes

La pollution de l’air est un problème de plus en plus grave. Un rapport de la Cour des comptes européenne (CCE), publiée le 11 septembre, juge que les institutions ne font pas assez d’efforts pour combattre un phénomène qui entrainerait 400 000 décès prématurés tous les ans.

Malgré les poursuites lancées à l’encontre des pays qui enfreignent « fréquemment » les règles en matière de qualité de l’air, les membres de la CCE critique l’attitude de la Commission, qu’ils ne jugent pas assez sévère.

En 2016, seuls quatre des 28 États membres respectaient lé législation européenne. La Bulgarie et la Pologne ont déjà été condamnées, et six autres pays seront bientôt jugés par la Cour de justice de l’UE.

Bruxelles attaque six pays pollueurs en justice

La Commission européenne a annoncé le 17 mai des poursuites judiciaires contre six États membres ne respectant pas les limites de pollution de l’air. Trois autres pays pollueurs ont reçu des avertissements.

Le rapport souligne aussi que les règles sur la qualité de l’air ont été établies il y a près de 20 ans et que certains de leurs objectifs sont en deçà des niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé.

La CCE conclut que la directive sur la qualité de l’air devrait donc être revue et que la Commission devrait surveiller les États membres de plus près.

Dans un chapitre particulièrement inquiétant du rapport, les auditeurs font remarquer les différences entre pays dans la mesure de la qualité de l’air. Par exemple, en ce qui concerne les particules, un niveau de 80 à 90 µg/m3 sera considéré comme « très mauvais » à Bruxelles, mais seulement « moyen » à Cracovie.

Janusz Wojciechowski, auteur du rapport, prévient que la qualité de l’air ne s’est pas améliorée au même rythme que les réductions d’émissions. La Commission a réagi au rapport en assurant que la situation s’était « généralement améliorée ».

À partir du 17 septembre, des villes de toute l’Europe participent à la Semaine européenne de la mobilité, qui se concentre cette année sur la mobilité mixte, aussi appelée « multimodalité », appelant les usagers à utiliser différentes formes de transports en commun pour arriver à destination.

Selon les organisateurs, aller d’un point A à un point B en utilisant plus d’un mode de transport serait très bénéfique pour la santé, ainsi que pour le portefeuille.

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