One Planet Summit : la finance au chevet de la biodiversité

C'est à l'occasion da la première édition du One Planet Summit qu'Emmanuel Macron a lancé cette phrase devenue célèbre : "Make our planet great again". [EPA-EFE/ETIENNE LAURENT / POOL MAXPPP OUT]

Lundi, différents chefs d’État, entrepreneurs et chercheurs se réuniront à l’occasion de la 4e édition du One Planet Summit, axé cette année sur la protection de la biodiversité. En pleine pandémie mondiale, la prise en compte du vivant par les secteurs économiques et financiers  est plus importante que jamais.

Si le Covid-19 a bien eu un effet positif, c’est celui-là : remettre la préservation de la biodiversité au centre des débats. Cette thématique jalonnera l’année 2021, avec un premier rendez-vous dès ce lundi 11 janvier lors du One Planet Summit.

Il s’agit du « premier rendez-vous international de l’année sur la question », s’est targuée Monique Barbut, envoyée spéciale pour la biodiversité de l’Elysée. En effet, la préservation des milieux naturels sera au cœur de trois événements majeurs cette année : en septembre, lors du Congrès mondial de la nature qui se tiendra à Marseille ; en octobre lors de la très attendue Convention des Nations unies sur la diversité biologique – plus communément appelée COP15 sur la biodiversité  –  à Kunming en Chine ; et en novembre lors de la COP26 sur le climat à Glasgow en Écosse.

« Make our planet great again »

À l’occasion d’un séminaire de présentation du sommet, l’envoyée spéciale de l’Elysée s’est montrée très claire. Si la thématique du One Planet Summit a changé, son but reste le même : réunir autour d’enjeux environnementaux une grande variété d’acteurs. « Des chefs d’États et de gouvernement, des ONG, et surtout des entreprises et des institutions financières », a détaillé l’envoyée spéciale. Car telle était l’ambition du président français au lancement du mouvement One Planet en 2017 : aligner les secteurs économiques et financiers sur les objectifs de l’Accord de Paris. Le slogan avait marqué les esprits. « Make our planet great again », s’exclamait un Emmanuel Macron radieux aux côtés de Nicolas Hulot, face à un parterre de chefs d’État, d’entrepreneurs et de chercheurs. Quatre ans plus tard, que reste-t-il de cet élan d’espoir ?

Force est de constater que depuis 2017 l’aura écolo du président s’est amenui. Nicolas Hulot a quitté le gouvernement ; la pression des Verts depuis leurs victoires aux municipales s’est accrue ; tout comme les tensions avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat, qui accusent le gouvernement de « détricoter » leurs propositions. Sur le plan politique, les lignes ont bougé. Mais qu’en est-il des entreprises et des acteurs financiers ? Leur position sur la question a-t-elle évolué ? Si le changement climatique est désormais une donnée incontournable pour les secteurs économiques, « la préservation de la biodiversité est encore largement ignorée », regrette Philippe Zaouati, directeur général de l’entreprise Mirova, une société de gestion qui investit dans l’économie durable.

Le financier appelle depuis plusieurs années à lancer « une finance au service de la nature ». Pour ce faire, il recommande de développer des indicateurs permettant de mesurer l’impact des financements sur la biodiversité. « Il est facile d’estimer nos effets sur le climat. L’impact carbone, les tonnes équivalent CO2… Tout cela parle aux financiers. Quand on commence à discuter de déforestation ou de dégradation des écosystèmes, c’est beaucoup plus compliqué, car il n’existe pas encore d’indicateurs ni même de normes internationales pour mesurer ces impacts-là »,explique le patron de Mirova. Ce dernier espère également voir émerger dans les prochains mois un groupe de travail sur la transparence financière des entreprises en matière de biodiversité, à l’image de ce qui a été fait pour le climat avec la « Task force on Climate-related Financial Disclosures ».

Philippe Zaouati, qui interviendra au One Planet Summit, espère que ce sommet permettra d’ « accélérer les choses », car « on part de loin », reconnaît le financier. Plusieurs études ont pointé ces derniers mois l’impact délétère de la finance mondiale sur le vivant. C’est le cas du rapport « Bankrolling Extinction », en anglais ‘financer l’extinction’, publié en octobre dernier par l’initiative internationale Portfolio.earth. Ce rapport épingle les 50 plus grandes banques mondiales qui ont investi, à hauteur de quelque 2 600 milliards de dollars en 2019 (soit l’équivalant du PIB du Canada), dans des secteurs clés de la destruction du vivant : infrastructure, mines et sidérurgies, énergies fossiles, agriculture industrielle, tourisme de masse, transport de marchandises… Parmi les dix banques les plus toxiques, trois sont d’origine européenne : HSBC, Barclays et la Française BNP Paribas, qui décroche la 6e place.

Manne financière

La crise du Covid-19 l’a durement rappelé : préserver les écosystèmes et la biodiversité est essentiel. Qui les néglige en paiera le prix. Si la disparation de centaines de milliers de vertébrés n’a pas réussi à faire vibrer la corde sensible des secteurs financiers, peut-être la pandémie mondiale – et les pertes financières qui l’accompagnent – y parviendront-elles. En octobre, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé la récession économique mondiale à -4.4 % en 2020.

Comment s'annonce 2021 sur le plan climatique ?

Entre les feux de forêt désastreux, les canicules suffocantes et les inondations dévastatrices, force est de constater que 2020 a été une année catastrophique pour le climat. Comment s’annonce 2021 sur le plan climatique ? Un article d’Euractiv Allemagne. 

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