One Planet Summit : le sommet de Paris accouche de milliards verts

Emmanuel Macron prononce un discours à la fin du Sommet Une Planète, dans le cadre de la Journée mondiale de la nature, à l'Elysée, le 11 janvier 2021. Le One Planet Summit a été organisé par la France en partenariat avec les Nations Unies et la Banque mondiale. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN / POOL MAXPPP OUT]

Après une décennie noire, la protection de la nature a enfin reçu l’attention qu’elle mérite, lundi 11 janvier, au One Planet Summit, à Paris. De bon augure, avant le sommet mondial de la biodiversité, en Chine, cet automne.

2021, année de la biodiversité

Hang Zheng, le vice-Premier ministre de Chine, avait le sourire, par caméra interposée. Lundi 11 janvier 2020, le sommet mondial de la biodiversité, la COP15, qui se déroulera au pays des pandas, à l’automne, a pris un sacré coup d’accélérateur au sommet mondial de la finance verte, le One Planet Summit, organisé par Paris, avec les Nations unies et la Banque mondiale. Après des années de négligence, la protection de la nature a reçu des promesses colossales de financement. Un succès pour cette troisième édition entre chefs d’État, banques centrales et acteurs privés.

Quel principal engagement a été pris ?

Celui de mettre 30 % des territoires nationaux en espaces protégés. C’était l’objectif de l’initiative lancée par le Costa Rica, la France et le Royaume-Uni. À Paris, une cinquantaine de pays ont rejoint cette coalition. Cette mesure de protection renforcée des écosystèmes sera  la clé dans les négociations du futur Cadre mondial de la Convention sur la biodiversité biologique qui sera adopté à la COP15 ​, assure l’Élysée.

Emmanuel Macron a profité de ce sommet pour confirmer que les 30 % d’aires protégées seront atteints dès 2022 en France. Objectif facile, puisque 29,5 % des terres et 23,5 % des eaux françaises le sont déjà en grande partie. Reste à savoir où et surtout comment

Quelles sont les autres mesures fortes ?

La Grande muraille verte, contre la désertification du Sahel en Afrique, a enfin été dotée de moyens financiers à la hauteur du défi humain qu’il représente. Avec 11,8 milliards d’euros pour 2021-2025, certes pas détaillés, Ibrahim Thiaw, le patron de la lutte onusienne contre la désertification, est reparti de Paris les mains pleines. Un mini-secrétariat adossé à la Convention des Nations unies doit assurer le suivi de cet argent et améliorer la gouvernance de ce projet qui lie onze pays africains.

Paris a aussi accéléré l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides, lancée lors du G7 à Biarritz, en réaction aux feux records de l’Amazonie, en 2019. Et inauguré une nouvelle coalition pour  une mer Méditerranée exemplaire en 2030 ​. Afin de protéger  ce trésor  ​selon le mot d’Emmanuel Macron : la surpêche, la pollution marine et le transport maritime seront mieux contrôlés. Mais il n’a pas été question des gisements de gaz sous-marin, pour lesquels de nombreux pays se déchirent.

Comment savoir si les promesses sont tenues ?

Ce sera le boulot du nouveau groupe de suivi sur les financements dédiés à la biodiversité, émanant surtout du privé, que le Royaume-Uni, hôte de la future Cop26 sur le Climat, vient de mettre en place. Il pourra commencer par évaluer la « Terra Carta » cette coalition d’acteurs privés que le prince Charles vient de réunir.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer