Pêche électrique: les Pays-Bas visés par une plainte européenne

En principe, la pêche électrique est interdite depuis 1998 dans l'UE. [PickOne/Shutterstock]

L’association Bloom a porté plainte, ce 2 octobre, contre les Pays-Bas auprès de la Commission européenne en raison de ses nombreuses licences accordées à des navires pratiquant la pêche électrique. Une pratique interdite dans l’UE, en principe, depuis 1998. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

La pêche électrique est interdite dans l’UE par l’art 31 du règlement du 30 mars 1998 sur la conservation des ressources de pêche (la pêche utilisant des explosifs, des poisons et des substances soporifiques est également interdite). Cette pratique consiste à équiper d’électrodes des chaluts de fond afin d’envoyer des décharges dans les sédiments et d’en déloger les poissons plats qu’ils abritent. Une méthode vivement critiquée pour ses impacts violents sur la faune marine. «Les poissons remontés dans les chaluts montrent souvent des brûlures, des ecchymoses et des déformations du squelette consécutives à l’électrocution», rappelle l’association Bloom.

Les Néerlandais, qui ont réalisé un intense lobbying en faveur de ce type de pêche, ont toutefois eu gain de cause. Depuis 2007, des dérogations restent possibles à raison de 5% au maximum de la flotte de chalutiers à perche de chaque État membre. Problème: à en croire l’ONG, ils dépassent les quotas autorisés, ce que vise précisément la plainte déposée auprès de la Commission européenne.

La surpêche fait perdre emplois et argent à l’UE

Réapprovisionner les stocks halieutiques pourrait créer des milliers d’emplois et stimuler le PIB de l’UE de 4,9 milliards d’euros par an, indique une nouvelle étude.

Le compte n’y est pas

Au 1er janvier 2007, la flotte néerlandaise comptait 372 navires. Ce qui implique un maximum de 18 dérogations, alors qu’Amsterdam en a attribuées 22 cette année-là.

Dix ans plus tard, au 20 septembre 2017, cette même flotte ne disposait plus que de 304 bateaux. Ce qui représente 15 licences au maximum pour des activités de pêche électrique, alors que 84 sont toujours en cours actuellement, selon les comptes dressés par Bloom.

Puissance dépassée

Il faut ajouter que les Pays-Bas font fi de la tension maximale autorisée sur les chaluts électriques, permettant des dispositifs compris entre 40 et 60 volts au lieu des 15 V autorisés par le règlement européen.

Fonds européens

Enfin, l’ONG souligne que, depuis le 1er août 2015, au moins 5,7 millions d’euros de subventions publiques ont soutenu le développement de la flotte industrielle néerlandaise de pêche électrique, dont 3,8 M€ (67%) proviennent de l’UE.

En février 2017, la France s’était opposée à la fin de l’interdiction de la pêche électrique par la voix de la ministre de l’environnement Ségolène Royal, actuellement en discussion dans l’UE dans le cadre de la révision du règlement sur la conservation des ressources de pêche. Un débat se tient d’ailleurs à la commission Pêche du Parlement les 9 et 10 octobre prochains.

La France veut l'interdiction effective de la pêche électrique

Dans un courrier adressé le 24 février au commissaire européen Karmenu Vella, la ministre de l’environnement Ségolène Royal se mobilise pour le maintien de l’interdiction de la pêche électrique. Un article de notre partenaire, Le Journal de l’Environnement.