La Pologne prend de l’avance sur les véhicules électriques

La Pologne n'a lus produit de voiture polonaise populaire depuis les marques comme Polonez. [Flickr]

Les producteurs d’énergie polonais comptent collaborer pour construire une usine à voitures électriques. Un million de véhicules électriques devraient sillonner les routes polonaises d’ici 2025.

En Pologne, les entreprises étatiques d’énergie s’apprêtent à créer une coentreprise pour payer la construction d’une usine pour véhicules électriques. Un porte-parole d’Electromobility Poland, la société à l’origine du projet, explique que le véhicule conçu sera « fait sur mesure pour répondre aux besoins des clients polonais en termes de prix, d’options et de paramètres, mais sera attractive pour tous les consommateurs européens ».

Le porte-parole ajoute que la Pologne est « le plus grand marché intérieur d’Europe qui n’a pas sa propre marque nationale ». « Notre objectif est donc de créer un producteur qui opérera sur le marché automobile et vendra les VE de sa propre marque ».

Le projet en est encore à ses premiers balbutiements, Electromobility Poland ne peut donc pas encore se prononcer sur l’emplacement exact de l’usine ou le budget dont elle bénéficiera. Des sources au sein de l’industrie estiment toutefois le projet à environ un milliard d’euros.

Pour Julia Poliscanova, experte en véhicules propres, le projet est « une bonne nouvelle même si elle souligne que la fabrication de VE est « très énergivore et que des efforts supplémentaires doivent être consentis pour décarboner les réseaux électriques ».

Il ne sert en effet à rien de rouler à l’électricité si celle-ci est produite à partir de combustibles fossiles. Or, la Pologne dépend encore largement du charbon, malgré les récentes mesures d’assainissement du secteur et les progrès dans la production d’énergie renouvelable.

Si l’usine voit le jour, elle s’ajoutera aux aspirations déjà impressionnantes de la Pologne en matière d’e-mobilité. Le pays abrite en effet l’une des plus grandes usines de batteries d’Europe et dénombre plusieurs sociétés de bus électriques primées et solidement établies.

Une stratégie qui porte ses fruits, puisque le géant automobile allemand Mercedes a annoncé en janvier qu’il ouvrirait sa propre usine de batteries en Pologne, complétant ainsi son réseau mondial de production. Sa société mère Daimler prévoit de lancer dix voitures entièrement électriques d’ici 2022.

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L’avenir appartient aux batteries

Bien que les décideurs politiques de l’UE s’en tiennent ostensiblement à un discours technologiquement neutre, l’électromobilité est devenue l’option dominante pour les transports, le seul secteur de l’économie européenne où les émissions continuent à augmenter.

Ces véhicules électriques auront besoin de batteries et l’UE a déjà pris des mesures importantes pour jeter les bases d’une industrie nationale, en lançant une alliance européenne des batteries fin 2017. À l’heure actuelle, les constructeurs automobiles européens assemblent actuellement des batteries sur le continent, mais les éléments de ces batteries sont principalement fabriqués en Asie.

La Commission européenne fait également tout son possible pour encourager le secteur. Le mois dernier, ses services de concurrence ont approuvé une aide du gouvernement polonais pour la production de nouvelles batteries pour la société sud-coréenne LG Chem.

Dans une déclaration, l’exécutif de l’UE a estimé que 700 nouveaux emplois pourraient être créés par ce projet qui n’aurait vu le jour ni en Pologne ni dans aucun autre pays européen sans cette aide.

La Pologne n’est pas le seul pays à vouloir s’engager dans cette voie : en février dernier, le président français, Emmanuel Macron, a dévoilé un projet franco-allemand de construction de deux usines de cellules de batteries, utilisant un coffre de guerre d’un montant de près de 2 milliards d’euros.

« En tant que président de la France, je ne peux pas me contenter d’une situation où 100 % des batteries de nos véhicules électriques sont produites en Asie », a-t-il déclaré. « En termes de souveraineté et d’indépendance, je pense qu’il n’est pas bon à long terme que notre industrie dépendeà 100 % de non-Européens. C’est pourquoi, selon moi, nous avons besoin d’un signal d’alarme européen. »

Les batteries ne sont cependant pas une solution miracle. Les minéraux qui les composent proviennent en effet souvent de zones de conflit ou de pays moins développés où les conditions d’extractions sont douteuses.

L’Europe devra donc être « très vigilante » àne pas remplacer la dépendance aux combustibles fossiles actuelle par une dépendance aux matières premières telles que le lithium, le cobalt et le cuivre, a indiqué le commissaire Maroš Šefčovič.

Au lancement du manifeste 2019 de l’Association des constructeurs européens de batteries automobiles et industrielles, le 19 février, Julia Poliscanova a fait remarquer que « la seule façon pour l’Europe de concurrencer les autres territoires est de se concentrer sur la qualité : nous devons produire des batteries vertes, sûres et éthiques ».

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