Politique vélo : les entreprises roulent au ralenti

Avec le forfait mobilités durables, l'employeur peut, s'il le souhaite, accorder jusqu'à 400 € par an à ses salariés pour les inciter à utiliser des mobilités douces.

D’après un baromètre réalisé par la société de conseil Ekoved, la très grande majorité des entreprises françaises n’ont pas développé de politique vélo pour leurs salariés. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Le vélo a-t-il la cote au sein des entreprises ? Réponse : non. C’est du moins ce qu’avance une enquête d’Ekodev et Ekosystème mobilité. Selon leur conclusion, 30 % des salariés interrogés déclarent avoir eu connaissance d’un plan mobilité au sein de l’entreprise. Seulement 22 % ont identifié un référent mobilité en interne. Un manque de communication interne ? Peu probable., « Les entreprises communiquent forcément dessus, d’autant qu’ils questionnent leurs employés afin d’élaborer un plan de mobilité adéquat », souligne Timothée Quellard, directeur associé d’Ekodev. L’étude estime que 69 % des entreprises françaises n’ont tout simplement pas développé de politique vélo.

Une demande, mais pas d’offre

Pourtant, la demande est là. En pleine crise de la Covid-19, les usagers ne se bousculent pas aux portiques des transports collectifs. Et le gouvernement incite fortement les usagers à privilégier la petite reine pour se rendre au travail. 39 % des répondants, dont le mode de déplacement n’est habituellement pas le vélo, envisagent de monter sur selle et 17 % de privilégier la bicyclette pour leur trajet domicile/travail. Problème, ils ne le font pas, faute d’aides financières entre autres. 80 % des interrogés assurent qu’une incitation les aiderait à franchir le pas. Incitation qui existe. C’est l’indemnité kilométrique vélos (IKV). Mais seuls 17 % des répondants en bénéficient.

Les vélos commencent à s’imposer en ville avec la pandémie

Les mesures de confinement ont réduit le trafic dans de nombreuses villes, qui en ont profité pour favoriser les déplacements à vélo et interdire les voitures dans les centres. Euractiv Allemagne jette un œil à Paris, Bruxelles et Berlin.

Le forfait mobilité durable à la rescousse ?

« Les entreprises sont encore peu familières de ce sujet. Il y a encore un gros travail de démocratisation à opérer. Mais il y a une bascule, avec le vote de la loi LOM (décembre 2019 NDLR) et l’entrée en vigueur du forfait mobilité durable (qui remplace l’IKV NDLR) », assure Timothée Quellard.

Afin de favoriser un report modal vers la bicyclette, depuis lundi 11 mai, l’employeur peut accorder jusqu’à 400 € par an à ses salariés pour les inciter à utiliser des mobilités douces. Une somme exonérée de cotisations sociales, de CSG-CRDS et d’impôt sur le revenu. « C’est une bascule, car ce forfait est plus souple que l’IKV ». On ne parle plus d’un mode en particulier, mais du covoiturage, des scooters électriques, des recharges électriques… « Ce forfait fournit des outils plus flexibles qui inciteraient les employeurs à y recourir afin de mettre en place une politique globale de mobilité au sein de la structure. Politique qui ne serait pas seulement axée sur le vélo », espère Timothée Quellard.

L’État invite les entreprises à mettre en place ce forfait, qui reste facultatif dans le secteur privé. Il sera en revanche obligatoire dans la fonction publique d’État. Le gouvernement dit travailler à sa mise en place dans l’ensemble du secteur public.

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