Présidentielle : 3 heures de débat, 20 minutes sur l’écologie

Emmanuel Macron (LREM) et Marine Le Pen (RN) ont débattu mercredi 20 avril lors du débat de l’entre deux tours de l’élection présidentielle. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN / POOL MAXPPP OUT]

Parmi les thèmes sur lesquels se sont exprimés Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors du débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, l’écologie était l’un des plus attendus par une partie de l’opinion publique.

En effet, depuis quelques jours circulent sur les réseaux sociaux des appels à mettre le climat au coeur de l’élection, mais également à poser davantage de questions sur l’environnement lors du débat de l’entre-deux-tours. « La crise écologique est le parent pauvre de la campagne » se plaint ainsi, sur LinkedIn, le collectif Quota Climat. 

Le débat de mercredi soir (20 avril), diffusé à la télévision, était donc très attendu, d’autant que  l’écologie figurait parmi la dizaine de sujets prévus. Au final, sur 3 heures d’échanges entre les deux candidats, 20 minutes y ont été consacrées.

Emmanuel Macron a pourtant évoqué le climat dès son propos introductif, estimant que « notre France sera plus forte si elle sait se saisir de la question écologique » et promettant de transformer le pays en « une grande puissance écologique ». Le candidat confirme ainsi le virage pris lors du meeting de Marseille samedi 16 avril : faire de l’environnement un axe fort de sa campagne.

Le Pen veut ralentir la transition écologique…

Du côté de Marine Le Pen, c’est le pouvoir d’achat qui sert d’amorce au discours écologique. La candidate promet en effet de baisser la TVA sur le carburant, le gaz et le fioul, mais également de « sortir du marché européen de l’électricité » afin de redonner du pouvoir d’achat aux Français.

Si elle se dit favorable à la transition écologique, Marine Le Pen veut néanmoins « qu’elle soit moins rapide que ce qu’on impose aux Français, pour leur permettre de pouvoir y faire face ». Pour elle, les efforts demandés au peuple par le gouvernement actuel sont trop grands, et elle blâme notamment le président pour son « écologie punitive ».

La candidate de l’extrême droite estime par ailleurs que « l’éolien est une absurdité écologique et économique ». Elle promet un référendum sur le démantèlement des éoliennes et assure avoir « un plan pour développer le nucléaire » dès le début de son mandat.

… tandis que Macron veut doubler le rythme

A l’opposé de cette vision, Emmanuel Macron rappelle avoir doublé la réduction des émissions de gaz à effet de serre pendant son mandat et assure vouloir « aller deux fois plus vite lors du prochain mandat ».

Il promet également un Premier ministre chargé de la planification écologique, la poursuite des rénovations énergétiques, la promotion des véhicules hybrides, l’accompagnement de la transition industrielle et agricole.

Le président sortant est par ailleurs revenu sur ses ambitions pour le nucléaire et les énergies renouvelables, mentionnant notamment l’agrivoltaïsme et l’éolien en mer. « Tous les experts le disent : il n’y a pas de sortir des énergies fossiles qui passe par le tout-nucléaire ». Selon lui, « le seul moyen de répondre au défi climatique c’est de faire du nucléaire et des énergies renouvelables » en même temps a-t-il ajouté, précisant que cela permettrait de créer des filières industrielles en France.

Le développement du renouvelable en France est d’autant plus essentiel que les nouvelles centrales nucléaires ne seront pas opérationnelles avant 2035, a aussi rappelé Emmanuel Macron.

Chaque candidat s’est également appliqué à critiquer et déconstruire le programme de son adversaire. Au jeu des bons mots, Emmanuel Macron a accusé Marine Le Pen d’être « climatosceptique », celle-ci lui rétorquant qu’il était un « climatohypocrite ». Après (seulement) 20 minutes de discussions sur l’écologie, espérons que cela ne soit pas la seule chose que retiendront les électeurs…

Emmanuel Macron promet un grand virage écologique

En meeting à Marseille le 16 avril, Emmanuel Macron a choisi d’aborder l’écologie. Son objectif : séduire la jeunesse qui a voté en majorité pour Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

[Edité par Frédéric Simon]

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