Les émissions des camions bientôt plafonnées en Europe

Camion électrique, créé par Volvo. [EPA-EFE/SRDJAN SUKI]

Bruxelles va dévoiler le 16 mai une législation fixant pour la première fois des limites d’émission pour les poids lourds, alors que les États-Unis et la Chine ont déjà mis en place de tels plafonds  depuis des années.

La Commission européenne va mettre sur la table, le 16 mai, une proposition sur les premières limites d’émissions de l’UE pour les poids lourds.

Alors que les voitures et les vans dans l’Union européenne sont déjà soumis à des limites d’émissions de carbone depuis un certain temps, les camions avaient jusqu’à présent été épargnés.

Ces véhicules ne représentent que 5 % du trafic routier, mais sont responsables d’un quart des émissions de CO2 sur les routes européennes, en raison de leurs trajets plus longs et plus fréquents.

La Commission devrait proposer une réduction d’au moins 30 % des émissions des camions d’ici à 2030. Tous les nouveaux camions fabriqués après l’entrée en vigueur probable de la loi en 2020 devront respecter les limites d’émissions conçues pour aider l’UE à atteindre son objectif global. Les limites s’appliqueront aux émissions moyennes de tous les camions, mais ne s’appliqueront pas aux vieux véhicules.

Le transport routier traîne des pieds sur l'efficacité énergétique

Peu de camions en Europe sont équipés des technologies d’économie de carburant, qui pourraient cependant permettre aux transporteurs routiers d’économiser jusqu’à 5 700 euros.

Délai

L’UE est déjà en retard sur l’établissement de normes. De telles limites existent déjà dans plusieurs pays comme les États-Unis, la Chine, le Japon et le Canada. Les États-Unis ont donné peu de temps aux constructeurs de camions pour être conformes.

Des camions européens bientôt moins carbonés?

La Commission lance une consultation sur l’élaboration de normes pour améliorer l’efficacité énergétique des bus, camions et autocars et, par-là, réduire leurs émissions de CO2. Un processus qui devrait aboutir au dernier semestre 2018. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Certains États membres de l’UE, dont la France, réclament un objectif plus élevé pour 2030, jusqu’à 45 %. Ils veulent également un objectif intermédiaire de 24 % pour 2025. La Commission devrait proposer un objectif intermédiaire de 15 %, mais il n’est pas certain que cela soit obligatoire.

Les constructeurs automobiles soutiennent que la Commission tente de transposer son règlement sur les émissions CO2 des voitures sur les camions, alors qu’il s’agit de deux types de véhicules très différents.

« Contrairement aux voitures des particuliers, les camions ne sont pas des biens de consommation », a déclaré Erik Jonnaert, secrétaire général de l’association européenne des constructeurs automobiles, ACEA. « Ce sont des outils de travail utilisés par les petites et les grandes entreprises. » Ne pas laisser suffisamment de temps pour atteindre les limites de CO2, a-t-il averti, pourrait nuire non seulement aux constructeurs automobiles, mais aussi aux services de livraison et aux entreprises.

L’ACEA souhaite une réduction de 16 % des émissions de CO2 entre 2019 et 2030, avec un objectif intermédiaire de 7 % en 2025. Ils veulent également que 2019 serve de référence pour la réduction, car c’est à ce moment-là qu’un nouvel outil de calcul du CO2, appelé VECTO, sera utilisé par tous les fabricants. Les militants veulent que la base de référence soit 2005.

Joachim Drees, PDG du constructeur allemand de camions MAN, a déclaré le mois dernier que les constructeurs se félicitaient de l’introduction de normes sur les carburants, car cela permettrait d’améliorer l’efficacité tout en mettant en garde contre une approche uniforme.

Accord ambitieux pour les émissions des véhicules lourds

Responsable d’un quart du CO2 des transports, les constructeurs de cars, bus et poids lourds neufs devront bientôt communiquer les émissions de CO2 et la consommation de carburant de leurs véhicules. Un article de notre partenaire, le JDLE.

« Le marché des véhicules lourds est complexe, et les camions sont généralement fabriqués sur mesure en fonction des commandes spécifiques des clients ou sont fabriqués sur mesure pour une mission spécifique », a-t-il expliqué. « Comme c’est la première fois que des objectifs en matière de CO2 sont fixés pour les poids lourds, il est de la plus haute importance qu’ils soient conçus correctement et reflètent la diversité du marché du camion. »

« La certification CO2 des camions commencera en janvier 2019 – ces données constitueront une base de référence fiable pour les normes futures. Cela signifie aussi un délai d’exécution assez court, surtout si l’on considère que le développement des véhicules lourds qui seront vendus en 2025 est déjà en cours ».

Les détaillants à la recherche d’ambition

Étant donné les nombreux secteurs de l’économie qui dépendent du transport routier, la décision de mercredi, qui devrait être annoncée lors d’une conférence de presse jeudi, sera surveillée de près. Les détaillants réclament un objectif ambitieux, car cela se traduirait par des économies sur les coûts de livraison.

Dans une lettre adressée au président de la Commission Jean-Claude Juncker au début du mois, plusieurs entreprises, dont Carrefour, IKEA, Unilever, Heineken, Nestlé et le géant de la logistique Geodis, ont déclaré qu’un objectif de 24 % pour 2025 était nécessaire et réalisable. Un tel objectif aiderait le secteur du transport routier à atteindre ses objectifs climatiques et permettrait aux entreprises d’économiser 7 700 euros par an et par camion, écrivent-ils.

Les entreprises ont également appelé à un objectif obligatoire de vente de camions zéro émission, afin de stimuler leur développement, qui a été lent jusqu’à présent.

La Commission s’attèle à l’efficacité énergétique des camions

L’Europe est à la traine par rapport aux grandes économies mondiales en matière de normes d’efficacité énergétique pour le transport routier. La Commission veut changer la donne.

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