Interrogations sur la coopération climatique post-Brexit

Des deux côté de la Manche, on se prépare tout doucement à un Brexit sans accord. [Martin Cooper / Flickr]

L’engagement climatique du Royaume-Uni après le Brexit est incertain, le pays refusant de garantir le maintien des objectifs climatiques européens.

Dans une lettre, les PDG de grandes associations professionnelles et entreprises énergétiques appellent Jean-Claude Juncker, président de la Commission, et Theresa May, Première ministre britannique, à officialiser leur engagement pour le climat post-Brexit.

« L’application continue de l’accord de Paris sur le changement climatique est une garantie essentielle envoyant des signaux clairs de stabilité sur le long terme aux investissements des entreprises dans les infrastructures à faible carbone », souligne cette lettre, datée du 4 septembre.

La multinationale néerlando-britannique Unilever, le géant énergétique français EDF et les associations Energy UK, Renewable-UK et WindEurope font partie des signataires de la missive.

« Il sera important pour l’UE à 27 et le Royaume-Uni de montrer la voie au niveau international en explorant de concert des objectifs de réduction des émissions à long terme », ajoute la lettre, qui cite « les objectifs zéro émissions nettes de gaz à effet de serre » comme élément vital de l’accord de Paris.

« Nous apprécierions davantage d’orientation sur la manière dont cet objectif pourrait être atteint lors de la 24e conférence des parties (COP) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, en décembre de cette année », soulignent ses auteurs.

Le paysage énergétique au Royaume-Uni dans l'impasse face au Brexit

Des experts ont tenté de cartographier les défis auxquels fera face le secteur de l’énergie après le Brexit. Ils plaident pour un accord de transition pour amortir le choc.

À ce jour, le gouvernement britannique refuse de dire s’il continuera à viser les objectifs climatiques fixés au sein de l’UE après son départ. Ces objectifs incluent notamment la production de 32 % de l’énergie consommée à partir de sources renouvelables et une réduction de 32,5 % de la consommation énergétique d’ici 2030.

Des deux côtés de la Manche, les entreprises s’inquiètent de plus en plus de la perspective d’un Brexit sans accord. En avril, le groupe d’investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC), qui représente plus de 21 000 milliards d’euros d’actifs, a souligné qu’un chapitre ambitieux sur l’énergie et le climat dans l’accord de Brexit « contribuerait à la gestion de l’incertitude majeure [engendrée par le référendum du Brexit] au sein des marchés ».

Les auteurs de la lettre précisent ce qu’ils attendent d’un chapitre sur le climat et l’énergie :

  • coopération sur l’application de l’accord de Paris ;
  • aucun droit de douane sur les échanges énergétiques ;
  • maintien de normes écologiques élevées ;
  • limitation des obstacles aux échanges de biens à faible carbone ;
  • coopération diplomatique forte sur le changement climatique ;
  • mesures contrant une interruption de l’investissement à faible carbone ;
  • maintien du Royaume-Uni dans le système d’échange des permis d’émission au moins jusqu’à la fin de la phase IV.

> Lire la lettre en entier (en anglais)

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