Volkswagen et Ford s’allient pour créer des voitures autonomes

[EPA-EFE/VOLKSWAGEN AG]

Le géant allemand de l’automobile Volkswagen a conclu un partenariat avec son rival américain Ford qui se concentrera sur le développement de véhicules autonomes et électriques, ont annoncé les PDG des deux entreprises le 15 janvier.

Dans le cadre d’un accord de grande ampleur, les deux constructeurs automobiles travailleront ensemble sur les camionnettes commerciales et les vans de taille moyenne pour le marché mondial dès 2022, afin d’accéder à un marché des véhicules électriques en pleine croissance.

Herbert Diess de Volkswagen et Jim Hackett de Ford ont confirmé qu’un protocole d’accord sur la « collaboration sur les véhicules autonomes, les services de mobilité et les véhicules électriques » vient d’être signé et sera officiellement dévoilé au Salon automobile de Detroit cette semaine.

Les deux PDG ont tenu à souligner que l’alliance n’impliquait aucune propriété croisée entre les deux sociétés. Il s’agit plutôt de permettre aux deux géants de l’automobile de « d’être plus compétitifs innovants, et au service des clients ».

L’image de Volkswagen est toujours entachée par le spectre du scandale des tests d’émissions, connu sous le nom de Dieselgate. Le constructeur avait installé des dispositifs trafiqués dans ses voitures, avec jusqu’à 11 millions de véhicules affectés.

Ses efforts dans le secteur de l’électromobilité sont considérés comme une tentative d’assainissement de son image, mais comme d’autres constructeurs automobiles européens, la marque est accusée de délocaliser ses activités de l’Europe.

En avril dernier, Volkswagen a annoncé des investissements de 15 milliards d’euros en voitures électriques et autonomes en Chine d’ici à 2022. Dans le même temps, les plus grands fabricants européens se sont opposés aux efforts de l’UE pour réguler le secteur, invoquant un manque de demande sur le marché intérieur.

Volkswagen à la conquête de la Chine avec ses voitures électriques

Volkswagen investira 15 milliards d’euros dans le secteur chinois des voitures électriques et autonomes d’ici 2022. En Europe, les constructeurs automobiles sont à la traîne.

 

Fin décembre, les négociateurs européens ont finalement réussi à négocier un accord sur les limites de CO2 pour les voitures, qui incluent des objectifs de vente pour les véhicules électriques. D’ici à 2025, 15 % des ventes devront être des véhicules à émissions nulles ou faibles (ZLEV). Cet objectif passera à 35 % d’ici à 2030.

À l’origine, les eurodéputés voulaient introduire un système de sanctions pour les constructeurs automobiles qui ne respectent pas ces objectifs, mais cette idée n’a pas été adoptée dans l’accord final.

L’UE s’accorde in extremis pour limiter les émissions des voitures

La présidence autrichienne a défié toutes les attentes en négociant un objectif de réduction des émissions de CO2 des voitures de 37,5 % d’ici 2030, malgré l’opposition notable de l’Allemagne.

Cette semaine à Strasbourg, la session plénière du Parlement a adopté une résolution sur les véhicules autonomes par une large majorité de 585 voix pour et seulement 85 contre.

En conséquence, les députés du Parlement européen demandent à l’UE d’agir plus rapidement pour suivre l’évolution du secteur et d’allouer davantage de fonds à la recherche et aux mesures de sécurité.

« L’Europe doit être innovante, mais plus rapidement. La Chine et les USA ne nous attendent pas » a fait remarquer l’auteur de la résolution, Wim Van de Camp (PPE).

Le texte ajoute également que des normes pour d’autres modes de transport, tels que l’aviation et le transport maritime intérieur, devraient être élaborées et qu’un projet commun de l’UE sur le modèle de Shift2Rail ou CleanSky devrait être envisagé afin de créer une initiative « pilotée par l’industrie ».

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