La faune sauvage, en chute libre depuis 1970

Les méthodes de production de denrées alimentaires, d’énergie et de marchandises détruisent les biotopes de milliers d’espèces, engendrant une chute vertigineuse de la faune et contribuant à l’émergence de maladies, comme le SARS-CoV-2.

Dans son rapport « Planète vivante » publié jeudi 10 septembre, le World Wildlife Fund (WWF) indique que la population des mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons a chuté de 68 % entre 1970 et 2016.

Il s’agit d’un sévère déclin par rapport au dernier indice paru il y a deux ans, qui avançait une perte de 60 %.

« Ces résultats sont accablants et constituent une véritable piqûre de rappel : une planète saine est une condition sine qua non pour une société en pleine forme. De ce fait, le Pacte vert pour l’Europe n’a jamais été si pertinent », a déclaré Ester Asin, directrice du bureau des politiques européennes du WWF.

Agriculture intensive incriminée

L’Indice Planète Vivante (IPV) mesure la biodiversité en collectant les données recueillies sur les populations de différentes espèces de vertébrés et en en calculant la variation moyenne de l’abondance au fil du temps. À ce titre, il englobe actuellement 4 392 espèces et 20 811 populations grâce aux données fournies par des amateurs et experts à travers le monde.

La dégradation de l’environnement, notamment la déforestation, est principalement fonction des moyens anthropiques de production alimentaire, avance le rapport, mettant en exergue que l’agriculture constituait la raison principale de la baisse vertigineuse de la taille des populations animales terrestres.

Cette même destruction de biotopes augmenterait également notre vulnérabilité aux pandémies, maintient le WWF.

« La Covid-19 est le fruit de notre rupture avec la nature. Le virus met en lumière l’interdépendance de la santé de l’homme avec celle de la planète », écrit Marco Lambertini, directeur général de WWF International dans le préambule du rapport.

La PAC a échoué à stopper le déclin de la biodiversité des terres agricoles

La politique agricole commune n’a pas réussi à freiner l’érosion de la biodiversité dans les exploitations, conclut un audit de la Cour des comptes européenne publié le 5 juin. Un article de notre partenaire le Journal de l’environnement.

En 2017, le WWF a formé un consortium avec plus de 40 universités, organismes de conservation et organisations internationales afin de tenter d’endiguer la perte de diversité. Ensemble, ils ont ainsi lancé l’initiative « Redressons la courbe » la même année.

Des initiatives européennes saluées

À l’échelle européenne, le WWF a félicité la mise en place de la stratégie « Biodiversité » et celle de la « Ferme à la fourchette » par Bruxelles. L’ONG internationale a particulièrement salué l’engagement de la Commission européenne à présenter des objectifs juridiquement contraignants en matière de restauration de la nature d’ici à 2021.

« Les stratégies récemment proposées pourraient changer la donne, et elles doivent donc être approuvées sans équivoque et appliquées par tous les États membres et le Parlement », a soutenu Mme Asin.

Le groupe de défense de l’environnement a également bien accueilli la récente décision de la Commission européenne, prise en décembre de l’année dernière, de ne pas toucher aux lois sur l’eau potable de l’Union. La directive-cadre sur l’eau est « adaptée à son objectif », avait conclu l’exécutif, reconnaissant que les objectifs de la loi « [étaient] aussi pertinents aujourd’hui qu’ils l’étaient au moment de son adoption il y a vingt ans.

Toutefois, pour inverser véritablement la tendance, l’UE doit également assumer la responsabilité de l’impact mondial de ses modes de production et de consommation, ce qui nécessite une législation supplémentaire, selon le WWF.

“Nous devons également réduire l’empreinte globale du bloc, qui entraîne la destruction des forêts, des prairies et d’autres écosystèmes précieux en dehors de l’Europe. Il est urgent d’adopter une nouvelle loi solide pour maintenir les produits liés à la déforestation hors du marché européen”, a évoqué M. Asin.

De façon plus générale, le WWF plaide pour une plus grande puissance financière afin de soutenir les engagements politiques.

“Le moment est venu pour nos responsables politiques de joindre le geste à la parole, en attribuant la moitié du plan de relance de l’UE à l’environnement et à la lutte contre le changement climatique, et en veillant à ce que pas un centime ne soit consacré aux combustibles fossiles et à d’autres secteurs nocifs”, a conclu Mme Asin.

Agriculture et biodiversité : Bruxelles verdit sa feuille de route

La nouvelle Commission européenne vient de présenter une feuille de route verdie pour l’agriculture et la biodiversité. Bruxelles veut notamment réduire l’usage des pesticides de 50 % d’ici à 2030. Un article de notre partenaire Ouest-France.

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