L’Europe, un rempart face aux turbulences

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L’Europe doit avoir une vision d’avenir pour le secteur aérien, affirme Franck Proust. [sagesolar / Flickr]

Un vent favorable souffle aujourd’hui dans les airs du continent européen. Après les peurs des discours populistes et extrémistes lors des récentes périodes électorales, et en dépit des incertitudes liées à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’Europe est toujours et bien là.

Franck Proust est député européen, président de la délégation française du Groupe PPE et vice-président de l’intergroupe Ciel & Espace

Si nos efforts doivent se concentrer sur des secteurs prioritaires, alors le transport aérien, qui contribue dans son ensemble à plus de 500 milliards d’euros par an au PIB de l’Europe et qui emploie plus de 9 millions d’individus, doit être l’un deux. Moins naïve, plus réactive, l’Europe doit avoir une vision d’avenir pour ce secteur, en prenant en compte les intérêts de chacun : constructeurs aéronautiques, plateformes aéroportuaires, compagnies aériennes.

Dans son discours annuel sur l’état de l’Union prononcé devant le Parlement européen de Strasbourg en septembre dernier, le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a plaidé pour une Europe qui se donne les moyens d’agir, qui protège et qui défend.

Se donner les moyens, c’est investir en se dotant d’une politique industrielle européenne ambitieuse. L’industrie aéronautique crée plus de 110 milliards d’euros de richesses par an en Europe et contribue de façon positive à notre balance commerciale, avec 80% de la production exportée hors de l’Union. Mais face aux États-Unis, à la Chine et aux pays émergents, l’Europe doit accroître sa valeur ajoutée technologique en renforçant ses programmes de recherche et d’innovation.

La révision du système ETS pour l'aviation arrive à grands pas

L’Union européenne est en train de réviser son système d’échange d’émissions (ETS) dans le secteur de l’aviation. La proposition sera présentée en janvier, mais le temps est compté pour que la loi soit approuvée.

Les partenariats public-privé, tels que Clean Sky 1 et 2 en matière d’efforts environnementaux ou SESAR pour une mobilité et une connectivité optimisées, sont les exemples d’investissements intelligents qui permettent la compétitivité du secteur aérien européen. À l’aube de la préparation des prochains cadres financiers de l’Union européenne, il serait contre-productif de revoir à la baisse les dotations publiques européennes pour ces projets porteurs.

Protéger et défendre, c’est aussi adapter notre cadre légal aux évolutions du secteur et répondre aux attentes des acteurs économiques. C’est ce que l’Union européenne a amorcé avec la révision d’un règlement de 2004 sur la concurrence dans le secteur aérien international, jusqu’alors jamais utilisé dans les faits. Il est clair que certaines compagnies aériennes étrangères ne répondent pas aux mêmes règles que celles imposées à nos entreprises, par exemple en matière d’aides d’État et de subventions. En démontrant grâce à des preuves tangibles les cas de distorsions, nos compagnies européennes pourront être protégées face à cette concurrence internationale parfois déloyale.

Alors que d’ici 20 ans, le nombre de voyageurs aériens aura doublé pour atteindre plus de 7 milliards de passagers selon une étude de l’Association du transport aérien international (IATA), le secteur aérien européen a un avenir prometteur. Mais il est évident que l’engagement public des institutions européennes en sa faveur doit donc être accompagné de résultats concrets, en termes d’investissements privés et d’emplois.

Dans notre travail législatif au Parlement européen, soyons à la hauteur des attentes et des défis, en défendant un contrat gagnant-gagnant entre pouvoirs publics et acteurs privés pour multiplier l’émergence de champions européens dans le monde ! Il en va de l’indépendance stratégique de l’Union européenne dans le secteur aérien mondial.

L'UE croit aux biocarburants pour réduire les émissions du secteur aérien

Dans des secteurs comme l’aviation, où les possibilités de décarbonatation sont limitées, l’utilisation des biocarburants peut représenter un véritable avantage stratégique pour l’UE.