Planète en surchauffe : appelons les technologies spatiales à la rescousse !

DISCLAIMER: Toutes les opinions affichées dans cette colonne reflètent l'avis de l'auteur, pas celle d'EURACTIV.COM Ltd.

Eric Andrieu [CUGNOT/EP]

La canicule de ces derniers jours et les températures extrêmes enregistrées en Europe, de l’Aude à Berlin, constituent le dernier épisode d’un feuilleton dont on ne connait dorénavant que trop bien le scénario.

Eric Andrieu est député européen, vice-président des socialistes et démocrates. Lors de la précédente législature, il était président de la commission parlementaires sur les pesticides.

Les épisodes climatiques exceptionnels se succèdent à un rythme de plus en plus rapide, manifestation d’un dérèglement dont la cause humaine ne pose aujourd’hui plus question. Aux quatre coins de notre continent, le résultat des élections européennes a montré à quel point les préoccupations climatiques et environnementales sont devenues chez nos concitoyens – en particulier les plus jeunes- un sujet prioritaire à traiter au niveau européen. Il est donc essentiel que les décideurs européens – Parlementaires en premier lieu- prennent ce problème à bras le corps pour répondre à ces attentes citoyennes fortes.

Or, comme le dit l’adage, il est nécessaire de « savoir pour prévoir », et de « prévoir pour pouvoir » : afin de prendre des mesures appropriées pour lutter contre le changement climatique, nous devons avant tout faire en sorte de disposer d’outils fiables et indépendants pour « prendre le pouls de la planète »- c’est-à-dire mesurer ce phénomène et plus globalement surveiller l’environnement terrestre, marin, et atmosphérique.

À cet égard, et bien que ce soit méconnu, les technologies spatiales constituent une source indispensable pour surveiller l’environnement : on estime ainsi que 50 % des 75 variables climatiques essentielles, utilisées pour mesurer le changement climatique, ne sont observables que depuis l’espace.

Et cela tombe bien : en matière d’observation de la terre l’Europe, grâce aux efforts conjoints des États membres, de l’Agence Spatiale Européenne et de l’UE depuis plusieurs décennies, est en pointe à l’échelle mondiale. Citons, Eumetsat, l’organisation européenne pour l’exploitation des satellites de météorologie, qui assume un rôle de premier plan dans la fourniture de données météo et donc dans l’anticipation des phénomènes climatiques ; Surtout, le programme de l’UE Copernicus, déployé depuis 2014, permet une surveillance continue de l’environnement, en délivrant plus de 150 terabytes de données par jour sur l’état de la terre, des mers, et de l’atmosphère… Programme que même les Américains nous envient !

Si l’UE veut garder son leadership mondial en matière de lutte contre le changement climatique, comme elle ambitionne de le faire à travers sa stratégie 2050 pour le climat, il est donc nécessaire qu’elle conserve et développe encore les outils scientifiques et technologiques dont elle dispose pour mesurer ces grands bouleversements environnementaux. Ces programmes étant financés par le contribuable européen, il est d’ailleurs tout autant nécessaire que ces technologies et les services qui en sont dérivés puissent être développés en priorité par des entreprises et scientifiques européens.

Pour suivre avec encore davantage de précisions les causes et évaluer les effets du changement climatique, mesurer l’ampleur de la fonte des glaces, améliorer l’analyse de la composition des sols, des mouvements de terrain, des cycles de l’eau, notamment pour favoriser une exploitation des terres plus raisonnées, il est ainsi essentiel d’assurer la pérennité et l’évolution des missions du programme Copernicus. C’est pourquoi le Parlement européen a plaidé unanimement ces derniers mois pour une augmentation du budget alloué à ce programme : la balle est maintenant dans le camp des États-Membres.

Qu’on ne s’y trompe pas : l’enjeu – le spatial n’est de ce point de vue qu’un cas d’école- est bien de déclencher une « mobilisation générale » autour de la mise en œuvre d’une politique européenne de l’environnement ambitieuse. La Commission, du fait de son fonctionnement en silos, peine encore trop à réaliser des synergies entre ses différentes politiques, beaucoup d’États membres renâclent : cette mobilisation générale ne peut donc venir que du Parlement européen. La planète est en surchauffe, il n’est plus temps de tergiverser.

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