Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, a annoncé que l’abandon jusqu’à nouvel ordre des plans visant à reformer les mécanismes européens de défense commerciale, en raison de profondes divisions entre les Etats membres sur la façon de réagir aux importations bon marché provenant de pays comme la Chine.
Les propositions, déjà attendues pour 2007, étaient censées adapter les mécanismes actuels de protection les producteurs européens contre le commerce déloyal et les subventions aux importations des pays tiers (EURACTIV 8/12/06). Mais le débat sur ces nouvelles règles oppose les partisans de l’économie de marché, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède, aux pays industriels, comme l’Italie, la France, l’Espagne et la Pologne.
Ces derniers affirment que les importations de marchandises asiatiques bon marché représentent un danger pour leurs industries et menacent des milliers d’emplois. Au cours des deux dernières années, ils ont donc demandé l’adoption de mesures anti-dumping et d’autres sauvegardes.
Ces pays craignent que la réforme ne soit utilisée comme un prétexte pour affaiblir la politique de défense commerciale de l’UE, afin de mieux servir les intérêts des entreprises fabriquant des produits ou s’approvisionnant dans des pays à la main-d’œuvre bon marché, comme la Chine.
Les divergences sur ce sujet ont été mises en évidence lors de la récente affaire des ampoules électriques basse consommation en provenance de la Chine (EURACTIV 30/08/07). Osram, le spécialiste allemand des produits d’éclairage, dont la majorité des ampoules sont fabriquées en Europe, était alors parvenu à convaincre la Commission d’étendre les droits anti-dumping aux importations chinoises bon marché pour une année supplémentaire, plutôt que de les supprimer immédiatement, afin de permettre aux entreprises européennes de s’adapter aux évolutions des conditions du marché.
Cette mesure a été fortement critiquée par le groupe électronique néerlandais Philips et le détaillant suédois Ikea, qui importent tous deux d’importantes quantités d’ampoules basse consommation de la Chine.
Le commissaire au Commerce, Peter Mandelson, a déclaré à l’agence Reuters qu’il n’y avait pas de consensus pour le moment. « Je ne peux pas forcer les gens à accepter et en même temps je ne veux pas présenter prématurément des propositions qui exacerberaient les divisions entre Etats membres », a-t-il expliqué.
Le commissaire a ajouté qu’il n’abandonnait pas ses plans de réforme, mais qu’il avait décidé de ne pas les inclure dans le programme de travail de six mois de la présidence slovène de l’UE.
En outre, il a averti qu’en l’absence de réforme, de nouveaux problèmes de prise de décision dans certaines affaires de défense commerciale se poseront, faisant notamment référence à un désaccord imminent dans le secteur européen de la sidérurgie.
En effet, les métallurgistes européens augmentent la pression sur la Commission pour qu’elle impose des taxes dissuasives sur les importations en provenance de Chine, de Corée du Sud et de Taïwan, qui, selon eux, sont écoulées à bas prix sur les marchés, provoquant ainsi du dumping. Parallèlement, les importateurs mettent en garde contre de telles taxes, car elles pourraient affecter quelque sept millions de métallurgistes et d’ingénieurs mécaniques en Europe qui comptent sur les importations bon marché pour rester compétitifs (EURACTIV 30/10/07).

