Budget de l’UE : une nuit pour quelques milliards

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Après une journée et une nuit de négociations, les dirigeants seraient sur la voie d’un accord sur l’enveloppe globale du budget 2014-2020 de l’UE. Première historique, le budget serait en baisse.

Un combat pied à pied, pour quelques milliards d’euros…sur 7 ans. C’est, en résumé, le spectacle offert par les chefs d’Etat et de gouvernement depuis une quinzaine d’heures.

Réunis à Bruxelles pour décider du budget de l’UE pour 2014-2020, ils ont étalé l’ampleur de leurs divergences avant même le début du sommet, jeudi 7 février. A tel point que le début de la rencontre a été reporté à trois reprises : de 15h à 17h30, puis 18h30 et enfin 20h45.

Vers minuit, le président du Conseil européen a annoncé une pause d’une heure dans les discussions. Elles ont en réalité repris à 6 heures du matin, vendredi 8 février. 

Entre temps, la France – soutenue par l’Italie de Mario Monti – et le Royaume-Uni se sont livrés à une bataille acharnée, avec l’Allemagne pour arbitre. Très peu d’informations ont filtré de leurs échanges.

Comme il l’avait annoncé devant le Parlement européen, mardi 5 février, le président de la République aurait défendu le principe d’un budget plafonné à 960 milliards d’euros (crédits d’engagements).

Lors de sa rencontre à Paris avec la chancelière allemande, mercredi 6 février, un front commun franco-allemand avait été dégagé sur cette ligne. Le budget minimum étant situé entre 913 et 920 milliards (crédit de paiement).

Double jeu allemand

Mais c’était sans compter la détermination du Premier ministre britannique, décidé à descendre à 900 milliards, ce à quoi l’Allemagne n’est pas restée insensible.

Angela Merkel a refusé d’isoler David Cameron, provoquant une fronde franco-italienne, jeudi, dans l’après-midi. 

Pendant ce temps, les dirigeants des autres pays, mis à l’écart, ont cherché à tuer le temps. Ainsi, le Premier ministre belge est descendu au bar de la presse vers 3h30, pour prendre un café. 

A 6 heures du matin, Herman Van Rompuy a finalement mis un nouveau compromis sur la table proposant 908,4 milliards d’euros de crédits de paiement. Soit une baisse de 34 milliards d’euros comparés aux 942 milliards de 2007-2013. Le plafond de 960 milliards est maintenu.

Une telle réduction est une première dans l’histoire de l’UE et serait une victoire personnelle pour David Cameron.  

Après l’enveloppe globale, les dirigeants européens ont commencé à discuter de la répartition entre les différentes politiques. Cette étape promet aussi quelques heures de discussions.

Scepticisme du Parlement

Si ces chiffres sont officiellement actés, il faudra se tourner vers le Parlement européen. Même si d’aucuns doutent de sa capacité à aller jusqu’au bout, l’assemblée de Strasbourg à la possibilité de rejeter en bloc une proposition qu’elle jugerait trop faible. 

Vers 22h, après sa rencontre avec les Vingt Sept, le président Martin Schulz s’est dit inquiet du manque de réalisme du futur budget. Pour lui, l’écart entre les promesses de paiement et ce qui serait réellement obligatoire revient à un acter un déficit voilé. Les traités interdisant à l’Union européenne de s’endetter, cette décision présente un risque.

Martin Schulz a aussi rappelé que les institutions européennes ont déjà accumulé une ardoise de 200 milliards d’euros (dits « restes à liquider ») qu’il faudra bien un jour honorer. Avant même d’être voté en décembre dernier, il était déjà acté que 13 milliards d’euros manquaient pour boucler le budget 2013.

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