Un peu de répit pour l’appellation « château » des vins français

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La Commission a reporté « sine die » la décision sur l’autorisation pour les vins américains d’utiliser le terme « château » sur le marché européen. Paris est néanmoins isolé.

Depuis que l’affaire est portée dans l’espace public par la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB), la France en a fait une question d’honneur. Paris cherche à bloquer un accord qui permettrait aux vins américains d’utiliser le mot « château » pour caractériser leurs productions. 

Pour la FGVB, cette possibilité entraînerait une « distorsion de concurrence ». En France et plus généralement en Europe, la mention « Château » désigne un vin produit dans des régions d’origine contrôlée, uniquement à base de raisins récoltés et vinifiés sur la propriété. Aux États-Unis, le raisin peut venir de différents récoltants.

>>> Pour revenir sur le dossier en détail, lire : Nouveau duel viticole franco-bruxellois

Lors de son passage à Bruxelles, lundi 24 septembre, pour une réunion avec ses homologues, le ministre de l’Agriculture a été informé de la décision de la Commission de reporter la réunion prévue le lendemain sur le sujet. Aucune nouvelle date n’a pour le moment été retenue. 

La France isolée

Cette petite victoire pour la France pourrait être de courte durée. Paris est isolé sur le dossier et Stéphane Le Foll le sait. Les autres pays voient dans cet accord la possibilité d’ouvrir d’autres marchés, ce qui pourrait dans le même temps profiter à certains secteurs viticoles français.

Début septembre, les vignerons ont obtenu le droit d’indiquer le millésime et le cépage sur les vins de table exportés aux États-Unis, ce qui profite aux grands négociants français et européens. 

Depuis le début de l’affaire, l’exécutif bruxellois souligne qu’entre 2006 et 2009, l’autorisation d’apposer la mention « château » a déjà été accordée aux vins américains.

Selon la Commission, ce précédent accord a été bénéfique à tous. La demande américaine actuellement examinée a été déposée en 2010 et Bruxelles assure qu’avant ces dernières semaines, Paris ne s’était jamais opposé au texte.

« Les experts français ont même été consultés », a rappelé le commissaire à l’Agriculture lors d’une conférence de presse le 24 septembre. « Je n’aurais pas mis en discussion quelque chose sans consulter les États membres. »

Pour Dacian Ciolos cette décision est « technique » et non politique. Aucun nouveau calendrier n’a été défini, mais la décision finale pourrait intervenir dans les semaines à venir. 

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