Chrysoula Zacharopoulou : «  Médecin, c’est un engagement ! »

L'eurodéputée Chrysoula Zacharoupolo, au centre sans masque. Photo Renew

La mobilisation des élus européens face à la crise sanitaire est parfois très concrète. L’eurodéputée Chrysoula Zacharopoulou se bat contre le coronavirus à l’hôpital militaire Begin, à Saint Mandé, près de Paris.

Entre deux téléconférences avec ses collègues parlementaires, l’eurodéputée Renew témoigne de son engagement. Née en Grèce, l’élue qui est aussi chirurgien gynécologue a étudié et travaillé en Italie et en France . Elle insiste sur la vague de solidarité qui se manifeste autour de la crise, et appelle à prendre en compte la situation de de l’Afrique.

Comment vous êtes vous retrouvée à soigner les malades du Covid-19 ?

Depuis que je suis élue, j’ai continué à consulter dans mon hôpital un jour par semaine. Les opérations chirurgicales sont suspendues depuis le début de la crise du coronavirus, alors j’ai dit au directeur de l’hôpital que j’étais à sa disposition. Médecin, c’est un engagement ! Je ne suis pas infectiologue ou réanimateur bien sûr. Mais je suis très humble dans mon engagement. Il y a beaucoup de choses à faire pour aider : accueillir et examiner les malades, leur faire des tests, échanger avec eux.

Etes-vous inquiète ?

Je suis dans un hôpital militaire, à l’hôpital Begin à Saint-Mandé, près de Paris. Donc les malades que nous voyons passer sont souvent, eux-mêmes des soignants et des aidants, des gens qui travaillent pour l’Etat : des infirmières, des pompiers par exemple. Ça m’a fait du bien de leur parler. J’ai demandé à une infirmière si elle avait peur, elle m’a dit qu’elle n’avait pas le temps, qu’il n’y avait pas de place pour la peur. Je parle aux patients, c’est un échange bilatéral. Leur regard, leur confiance…ça me donne de l’énergie pour éliminer ce virus !

Comment l’hôpital a-t-il géré le début de la crise ?

On a eu un afflux de volontaires, des médecins retraités et des étudiants, et aussi des médecins venus de l’hôpital militaire de Lyon. C’est important d’être témoin de ces élans de solidarité, je sais qu’ils ont lieu en France, mais aussi en Italie où j’ai exercé, et en Grèce, mon pays d’origine.

Vous êtes médecin, et femme politique. Comment gérez-vous les deux activités ?

Ma fonction d’eurodéputée prend l’essentiel de mon temps, bizarrement on travaille encore plus…à distance ! Il n’y a pas de week-end et pas d’horaire, en confinement. Cette semaine j’ai été à l’hôpital mardi et j’y retourne samedi. C’est important que des médecins s’engagent en politique. Quand une crise sanitaire arrive, comme maintenant, il faut que les bonnes décisions soient prises, et pour cela il faut une bonne connaissance du terrain.

Vous vous êtes vice-présidente de la commission développement au Parlement européen, et particulièrement engagée sur le sujet de l’Afrique…

Oui j’y suis allée plusieurs fois ces derniers mois, j’ai établi des contacts et je reçois aujourd’hui des messages de soutien de mes contacts africains, c’est réconfortant. Mais la crise qui arrive chez eux est très inquiétante, notamment parce que la plupart des gens n’ont pas accès à l’eau pour se laver les mains. Et qu’ils vivent au jour le jour. Notre confinement est très luxueux, avec de quoi manger, Internet, la télé. Les Européens ne se rendent pas compte ! Je suis allée au Rwanda, il y a 25 lits de réanimation dans tout le pays. Et puis il y a aussi dans certains pays des malades du Sida dont les défenses immunitaires sont faibles. La seule chance des Africains, c’est que c’est une population très jeune, et que le virus frappe très peu les jeunes. Mais ce qui est certain c’est que l’Afrique a besoin d’une aide spécifique à laquelle nous allons travailler.

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