« Il faut éviter un nouveau mur est-ouest sur le transport routier»

En mai, l’exécutif proposera des modifications pour la réglementation des conducteurs de camions et les péages. Le ministre tchèque du Transport, Dan Ťok, propose un compromis, et refuse de contester le projet allemand de taxer plus les étrangers sur ses autoroutes.

Il y a eu de nombreux désaccords entre les États membres de l’ouest et ceux de l’est pour savoir si la directive sur le détachement des travailleurs devait s’appliquer au secteur du transport routier. Pensez-vous qu’il est nécessaire de changer le droit européen pour clarifier cela ?

Notre position originale est qu’il n’y a pas besoin de changements. Je ne pense pas que nous devons surréglementer l’Europe. Si nous n’avons pas d’autres choix que de réviser cette directive, nous devrions faire en sorte de ne pas construire un nouveau mur entre l’est et l’ouest européen.

La réglementation sur le cabotage routier fait ressurgir les tensions Est-Ouest

La Pologne s’érige contre les nouvelles propositions de l’UE sur le transport routier. Celles-ci pourraient impacter les conditions de travail des chauffeurs de poids lourds.

Il ne faut pas réglementer le cabotage davantage [la loi européenne qui règlemente le nombre de jours que peut passer un conducteur de camion dans un autre pays, et le nombre de voyages qu’ils peuvent faire tout en payant des contributions sociales dans leur pays d’origine].

Quant au transit est inévitable et n’a rien à voir avec le pays. Et si un conducteur de camion transporte des biens vers un port et rentre, il est normal qu’il ne rentre pas avec un camion vide, il transportera donc d’autres services qui sont sous le coup des principes du cabotage. Pour eux, l’application du salaire minimum n’a pas de sens non plus.

[La Commission européenne a lancé des procédures d’infraction contre la France et l’Allemagne qui appliquent la loi du salaire minimum à des conducteurs de camion originaires d’autres pays européens lorsqu’ils sont en transit.]

L’Ouest de l'UE s’oppose à la libéralisation du cabotage routier

Neuf pays de l’Ouest de l’Europe réclament des règles sociales équitables pour le secteur du transport de marchandises, avant toute nouvelle libéralisation du secteur. Un avertissement à Bruxelles, qui prépare des nouvelles règles pour le mois de mai.

Il existe de grandes différences dans la manière dont les recettes tirées des péages dans les pays européens sont réinvesties dans l’infrastructure routière. Devrait-il y avoir des mesures de transparence obligatoires des pays de rendre ce montant public ?

Absolument, je pense que c’est essentiel. La transparence vis-à-vis des recettes tirées des péages est importante, pour savoir ce qui est réinvesti dans les autoroutes et les routes.

Le projet de loi allemand sur les péages met l'UE sous pression

La Commission est prise entre deux feux sur les péages routiers. D’un côté, Berlin s’accroche à sa proposition controversée. De l’autre, onze pays, l’Autriche en tête, menacent de saisir la Cour de justice.

L’Autriche est à la tête d’un groupe de 11 pays, dont la République tchèque, qui s’opposent au projet de loi allemand controversé sur les péages routiers pour les voitures particulières. Le ministre autrichien des Transports, Jörg Leichtfried, a même indiqué qu’il pourrait poursuivre l’Allemagne devant la Cour de justice de l’Union européenne. Que voulez-vous faire concernant la loi allemande sur les péages ?

L’Allemagne a le droit d’imposer un système de vignettes. Cependant, il va de soi que ces vignettes de doivent pas discriminer les étrangers. Le problème est que le CSU [le parti bavarois de centre droit, l’Union chrétienne-sociale], qui a proposé ce projet durant la campagne électorale, est maintenant jugé par rapport à cette proposition.

Aujourd’hui, le principe semble quelque peu différent. Cependant, j’aimerais attendre de voir ce que la deuxième chambre du parlement allemand fera de cette loi et ce qu’il en sera une fois qu’ils l’auront consultée. Nous examinerons les implications et déciderons si nous allons plus loin ou non.

Après le Dieselgate, les discussions se sont multipliées au sujet de l’éventuelle création d’une agence des transports européenne. Serait-il une bonne idée d’en créer une ?

La véritable question est : quelles seraient les missions de cette agence ? En soi, c’est une excellente idée. Mais si les agences sont aussi responsables d’un développement plus approfondi des routes, il convient de savoir si elles sont en mesure de le faire. Cela impliquerait une homogénéisation des lois de construction dans tous les pays. Ce serait très compliqué. Ce n’est probablement pas le bon moment pour mettre en place de telles mesures.

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