De grands défis se profilent à l’horizon de l’Union pour la Méditerranée

L’Union pour la Méditerranée (UpM) a été fondée il y a 25 ans. Forte de 42 États membres, dont l’ensemble de l’UE, elle tend à en assurer la coopération sur le plan économique, social et climatique. EPA-EFE/JUAN CARLOS HIDALGO

L’Union pour la Méditerranée (UpM) a été fondée il y a 25 ans. Forte de 42 États membres, dont l’ensemble de l’UE, elle tend à en assurer la coopération sur le plan économique, social et climatique. Un article d’Euractiv Allemagne.

Nasser Kamel est secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM) depuis 2018. Il était auparavant ambassadeur d’Égypte à Paris et à Londres.

L’UpM fête son 25e printemps cette année. Comment son rôle a-t-il évolué au fil du temps ?

L’organisation et la coopération euro-méditerranéenne prennent leurs racines dans les réalités géopolitiques de l’époque. Souvenez-vous de la chute du mur de Berlin et de la fin de l’invasion du Koweït. Un vent d’espoir soufflait alors. Jadis, l’UpM mettait la sécurité, la stabilité, la coopération économique et l’échange culturel au centre de ses priorités.

Ces 25 dernières années, l’UpM s’est développée afin de s’aligner sur notre monde en constante évolution. Nous œuvrons sans relâche afin d’atteindre les Objectifs de développement durable des Nations-Unies (ODD). Nous nous concentrons dès lors sur de nouvelles thématiques telles que le changement climatique, la biodiversité, la jeunesse et le renforcement du rôle des femmes dans la société.

La position européenne dans le conflit du Tigré inquiète les autorités éthiopiennes

L’Éthiopie est « inquiète et surprise » de la position européenne dans le conflit opposant le Premier ministre Abiy Ahmed au Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), a indiqué l’ambassadrice du pays auprès de l’UE.

Quels sont les défis endémiques que pose le nouveau coronavirus à l’Union pour la Méditerranée ?

Le Covid-19 frappe plus sévèrement ceux qui présentaient déjà des antécédents médicaux. Et il en va de même pour les pays et les économies nationales. Certaines des économies de l’UpM sont confrontées à d’immenses défis, notamment en Europe méridionale.

Il existe également une autre réalité : certaines catégories de la société plus vulnérables, comme les enfants et les femmes sont davantage touchées par la crise actuelle. Les femmes sont particulièrement exposées, étant donné qu’elles travaillent surtout dans le secteur des services. Elles se retrouvent donc en première ligne. De plus, d’après une étude menée récemment dans le sud de la région méditerranéenne, entre 700  000 et 750  000 femmes vont perdre leur emploi en raison de la pandémie.

Quel est le rôle précis de l’Union afin de surmonter ces défis ?

Nous avons organisé une conférence au sujet des répercussions qu’entraîne la pandémie sur l’égalité des genres. Nous y avons abordé différents points, notamment les conséquences économiques du virus sur les femmes, la perte d’emploi et le soutien à accorder aux entrepreneuses en matière de formation et de compétences.

Autre exemple : il y a quelques mois, à l’aide du ministère allemand du Développement et de l’Agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ), nous avons mis sur pied un programme pour l’emploi dans la région, et ce, en collaboration avec des organisations à but non lucratif. Désormais, celui-ci compte 140 offres d’emploi. Ce n’est pas un projet de grande envergure, mais il constitue un bon instrument dont d’autres régions pourraient s’inspirer.

L'Union pour la Méditerranée souhaite renforcer la coopération régionale

« Les pays sont condamnés à coopérer et à trouver des solutions communes », notamment pour contrer les risques climatiques dans la région, a déclaré Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM) dans un entretien avec Euractiv.

Comment se projet a-t-il vu le jour ?

Tout d’abord, nous nous sommes entretenus avec les autorités allemandes, afin de leur demander de l’aide dans la région. Et leur réponse a été remarquable. Ensuite, nous avons dû résoudre plusieurs problèmes structurels, en levant les barrières commerciales ou assouplissant les règles d’origine. Les activités commerciales entre le nord et le sud de la mer Méditerranée coûtent trois fois plus cher que celles entre les États membres.

Enfin, alors que nous subissions les effets dévastateurs de la pandémie, nous nous sommes entretenus avec l’Allemagne et avons développé ensemble le programme pour l’emploi. Désormais, d’autres États souhaitent emboîter le pas : la Suède a toujours été très présente dans la région, nous coopérons sur le plan du changement climatique et du renforcement du rôle des femmes. La Norvège œuvre énormément pour soutenir l’éducation et la formation. Nous avons conclu un accord avec l’Espagne en matière de politique pour l’emploi et dans le domaine de l’eau. Les discussions ont également été amorcées avec la France et l’Italie.

D’un point de vue diplomatique, y-a-t-il des contentieux au sein de l’UpM dans le cadre de la lutte contre le SARS-CoV-2 ?

En tant qu’ancien ambassadeur, j’ai remarqué qu’au début de la crise, les pays avaient réagi selon leurs propres intérêts – non seulement à l’échelle de l’UpM, mais également à l’échelle mondiale. Ils se sont toutefois très vite rendu compte de l’ampleur du problème, les amenant ainsi à s’accorder sur une approche plus solidaire pour en venir à bout.

Au sein de l’Union, les ministres du Commerce ont récemment organisé une réunion afin de discuter de la situation de l’emploi et des investissements. Au cours des pourparlers, je n’ai ressenti aucune tension.

Comment envisagez-vous le rôle de l’UpM pour les prochaines 25 années ? Quels sont les défis qui se profilent à l’horizon ?

Nous nous considérons comme une « sous-section régionale » des ODD. Ils constituent notre fil d’Arianne et, par la sorte, posent quatre priorités qui guideront notre travail dans les prochaines années : le changement climatique, la protection de l’environnement, l’emploi, les femmes et la jeunesse.

Nous lancerons des actions pour contrer le réchauffement climatique, car nous sommes la deuxième région la plus touchée au monde. Nous prendrons des mesures pour endiguer la pollution plastique de nos mers. Nous œuvrerons pour améliorer le secteur de l’emploi, car il constitue la solution à beaucoup de problèmes liés à la migration et la radicalisation. Enfin, nous accorderons une importance toute particulière aux femmes et aux enfants. D’après plusieurs études, le PIB doublerait au cours des dix prochaines années si les femmes étaient pleinement intégrées dans la population active.

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