Tajani plaide pour une économie sociale de marché

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani se rendra à Londres avant l’été pour discuter du Brexit avec la Première ministre Theresa May. [European Parliament]

Alors qu’elle continue à réduire les dettes publiques, l’Europe doit poursuivre le « modèle d’économie sociale » et s’assurer que personne n’est laissé pour compte de la mondialisation, a déclaré Antonio Tajani, candidat du PPE pour la présidence du Parlement européen.

Antonio Tajani, eurodéputé italien, a récemment été nommé par le parti populaire européen de centre droit (PPE) comme candidat à la présidence du Parlement européen. Ancien commissaire, il est membre du parti italien de droite Forza Italia . C’est aussi un proche allié de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi.

Vous portez-vous candidat pour la présidence du Parlement européen ?

Je serai un président qui se battra pour les valeurs qui m’ont poussé à faire de la politique. J’ai servi les citoyens européens dans différentes institutions européennes ces 20 dernières années. Et je m’engage, en tant que futur président du Parlement européen, à continuer sur cette voie. Je veux m’assurer que la voix du peuple, où qu’il se trouve dans l’UE, est entendue et prise en compte dans le processus décisionnel.

Le Parlement européen est le lien direct avec nos citoyens et je veux continuer à construire ce pont. Je représenterai tout le Parlement en mettant mon réseau européen au service de l’institution dans son ensemble. Je serai un président qui parlera au nom du Parlement à la Commission, au Conseil et aux États membres.

Le chef de file des socialistes et démocrates (S&D), Gianni Pittella, a dénoncé l’austérité. Quelle est votre opinion là-dessus, sachant que vous êtes également italien ?

Nous devons faire tout notre possible pour réduire la dette publique pour éviter de laisser un fardeau sur les épaules des générations futures.

En même temps, nous avons besoin de plus de croissance et plus d’emplois, surtout pour les jeunes dans le Sud. Nous devons aussi travailler en faveur d’une économie réelle, renforcer nos PME et nos industries.

Encore plus important, nous devons nous assurer que personne n’est laissé pour compte de la mondialisation. L’économie de marché sociale est et doit rester notre modèle.

Comment allez-vous convaincre vos partenaires allemands chrétiens-démocrates qu’une telle approche doit être adoptée ?

En tant que président, je chercherai le consensus et je serai la voix de tous les membres du Parlement européen. Nous avons une cause commune à laquelle nous devons travailler.

Le Parlement européen a été écarté des négociations sur le Brexit. Êtes-vous d’accord avec Martin Schulz sur le fait que le Parlement doit se battre pour plus de responsabilités ?

En tant que seule institution européenne directement élue par le peuple, nous avons une obligation de défendre les intérêts des citoyens des 27 États membres. Si je suis président, le Parlement européen jouera un rôle constructif en faveur du peuple européen. Je pense que Guy Verhofstadt fait du très bon travail sur le dossier du Brexit.

En ce qui concerne le traité de Rome, que devrions-nous célébrer ? À quoi devons-nous nous attendre ?

Le traité de Rome a entraîné 60 ans de paix, de prospérité et de liberté. Il nous rappelle tout ce que nous avons accompli. En même temps, nous ne pouvons pas prendre ces accomplissements pour acquis. Nous devons reconnaître que l’UE se trouve à la croisée des chemins et qu’elle fait face à de nombreux défis. Chaque crise par le passé a rendu l’UE plus forte et plus résistante et je suis convaincu que nous allons encore une fois en sortir grandis.

Je travaillerai à une Europe proche de ses citoyens, avec moins de bureaucratie et plus d’action politique. Nous devons défendre nos frontières externes, développer une véritable politique étrangère européenne et de la sécurité, renforcer l’économie réelle, nous battre pour les droits de l’Homme, des citoyens et des femmes dans l’UE et à l’étranger.

Quelle est votre opinion sur la Turquie et les derniers développements de la situation ?

La Turquie est un partenaire important de l’UE, mais je suis très inquiet des derniers événements. Si Ankara veut être un partenaire de l’UE, elle doit respecter l’état de droit, la liberté d’expression et les droits de l’Homme. La position du Parlement européen est claire : tant que la Turquie ne mettre pas un terme à la répression, les négociations resteront gelées.

Êtes-vous inquiet pour l’avenir de l’Italie ?

Non, je suis optimiste par rapport à l’avenir de l’Italie, car nous sommes des gens intelligents, travailleurs et engagés pour faire avancer le pays. L’Italie est l’un des fondateurs de l’UE et défenseurs des idées européennes. Je suis convaincu que nous Italiens, nous continuerons à jouer un rôle important à l’avenir.

Quid de l’essor de Beppe Grillo ?

Les populistes ne se concentrent que sur les problèmes, mais n’offrent jamais de véritables solutions. Les gens attendent pourtant des réponses concrètes et des actions à leurs inquiétudes, pas seulement de la propagande. Je m’engage à proposer des alternatives crédibles pour combattre le populisme en Italie et à travers l’Europe.

Si vous devenez président, comment gèreriez-vous « l’effondrement » de la grande coalition, comme l’a qualifié Gianni Pittella ?

Il n’y a pas d’effondrement de la grande coalition. Nous avons un accord clair de partage de pouvoir. Le PPE a soutenu Martin Schulz en tant que président du Parlement pendant la première partie du mandat et les socialistes devraient désormais soutenir un président PPE pour la seconde moitié. Si ce n’est pas le cas, ils rompront la coalition de manière unilatérale.

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