Brest veut conquérir les énergies marines renouvelables

Le quai énergies marines renouvelables et la digue vont se rejoindre pour fermer l'espace du futur polder.

Cet article fait partie de l'édition spéciale L’UE mise sur le développement durable à la bretonne.

Le port de Brest construit un quai 100% dédié aux énergies renouvelables, qui ouvrira ses portes aux industriels du secteur en 2019. L’investissement doit permettre à la Bretagne d’atteindre 35% d’énergie marines propres d’ici à 2030.

Sur la rade de Brest, les pelleteuses s’activent toujours. Démarré en 2017, le chantier tourne à plein régime . Le renouveau du port , qui aura au total coûté 220 millions d’euros, est un enjeu de taille pour la capitale du Finistère, qui mise sur cette nouvelle infrastructure pour devenir un champion des énergies renouvelables marines.

Avec 2730 kilomètres de côtes exposées aux vents et aux courants marins, la Bretagne a des atouts pour assurer sa transition énergétique. La région prévoit que 35% de sa consommation d’énergie soit assurée par les énergies marines renouvelables (EMR en 2035.

Un pari sur l’avenir, alors que le développement de ces énergies marines propres se fait attendre en France : lenteur des procédures administratives et multiplication des recours en justice contre les projets sont autant d’obstacles.

Énergies renouvelables marines

« On ne se rend pas compte de la taille d’une éolienne. Il faut énormément d’espace, une portance au sol hors-norme, ce que ne possède pas un port classique », explique Sophie Lannuzel, assistante du projet à la région Bretagne. Une éolienne pèse plusieurs milliers de tonnes, et mesure 140 mètres de haut.

L’extension d’un polder, une avancée artificielle de terre gagnée sur l’eau qui fera en tout 40 hectares, et la construction d’un quai  « poids lourd » – c’est-à-dire équipé pour manipuler les gigantesques éoliennes – seront le fer-de-lance de ce projet. Elles doivent permettre l’accueil des activités liées aux énergies marines renouvelables, telles que le stockage, l’assemblage, le déplacement.

La construction d’une première partie du quai énergies marines renouvelables sera achevée en 2020. La seconde devrait voir le jour en 2024. Une fois terminé, le quai de 300 mètres de longueur sera attenant à un espace de 40 hectares répondant aux contraintes de la filière EMR. Le quai a bénéficié d’un coup de pouce du Fonds européen de développement régional de 15 millions d’euros.

FLY HD-Région Bretagne

Premier à emménager, l’entreprise Aile Marine pilotera depuis le port de Brest l’installation des 62 éoliennes offshore du port de Saint-Brieuc, dont la partie immergée sera assemblée à Brest. Ce projet devrait occuper le quai EMR jusqu’en 2022, et fournir l’équivalent de la consommation électrique de 850.000 habitants.

Un quai 100% EMR

Le déploiement d’autres fermes éoliennes dans la région sera à terme indispensable pour assurer la pérennité du projet. D’autres projets de fermes éoliennes, notamment celle de Noirmoutier, pourraient également déployer leur activité à Brest. « Et Brest est en discussion avec le projet pilote Eolfi d’éolien flottant à l’ile de Groix et Belle-Ile, qui doit être déployé en 2020 », poursuit Sophie Lannuzel.

Si certaines filières d’énergies marines comme les éoliennes offshore ou flottantes sont en plein essor, d’autres, telles que les hydroliennes – une éolienne sous-marine qui utilise la force des marées – ou encore le houlomoteur – une installation qui produit de l’électricité avec la houle des vagues – sont encore très expérimentales. De leur développement dépendra d’ailleurs en partie la seconde phase du chantier du quai EMR : la seconde partie de quai, ainsi que la stabilisation de l’extension sur mer dédiée aux énergies marines, soit un coût de 50 millions d’euros.

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