À Sète, des fonds européens pour lutter contre l’érosion côtière

Plage sur le lido de Sète à Marseillan

Un projet de réaménagement du lido de Sète cofinancé par le FEDER vise à pallier à l’érosion qui menace le site. En Méditerranée, le fonds contribue à des projets sur des enjeux sensibles de la zone, tels que la pollution maritime ou le tourisme durable.

Sur la Méditerranée, le Lido de Sète forme une large bande de 12 km, reliant la ville maritime à la commune frontale Marseillan. Sur la plage, quelques locaux matinaux ont déjà installé leur transat, tandis que la promenade est prise d’assaut par les joggeurs et vélos, profitant de températures encore supportables en cette matinée du mois de juin.

« La route se trouvait ici, à l’emplacement de la promenade », se rappellent deux promeneurs, originaires de Sète. « C’était très dangereux, il y avait beaucoup d’accidents d’enfants qui traversaient la route pour aller à la plage. »

Une voie verte a été aménagée en bordure de plage

Cinq ans de travaux et plus de 55 millions d’euros ont été nécessaires pour déplacer la route d’une centaine de mètres par rapport à la plage, un moyen de lutter contre l’érosion que subit de plein fouet la bande de sable. « La plage recule au rythme d’un mètre par an, détaille Yvon Iziquel, chef du service Environnement pour la communauté d’agglomération du bassin de Thau, à laquelle appartient Sète. L’idée était de redonner de la place à la mer en reculant la route. Dans le même temps, nous avons reformé le système dunaire de la plage, et réaménagé son accès. »

Les travaux de rénovation du lido ont permis de reconstituer le système dunaire de la plage, alors que la route bordait directement celle-ci auparavant

Le cordon dunaire longeant la plage, qui sépare celle-ci de la promenade par des rochers et de la végétation, est censé maintenir le sable. Des giratoires, parkings et places de stationnement sont venus fluidifier le trafic et prévenir le stationnement sauvage qui s’appliquait auparavant, les voitures se mettant en bordure de route. Outre la piste cyclable et la promenade, le développement durable a été intégré au schéma de réaménagement au travers d’une voie dédiée aux bus.

De nouvelles places de parking pour éviter le stationnement sauvage

« Il n’y avait presque plus de plage », s’exclame Fahrid, Sétois d’origine, entre deux exercices d’un parcours pour joggeur situé au début du Lido. « C’est beaucoup mieux maintenant mais tout sera à refaire dans vingt ans ». Malgré le réaménagement, l’érosion du site se poursuit, mettant sous pression les commerces environnants, en particulier les cabanons, petits restaurants situés directement sur la plage. « J’ai dû changer de cabanon à cause des risques de submersion », confie le gérant de l’un d’entre eux.

Une seconde phase de travaux, toujours en cours, a permis de tester deux autres techniques pour prévenir l’érosion : le rechargement en sable et l’atténuateur de houles. Cette seconde technique, plus efficace, devrait être étendue.

Les cabanons sont directement menacés par l’érosion du lido

Enjeux spécifiques à la Méditerranée

Sur tout le pourtour méditerranéen, la montée du niveau des eaux et le réchauffement climatique menacent activités économiques et zones d’habitation. Une réalité largement prise en compte dans l’allocation des fonds européens et notamment du fonds de développement régional FEDER, qui a financé 35 % au budget de la rénovation du Lido de Sète.

Le fonds de développement régional a financé plusieurs projets de lutte contre l’érosion côtière en Occitanie, à commencer par le lido voisin de celui de Sète, à Frontignan. Outre l’érosion, le fonds soutient dans les zones méditerranéennes des initiatives de gestion de l’eau, des déchets ou encore de sauvegarde d’aires protégées.

Les financements sont attribués soit directement, soit dans le cadre du programme Interreg MED, qui contribue à des initiatives en coopération entre différents acteurs de la rive nord de la Méditerranée.

Intégration méditerranéenne

Doté de 265 millions d’euros pour la période 2014-20, ce programme est financé pour 224 millions par le Feder et implique treize pays européens. Les initiatives soutenues ciblent les enjeux forts de la zone, tels que le tourisme durable.

« Nous participons actuellement au projet Heri Data, détaille Laure Lhermet, chargée de coopération territoriale pour la région Occitanie. Le principe sera de collecter des données sur les flux touristiques dans la région pour définir des modèles de gestion des flux plus propres. Des acteurs du monde universitaire, de la recherche et associatif grecs, croates, italiens, espagnols, portugais, français et de Bosnie-Herzégovine sont impliqués ».

« Il y a une forte diversité de projets soutenus », estime Agnès Rampal, conseillère pour la région PACA (Provences-Alpes-Côte d’Azur). « Ils concernent par exemple la promotion de l’agriculture urbaine, l’efficacité énergétique, le développement d’espaces de co-working ou encore l’amélioration des voix maritimes avec la Sardaigne ».

Le programme semble de plus en plus se tourner vers une gestion intégrée de la Méditerranée, au travers de son 4e axe « Gouvernance ». L’un des projets de cet axe, appelé Panoramed, s’apparente à un forum méditeranéen. Il vise à mettre en place des politiques et des projets communs, en se basant sur les retours d’expérience des projets passés du programme Interreg MED, notamment dans les domaines du tourisme côtier et de la surveillance maritime.

« Le projet se basera sur une plateforme et concernera entre autres le tourisme côtier et la surveillance maritime, précise Agnès Rampal, la région PACA figurant parmi les participants. Il va permettre de faire la synthèse des projets précédants et d’utiliser les conclusions pour faire de nouveaux appels à projet. »

Doté d’un budget de 9 millions d’euros, 12 États membres et 19 partenaires sont impliqués dans cette plateforme.

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