À Toulouse, Macron et Merkel rendent hommage à l’étendard d’Airbus

Le président de la République et la chancelière allemande ont visité mercredi 16 octobre un symbole de la coopération européenne, l’usine d’assemblage de l’A350 d’Airbus à Toulouse. Un article de notre partenaire, La Tribune.

« Vous êtes au cœur de la dernière étape d’un processus industriel européen. Les ailes sont fabriquées au Royaume-Uni, des pièces de l’arrière de l’avion en Espagne, une partie du fuselage en Allemagne et la partie avant du fuselage en France », a présenté Philippe Mhun, directeur des programmes de la branche aviation commerciale d’Airbus, mercredi 16 octobre, devant Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Avant un sommet européen jeudi, où le Brexit sera au cœur des débats, le président de la République et la chancelière allemande ont entamé leur déplacement dans la Ville rose par un symbole de la coopération européenne avec la visite de la chaîne d’assemblage de l’A350 d’Airbus. L’avionneur, qui fête ses 50 ans cette année, a pu dérouler les points forts de l’une des pièces maîtresses de sa gamme.

« L’A350 est notre flagship, notre étendard. C’est notre produit le plus moderne aujourd’hui, le seul gros porteur et long-courrier qui a été complètement redesigné avec 70 % de nouveaux matériaux et 25 % de réduction de consommation de carburant en comparaison aux avions de la même génération », a mis en avant Christian Scherer, le directeur des ventes d’Airbus.

Alors que le champion européen va arrêter la production de son très gros-porteur, l’A380, en 2021, la montée en cadence s’intensifie sur l’A350 (tout comme sur l’A320). « Nous produisons neuf à dix appareils par mois », a précisé Christian Scherer. À ce jour, l’A350 a enregistré 913 commandes auprès de 51 opérateurs, 312 appareils ont déjà été livrés.

« Nous pouvons être un compétiteur de Boeing »

« Où sont les principaux clients ? », s’est interrogé Emmanuel Macron. « Partout dans le monde. L’Asie est le marché le plus important et notamment la Chine avec Air China qui a commandé 20 avions », a rétorqué Christian Scherer.

De son côté, Angela Merkel a voulu savoir le prix d’un A350. Même s’ils ont fait remarquer que ce genre d’informations relevait plutôt « d’une discussion en privé », les responsables d’Airbus ont répondu : « environ 200 millions d’euros ». La chancelière allemande a ensuite lancé devant les salariés franco-allemands venus saluer les deux chefs d’État : « Nous pouvons être un compétiteur de Boeing ». « Et nous allons continuer à l’être », a ajouté dans la foulée le président français.

Des déclarations qui n’ont rien d’anodines puisque, derrière ces autocongratulations de façade, Airbus est fragilisé depuis quelques mois par plusieurs décisions américaines. En décembre 2018, le département de la justice américaine a annoncé l’ouverture d’une enquête pour des soupçons de corruption lors de campagnes de ventes d’avions avec la menace d’une amende de plusieurs milliards d’euros pour l’avionneur.

Surtout, le 2 octobre dernier, l’OMC a autorisé Washington à prendre des sanctions douanières contre des produits européens en contrepartie des subventions reçues par Airbus pour ses programmes A380 et A350. À partir du 18 octobre, une taxe douanière de 10 % sera imposée sur les avions importés de l’Union européenne. « L’Europe doit défendre ses intérêts et ses règles », a réagi Emmanuel Macron mercredi soir à l’issue du Conseil des ministres franco-allemand.

De plus, Airbus serait lourdement impacté par un Brexit dur. L’industriel emploie au Royaume-Uni 14 000 salariés, via 25 sites et y assemble l’ensemble des ailes de ses programmes civils. Le président a indiqué à ce sujet : « Je veux croire qu’un accord sera finalisé et que nous pourrons le consacrer ». Il a ajouté par ailleurs qu’à l’image du « modèle européen que constitue Airbus, d’autres Airbus verront bientôt le jour dans l’espace, la défense et les batteries ».

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