Angela Merkel : « Nous travaillons bien ensemble avec Emmanuel Macron»

Angela Merkel pourrait devoir revoir ses ambitions pour l'UE.

La chancelière allemande, Angela Merkel, réaffirme son soutien de principe à Emmanuel Macron. « Nous travaillons bien ensemble, dans un climat de confiance », explique Angela Merkel. Une interview de notre partenaire Ouest France.

Quels rapports personnels avez-vous établis avec Emmanuel Macron ?

Je me réjouis qu’Emmanuel Macron ait remporté une victoire aussi convaincante. Nous travaillons bien ensemble, dans un climat de confiance, et nos rapports personnels sont excellents. Je lui souhaite beaucoup de succès pour ses grands projets de réforme. L’Allemagne et la France peuvent contribuer pour une part importante à ce que les citoyens soient encore plus nombreux à retrouver le goût de l’Europe.

Emmanuel Macron aspire à « refonder l’Europe ». Le soutenez-vous dans cette entreprise ?

Je soutiens tous les efforts destinés à convaincre le maximum de gens de la justesse de l’idée d’unification européenne, car cette idée joue un rôle majeur pour notre avenir.

 À Berlin et à Paris, les gouvernements préparent une réforme de la zone euro. Que prévoyez-vous pour stabiliser la monnaie ?

Soyons francs, nous possédons certes une monnaie unique, mais l’écart au niveau de la capacité économique entre les différents pays reste très marqué. C’est pourquoi je trouve très intéressante l’idée émise par la France d’une forte coordination des politiques économiques dans le sens d’une concertation et d’un accord plus étroits. Des règles phares, par exemple, qui fonctionnent dans certains États membres, pourraient être transposées dans d’autres pays. Cela peut s’appliquer à la législation du travail au même titre qu’à des administrations publiques efficaces, à de bonnes conditions-cadre pour les entrepreneurs ou à la politique de recherche. Quand nous serons parvenus à nous entendre sur le fond, nous n’aurons aucun mal à trouver pour cela les structures politiques adéquates.

À quoi pensez-vous ?

Par exemple à un appui financier pour les projets de réforme dans certains pays.

Pourriez-vous aussi imaginer des impôts européens alimentant ce budget ?

Non, je ne vois pas pour l’instant de projet convaincant d’impôt européen.

« Pour l’instant », cela veut dire combien de temps ?

Nous entamons tout juste une discussion importante en matière de politique économique, mais je n’ai pas l’intention d’introduire un nouvel impôt.

Pouvez-vous exclure que l’on en vienne à une mutualisation des dettes en Europe tant que vous serez chancelière ?

Nous travaillons à une union bancaire et à un fonds monétaire européen afin de pouvoir agir, dans des conditions rigoureuses, dans les situations de crise. Il y a là une différence avec une mutualisation des dettes, chose que nous refusons. Ce principe ne change pas.

Schengen : contrôle maintenu aux frontières allemandes

Jusqu’à ce que la protection des frontières extérieures de l’UE fonctionne dans l’ensemble comme nous l’imaginons, il est absolument juste que les contrôles soient maintenus aux sections cruciales des frontières intérieures (…) J’ai dit clairement à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, que nous ne pouvions pas encore renoncer à nos frontières nationales.

Pendant combien de temps ?

Tant que cela sera objectivement nécessaire ; il est impossible pour l’instant de donner des dates.

>> Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site de Ouest-France le 16 septembre. 

 

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