Après 154 ans d’existence, le SPD place enfin une femme à sa tête

Andrea Nahles, [@EPA-EFE/FRIEDEMANN VOGEL]

Le parti social-démocrate allemand a élu une nouvelle présidente. Andrea Nahles sera la première femme à la tête du parti le plus vieux de l’Allemagne. Un article d’Euroefe.

Au total, 66 % des plus de 631 délégués du congrès extraordinaire du parti social-démocrate allemand (SPD) qui a eu lieu à Wiesbaden (à l’ouest du pays) ont soutenu le 22 avril la candidature d’Andrea Nahles, désignée pour le poste par les grands pontes du parti et qui succède ainsi à Martin Schulz.

Sa nomination consolide par ailleurs l’assise des femmes à la tête des groupes parlementaires du pays.

Son élection se produit un mois après l’accord du SPD pour intégrer une nouvelle grande coalition gouvernementale avec le bloc conservateur de la chancelière allemande, après des mois de tractation et l’opposition farouche de certains courants internes.

Martin Schulz a démissionné en février de la présidence du parti sous fond de fortes pressions internes. Le parti, crée il y a 154 ans, avait besoin d’un renouveau urgent pour faire face à la chute du soutien de l’électorat depuis plus de 20 ans.

Le résultat obtenu par Andrea Nalhes contraste avec les 100 % obtenu par Martin Schulz un an auparavant. Une différence qui s’explique par la frustration du parti, qui a atteint son plus bas historique lors des dernières élections générales (20,5 %) et par la candidature d’une autre personne : Simone Lange.

Andrea Nahles, 47 ans, était toutefois la favorite, puisqu’elle avait été désignée à l’unanimité par les dirigeants du parti alors que Simone Lange, de six ans sa cadette et maire de la ville de Flensbourg, était une candidate peu connue.

Avant le vote, Andrea Nahles avait fait une intervention vibrante et équilibrée entre sa position de parti au gouvernement et ses critiques à ses partenaires de coalition. Elle avait par ailleurs mis en garde contre l’avancée du populisme en Europe.

La coalition allemande patine sur l'Europe

Après une semaine de négociations, les négociateurs allemands se sont mis d’accord sur une série de sujets principaux. Cela ne veut cependant pas dire que le gouvernement sera libre de se replonger dans le chantier européen de sitôt, selon Euractiv Allemagne.

Elle a alterné les attaques contre le président américain Donald Trump avec la critique de la politique d’immigration du ministre allemand de l’Intérieur, le Bavarois Horst Seehofer, qui représente l’aile la plus conservatrice du parti d’Angela Merkel.

La tâche la plus urgente d’Andrea Nahles est de renouveler le parti. Elle reconnaît que cela va être difficile de par sa position de partenaire dans le gouvernement de Merkel. « Ensemble, nous réussirons. Je vous le promets », a-t-elle conclu.

« Aujourd’hui, ici, nous allons briser un plafond de verre », avait dit Andrea Nahles, faisant référence au fait que le SPD s’est décidé à placer une femme à sa tête pour la première fois.

Avancée des femmes

La position de femmes au pouvoir n’est pas vraiment une nouveauté en Allemagne, puisque Angela Merkel dirige l’Union chrétienne démocrate (CDU) depuis 18 ans et le pays depuis 13 ans. Les Verts et la gauche ont aussi une femme à leur tête, tout comme le groupe parlementaire d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Son statut de femme ne suffira toutefois pas à Andrea Nahles pour rendre son élection historique si elle ne parvient pas à remettre sur pied un parti qui en 20 ans a connu neuf dirigeants pour chercher à reconstruire ses fondations.

Le duel entre les deux candidates était le premier que le SPD connaissait depuis 1995 quand le responsable de gauche Oskar Lafontaine avait arraché la présidence au modéré Rudolf Scharping en avec un discours vibrant lors d’un congrès.

Quatre ans plus tard, Oskar Lafontaine quittait la direction du SPD et le poste de ministre des Finances pour finalement fonder son propre parti – Die Linke – une manière de protester contre la ligne centriste du chancelier de l’époque, Gerhard Schröder.

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