Après le départ de Stéphane Séjourné, la course à la présidence de Renew s’annonce intense

Emmanuel Macron a nommé Stéphane Séjourné comme nouveau ministre de l’Europe et des Affaires étrangères le 11 janvier, déclenchant ainsi la course à la présidence du groupe libéral, à peine six mois avant les élections européennes. [Parlement européen]

Le départ de Stéphane Séjourné, qui était président du groupe Renew Europe, a lancé une course à la présidence du groupe libéral du Parlement européen. Une réunion des chefs du groupe est prévue mercredi (17 janvier) pour décider de la marche à suivre pour les élections internes.

Emmanuel Macron a nommé Stéphane Séjourné comme nouveau ministre de l’Europe et des Affaires étrangères le 11 janvier, déclenchant ainsi la course à la présidence du groupe libéral, à peine six mois avant les élections européennes.

Le groupe, qui décidera des prochaines étapes de l’élection du prochain président lors d’une réunion mercredi, a maintenant deux options : soit les législateurs de Renew ouvrent le champ de bataille électoral interne, soit ils trouvent un consensus pour soutenir l’actuel président par intérim, le Néerlandais Malik Azmani, du Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD).

M. Azmani représente la faction de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE) de Renew. L’ALDE avait perdu la tête de Renew lorsque Dacian Cioloș, un eurodéputé roumain, avait été choisi en 2019. Il avait été suivi par le proche allié du président Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, en automne 2021, sans opposition, suite à la démission de M. Cioloș.

Euractiv a été informé que les législateurs de l’ALDE se sont réunis pour un dîner mardi (16 janvier) en soirée, afin de discuter de la stratégie.

« Je considère qu’il est logique que Malik Azmani, en tant qu’actuel premier vice-président de Renew Europe, prenne la direction du groupe », a indiqué à Euractiv l’eurodéputé Ondřej Kovařík du parti tchèque ANO, un point de vue partagé par plusieurs législateurs et collaborateurs de Renew qui, sous couvert d’anonymat, l’ont décrit comme le candidat de la « continuité ».

D’autres ont exprimé des inquiétudes quant aux liens du VVD de M. Azmani avec l’extrême droite.

Le VVD est actuellement en pourparlers avec le Parti pour la liberté (PVV, extrême droite) de Geert Wilders pour former un gouvernement, et si les libéraux néerlandais soutiennent finalement un gouvernement avec M. Wilders comme Premier ministre, la crédibilité de M. Azmani serait en jeu, car la campagne électorale des libéraux sera construite sur la menace d’une vague d’extrême droite en Europe.

« Je trouve extrêmement problématique que notre groupe soit dirigé par quelqu’un dont le parti est en train de négocier une coalition avec l’extrême droite aux Pays-Bas. Qu’en est-il de la crédibilité de notre groupe en tant que groupe libéral promouvant les valeurs libérales et dénonçant l’extrémisme ? » a demandé l’eurodéputée néerlandaise Sophie in ‘t Veld à Euractiv.

Interrogé sur les discussions du VVD avec l’extrême droite, M. Azmani a déclaré à la presse : « Je suis un homme politique européen, je ne change pas le cours de mon groupe, je ne vois pas de coopération avec l’extrême droite ici en Europe parce qu’ils veulent affaiblir l’Europe, pas la renforcer ».

Convaincre les législateurs de Renew que les discussions du VVD avec l’extrême droite ne devraient pas être un problème pour sa candidature n’est pas le seul obstacle sur la route de M. Azmani vers la présidence, car il pourrait encore faire face à la résistance du parti Renaissance de Macron et du reste de la délégation française du groupe, qui pourrait être désireuse de maintenir le contrôle de Renew pour promouvoir les intérêts de la France au sein du Parlement européen.

À l’heure où l’extrême droite gagne du terrain en Europe, notamment en France avec le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, Emmanuel Macron a besoin de « garder Renew Europe aussi proche que possible de sa position », a expliqué Eric Maurice, analyste au European Policy Centre, à Euractiv, « en particulier sur l’économie, la politique industrielle, l’autonomie stratégique, la défense et la sécurité, et tous les autres sujets qui sont au cœur de la politique étrangère française ».

M. Maurice voit le remaniement du gouvernement français opéré par le président comme une manière de se préparer pour les élections européennes afin de rivaliser aux niveaux national et européen.

Au niveau européen, les sondages du 30 décembre suggèrent que le groupe parlementaire d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) pourrait dépasser Renew Europe pour devenir la troisième force du nouveau Parlement européen – ce qui pourrait porter un coup sérieux aux ambitions européennes de M. Macron.

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[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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