Grèce. Le silence d’Heiko Maas à la suite de menaces d’Ankara contre Athènes passe mal

Heiko Maas doit expliquer pourquoi il est resté silencieux après que son homologue turc Mevlüt Çavuşoğlu a menacé la Grèce lors d'une conférence organisée en début de semaine, a déclaré Dora Bakoyanni, législatrice et ancienne ministre grecque des Affaires étrangères. EPA/VALDRIN XHEMAJ [EPA/VALDRIN XHEMAJ]

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas doit expliquer pourquoi il est resté silencieux après que son homologue turc Mevlüt Çavuşoğlu a menacé la Grèce lors d’une conférence de presse commune en début de semaine, a déclaré Dora Bakoyanni, législatrice et ancienne ministre grecque des Affaires étrangères.

« Il n’est pas logique qu’un pays extérieur à l’UE menace un État membre et que le ministre des Affaires étrangères de ce pays [l’Allemagne] ne réponde pas », a déclaré la législatrice du parti Nouvelle Démocratie (PPE) au pouvoir.

M. Maas s’est rendu à Ankara lundi dernier (18 janvier) pour discuter avec les responsables turcs de l’escalade de la crise en Méditerranée orientale et en particulier des relations tendues entre la Grèce et la Turquie.

Lors d’une conférence de presse commune à l’issue de la réunion, M. Çavuşoğlu a déclaré : « Si la Grèce insiste pour ne pas coopérer, alors la responsabilité de toute tension entre les deux pays reposera sur les épaules d’Athènes », laissant entendre que chaque fois qu’un incident se produirait, la Grèce serait tenue pour responsable.

Heiko Maas n’a pas réagi à la menace turque, déclenchant les courroux des autorités grecques.

« J’espère que le manque de réaction du ministre allemand des Affaires étrangères est dû au fait que le turc est une langue difficile et que son interprétation vers l’allemand peut parfois présenter des lacunes. Si ce n’est pas le cas, alors la Grèce a le droit d’exprimer fortement son mécontentement », a soutenu Mme Bakoyanni.

« Si Heiko [Maas] a compris les propos de M. Çavuşoğlu et est resté silencieux, alors nous avons le droit d’indiquer qu’il ne s’agit pas d’une réaction adéquate de la part d’un représentant européen », a-t-elle ajouté.

Lors de l’escalade de la crise en Méditerranée orientale entre Athènes et Ankara l’année dernière, l’Allemagne est intervenue en tant que médiateur pour aider à apaiser les tensions. Mais, dans une interview avec Euractiv, l’ancien ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotzias a maintenu que c’était une erreur.

Tensions avec la Grèce : nouvelles critiques de Berlin à l'encontre d'Ankara

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a regretté mardi soir (12 octobre) à Athènes qu’Ankara aille à l’encontre du « climat de confiance » nécessaire pour restaurer le dialogue entre la Turquie et la Grèce, avec le déploiement d’un navire d’exploration turc au large des îles grecques.

« Au lieu d’essayer de comprendre et de résoudre un problème entre la Grèce et la Turquie, l’on finit par essayer d’influencer Berlin ou de le convaincre de ne pas être pro-Turquie. En bref, les négociations ne vont pas dans la bonne direction », avait expliqué M. Kotzias.

Après des mois de tensions, la Grèce et la Turquie prévoient de relancer des « pourparlers exploratoires » le 25 janvier en vue d’amorcer un dialogue officiel.

Néanmoins, dans le cadre de ces négociations exploratoires, une question demeure : quel serait l’ordre du jour ? Athènes insiste sur le fait que seules les questions liées aux zones maritimes doivent être abordées, alors qu’Ankara veut mettre toutes les questions sur la table, y compris la démilitarisation des îles, considérée par la Grèce comme une tentative de remettre en cause sa souveraineté.

La semaine dernière, les garde-côtes turcs ont tenté d’intimider un bateau de pêche grec près de l’île d’Imia, ce qui a aggravé les tensions quelques jours avant le lancement des discussions entre Ankara et Athènes.

En outre, Ankara a annoncé qu’elle organisera de nouveaux exercices militaires en mer Égée, dont certains devraient durer jusqu’à la fin de l’année.

Aujourd’hui, le Parlement grec va décider de l’extension des eaux territoriales de la Grèce de 6 à 12 milles nautiques en mer Ionienne.

Depuis des décennies, la Turquie conteste les droits de la Grèce dans la mer Égée, qui se trouve de l’autre côté du pays. Le Parlement turc a déclaré il y a 25 ans que toute extension des eaux territoriales du côté de la Grèce serait considérée comme un casus belli (acte de guerre).

Athènes demande l'aide de l'UE pour le retour de migrants en Turquie

La Grèce a demandé jeudi l’aide de l’Union européenne (UE) pour « le retour immédiat » en Turquie voisine de près de 1.500 migrants déboutés du droit d’asile par les autorités grecques, qu’Ankara refuse de recevoir.

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