Au Groenland, le parti écologiste remporte les élections. Les mines sont-elles en danger ?

C’est désormais Múte Bourup Egede, le jeune chef du parti Inuit Ataqatigiit (34 ans), qui est chargé de former un gouvernement. Si le parti écologiste parvient à trouver une majorité, le projet minier de Kvanefjeld pourrait être remis en question. [EFE/Christian Klindt Soelbeck DENMARK OUT]

Les élections anticipées au Groenland, organisées en raison d’une crise gouvernementale provoquée par le développement d’un projet minier controversé, ont pris fin. La victoire est revenue au parti de la gauche écologiste Inuit Ataqatigiit. Un article d’Euractiv Italie.

Les sociaux-démocrates du parti Siumut détenaient la majorité au parlement groenlandais depuis 1979. À la suite des élections anticipées organisées mardi 6 avril, ils vont devoir y renoncer au profit du parti écologiste et indépendantiste de gauche, Inuit Ataqatigiit (IA). Une première. Lors du scrutin, IA a raflé 36,6 % des voix contre 29,4 % pour son principal rival.

Un changement significatif par rapport à l’élément déclencheur de la crise gouvernementale qui a conduit aux élections : le projet Kvanefjeld, l’un des plus importants sites miniers du monde, dont le permis d’exploration a été accordé aux Australiens de Greenland Mines, soutenus par le groupe chinois Shenghe.

Plusieurs entreprises internationales attendaient de connaître le résultat du vote, car les matières premières qui peuvent être extraites du site de Kvanefjeld, mais aussi d’autres gisements sur l’île, sont essentielles pour de nombreux secteurs de l’économie. Le sous-sol du Groenland abrite de l’uranium et des terres rares, dont le néodyme, qui est utilisé dans la construction d’éoliennes, de véhicules électriques et d’avions de combat.

La calotte glaciaire du Groenland va disparaître, sa fonte a atteint le point de non-retour

Il n’y a plus aucun espoir de voir la calotte glaciaire se reconstituer au Groenland. Les glaciers ont tellement rétréci que, même si le réchauffement climatique s’arrêtait aujourd’hui, ils disparaîtraient. Cela aura de lourdes conséquences sur le futur niveau des mers. Un article de notre partenaire Ouest France.

Alors que Siumut s’était prononcé en faveur de l’octroi du permis, Inuit Ataqatigiit avait voté contre. C’est désormais le chef d’IA, Múte Bourup Egede, âgé de 34 ans, qui est chargé de former un gouvernement. Si le parti écologiste parvient à trouver une majorité, le projet minier pourrait être remis en question.

La campagne électorale d’Inuit Ataqatigiit reposait sur le « non » à la mine, une opposition au projet est donc des plus probables. La population est elle-même divisée sur le sujet, car l’exploitation des ressources accélérerait le processus d’indépendance économique de l’île, mais le danger de voir la pollution augmenter est réel.

À l’heure actuelle, l’économie du Groenland dépend largement des concessions accordées par le gouvernement danois. La majorité des habitants de l’île reconnaît donc qu’une plus grande autonomie économique est nécessaire pour parvenir à l’indépendance, qui reste l’objectif à atteindre.

En raison de la fonte des glaces, l’île est devenue plus accessible par la mer, si bien que les investissements se sont multipliés. En août 2019, le président américain Donald Trump avait exprimé à plusieurs reprises son intérêt pour le rachat de la totalité du Groenland afin de limiter l’hégémonie de la Chine sur les terres rares. Sa proposition avait été sèchement refusée par le gouvernement danois.

Le Danemark réagit vivement aux visées américaines sur le Groenland

L’intérêt du président américain pour le Groenland continue à faire parler. La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a rappelé que le territoire autonome danois n’était pas à vendre. Au Danemark, l’idée provoque l’hilarité.

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