L’Autriche joue les intermédiaires avec la Hongrie

Les Premiers ministres polonais, Mateusz Morawiecki, tchèque, Andrej Babis, slovaque, Robert Fico, et hongrois Viktor Orban lors d'une rencontre des pays du groupe de Visegrad. [ EPA-EFE/SZILARD KOSZTICSAK HUNGARY OUT]

En position délicate au niveau européen, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, peut compter sur la médiation autrichienne pour assurer le dialogue avec le reste de l’UE. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le 30 janvier, le très controversé Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, était en visite à Vienne. L’opposition autrichienne s’en est donné à cœur joie, dénonçant son style autoritaire, la situation des médias et le refus du pays d’accueillir des migrants.

Le gouvernement autrichien a également été accusé d’offrir à Viktor Orbán une plateforme où se présenter comme une personnalité internationale reconnue, en pleine campagne électorale.

Erhard Busek, ancien vice-chancelier (Parti populaire, ÖVP) et actuel directeur de l’Institut de la région du Danube et de l’Europe centrale, estime cependant très important de chercher le dialogue avec Budapest, et surtout avec Viktor Orbán.

Pour lui, les pays d’Europe centrale et orientale méritent davantage d’attention. Ce rôle de médiateur a été explicitement donné à l’Autriche dans les négociations d’adhésion.

Construire des ponts

Sebastian Kurz, le chancelier autrichien, partage cet avis. Après sa discussion avec son homologue hongrois, il a d’ailleurs souligné que le rôle de Vienne était de « construire des ponts » dans la région, et surtout entre le groupe de Visegrád et les pays d’Europe de l’ouest.

L’échange, qui s’est déroulé dans une ambiance ouverte et agréable, selon les diplomates, s’est notamment penchée sur la crise migratoire. À ce sujet, le ministre hongrois souligne avant tout le rôle de son pays dans la protection des frontières externes de l’UE et estime que Budapest contribue ainsi à une solution européenne au problème.

Aucun commentaire par contre sur le fait que Viktor Orbán a déclaré ne pas vouloir une société mélangeant les cultures chrétienne et musulmane.

Les pays de Visegrád ne bougent pas d'un iota sur l’accueil des réfugiés

En l’absence de nouveau système d’asile européen, le bloc de l’Est n’a aucune raison de changer d’avis sur la relocalisation des réfugiés. Un article des bureaux d’EURACTIV en République tchèque, en Slovaquie et en Pologne, ainsi que  du think tank hongrois Political Capital.

Adhésion à Visegrád ?

Durant la campagne électorale, l’actuel partenaire de coalition de l’ÖVP, le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite), avait appelé à l’adhésion du pays au groupe de Visegrad. Si le sujet n’a plus été abordé, la coopération avec les membres de ce groupe est souhaitable, dans le cadre de l’UE.

Certaines sources dévoilent pourtant que le temps n’est pas au beau fixe au sein du groupe, composé de la Hongrie, de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovaquie. Il semblerait notamment que la Pologne ne s’y sente pas à sa place, se sentant plutôt, de par sa taille, à égalité avec la France ou l’Allemagne.

Le président serbe, Aleksandar Vučić, se rendra pour sa part à Vienne le 2 février, afin de promouvoir non seulement le développement de bonnes relations bilatérales, mais surtout l’adhésion de la Serbie à l’UE. Il devrait également faire pression pour la date d’adhésion actuelle, fixée en 2025. Et il peut compter sur le soutien de Vienne, l’Autriche étant l’un des pays qui font le plus campagne pour l’intégration des Balkans occidentaux à Bruxelles.

«Le groupe de Visegrád est en plein déclin »

La Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie se concentrent sur des objectifs communs négatifs et anti-européens, regrette l’ancien Premier ministre tchèque. Une dynamique qui fait reculer leur influence. Une interview d’Euractiv Pologne.

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