En prolongeant davantage le congé sans solde de Franco Frattini, le président de la Commission José Manuel Barroso laisse la voie libre au prochain Premier ministre italien Silvio Berlusconi afin de nommer son protégé, l’eurodéputé d’Antonio Tajani comme son successeur.
Franco Frattini, le vice-président en charge de la Justice et des affaires intérieures, s’est vu accordé un congé sans solde prolongé jusqu’au 15 avril, laissant suffisamment de temps à M. Berlusconi pour désigner son successeur à la Commission.
M. Frattini qui doit rejoindre le nouveau gouvernement italien en tant que ministre des Affaires étrangères, s’était déjà vu accordé un congé le 28 mars pour clarifier la situation suite aux élections en Italie (EURACTIV 21/04/08). Cette décision avait été prise dans l’intérêt de l’institution, avait déclaré M. Barroso.
Un porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, a reconnu qu’il n’avait pas connaissance de précédent à la Commission suite à l’annonce de la décision de M. Barroso de prolonger le congé de M. Frattini lundi dernier, le 28 avril.
La décision a également mis un terme aux espoirs du Premier ministre sortant Romano Prodi de revendiquer le droit de nommer le successeur de M. Frattini. En effet, il est peu probable que l’Italie n’ait pas de nouveau gouvernement d’ici le 15 mai.
Afin d’éviter toute intervention de M. Prodi, M. Frattini a également annoncé qu’il cèderait son siège au sein du Parlement italien nouvellement élu. D’après le règlement intérieur de la Commission, un poste au Parlement national est incompatible avec le poste de commissaire.
Cependant, des critiques affirment que M. Barroso aurait fait une faveur à M. Berlusconi en remaniant des emplois à la Commission. Le 22 avril, il a annoncé que le successeur de M. Frattini sera en charge du portefeuille des transports, tandis que Jacques Barrot, le commissaire français qui occupait ce poste jusqu’à présent, s’occupera de façon permanente du portefeuille de la justice, la liberté et la sécurité précédemment détenu par M. Frattini.
Sans l’échange de fonctions, les critiques affirment qu’Antonio Tajani, le premier choix de M. Berlusconi pour remplacer M. Frattini, n’aurait jamais eu l’ombre d’une chance d’être approuvé par le Parlement. Les eurodéputés socialistes et libéraux avaient déjà annoncé qu’ils s’opposeraient à sa nomination parce qu’il est jugé trop à droite pour gérer le portefeuille de la justice, de la liberté et de la sécurité qui exige un large consensus entre les partis.
Le portefeuille des transports, néanmoins, est considéré comme étant moins délicat et l’opposition devrait être plus faible. Cependant, le fait que l’affaire complexe d’Alitalia sera gérée par la personne nommée par M. Berlusconi à Bruxelles est loin d’être considéré comme étant idéal.

