Le commissaire belge au cœur d’une enquête pour corruption

Didier Reynders [Photo: EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

L’homme choisi par Ursula von der Leyen pour devenir le gardien de l’état de droit dans la prochaine Commission est sous le coup d’une enquête pour corruption et blanchiment d’argent, selon les médias belges.

Didier Reynders, actuellement ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement intérimaire belge, fait l’objet d’une enquête préliminaire par les procureurs, ont dévoilé L’Echo et De Tijd le 14 septembre.

Des révélations faites par un ancien agent des services secret ont poussé les procureurs à se pencher sur la manière dont les contrats publics avaient été attribués sous la supervision de Didier Reynders. Parmi les projets concernés, la construction de l’ambassade belge à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

Le 15 septembre, Didier Reynders a déclaré « ne pas être au courant de l’enquête » mais a affirmé que ses représentants légaux cherchaient à « clarifier certaines choses le plus tôt possible ». Selon le porte-parole du ministre, l’ancien agent ne souhaite qu’une chose : nuire à Didier Reynders.

L’enquête en cours permettra de savoir si les preuves sont suffisantes pour retenir des charges contre le ministre ou toute autre partie impliquée.

Casse-tête pour Ursula

Le 10 septembre, Ursula von der Leyen, future présidente de la Commission européenne, a nommé Didier Reynders commissaire chargé du respect de l’état de droit dans l’UE.

La commissaire tchèque, Věra Jourová, avait d’abord été pressentie pour cette mission, qui a finalement été jugée trop risquée politiquement pour un représentant d’un pays d’Europe de l’Est ou centrale.

Věra Jourová coordonnera toutefois le travail du Belge en tant que vice-présidente de l’exécutif.

Le Parlement européen doit auditionner les 26 commissaires désignés et procéder à un vote final sur l’équipe d’Ursula von der Leyen fin octobre, avant que sa Commission entre en fonction le 1er novembre.

Si l’enquête sur les activités de corruption et de blanchiment d’argent supposées de Didier Reynders va de l’avant, les eurodéputés pourraient refuser de donner leur bénédiction à cette nomination.

Même si le Parlement ne peut pas bloquer un candidat de manière unilatérale, son opinion est toujours prise en compte avant la nomination d’une nouvelle Commission puisque l’hémicycle possède un droit de véto sur la décision finale.

Certains des futurs collègues potentiels de Didier Reynders devront attendre l’évaluation du Parlement avant de se projeter au-delà du 31 octobre, en raison des doutes qui planent sur leurs candidatures respectives.

Qui sont les nouveaux commissaires européens ?

Les gouvernements ont désigné leurs candidats pour la prochaine Commission européenne qui sera présidée par Ursula von der Leyen. Ils doivent désormais être auditionnés par le Parlement européen.

Le Hongrois László Trócsányi s’est vu attribuer le portefeuille de l’élargissement, mais la décision a provoqué des critiques tous azimuts puisqu’un des piliers de la mission est de convaincre les pays candidats d’améliorer leurs systèmes judiciaires et juridiques. Or, Budapest n’est pas un modèle en matière d’état de droit.

Le Polonais Janusz Wojciechowski est quant à lui sous le coup d’une enquête de l’OLAF pour ses dépenses en tant qu’eurodéputé. Nommé commissaire à l’agriculture, il affirme qu’il n’a rien à cacher.

Les auditions du Parlement devraient commencer le 30 septembre et se conclure par un vote final le 23 octobre. Reste à savoir si les commissions concernées interrogeront les trois vice-présidents exécutifs ou si c’est la Conférence des présidents du Parlement qui s’en chargera.

Le commissaire de la Pologne refuse le portefeuille de l'agriculture

Ursula von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne, a attribué le portefeuille de l’agriculture à la Pologne. Ce qui n’a pas trop plu au commissaire désigné polonais, Krzysztof Szczerski : il a préféré retirer sa candidature.

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