Biélorussie : 633 arrestations dont une figure importante de l’opposition

Svetlana Tikhanovskaïa (G) et Maria Kolesnikova (D). [EPA-EFE/TATYANA ZENKOVICH]

Le ministère de l’Intérieur biélorusse a indiqué, dans un communiqué, que ces manifestants avaient enfreint « la loi sur les événements de masse ». Un article de notre partenaire, Ouest-France.

La police biélorusse a fait état ce lundi 7 septembre de 633 arrestations lors de la manifestation massive de l’opposition la veille. Des dizaines de milliers de personnes s’étaient retrouvées dans les rues de la capitale Minsk. Depuis l’élection du président Alexandre Loukachenko, début août, les manifestants protestent contre sa réélection.

Pour eux, le président légalement élu est réfugié à l’étranger. Il s’agit de la cheffe de file de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui revendique la victoire à la présidentielle et a trouvé refuge en Lituanie sous la pression au lendemain de l’élection du 9 août.

363 personnes toujours en détention

« Au total, 633 personnes ont été interpellées hier pour infraction à la loi sur les événements de masse », a indiqué le ministère de l’Intérieur biélorusse dans un communiqué. Selon le ministère, 363 d’entre elles restaient en détention provisoire lundi dans l’attente de l’examen de leurs dossiers par les tribunaux.

Il s’agit du plus grand nombre d’arrestations à une manifestation d’opposition depuis les premières protestations ayant suivi la présidentielle du 9 août, sévèrement réprimées par les forces de l’ordre.

Des témoins ont rapporté l’arrestation de Maria Kolesnikova, ce lundi 7 septembre, importante figure de l’opposition bélarusse et l’une des seules ayant choisi de ne pas s’exiler à l’étranger, a indiqué son équipe de campagne sur fond de répression du mouvement de protestation.

Selon les témoignages recueillis par ses alliés politiques, Maria Kolesnikova a été emmenée dans un véhicule lundi matin par des inconnus et ne répond plus à son téléphone. Elle est membre du« conseil de coordination » de l’opposition, contre lequel les autorités du Bélarus ont engagé des poursuites judiciaires pour menace à la sécurité nationale.

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Répression violente

La manifestation de dimanche a rassemblé pour le quatrième week-end consécutif une foule record de plus de 100 000 personnes à Minsk, malgré un impressionnant déploiement des forces de l’ordre et de l’armée dans la capitale.

Des images avaient montré dimanche des hommes cagoulés, en civil et armés de matraques circulant dans le centre-ville et pourchassant des manifestants. D’autres actions de protestation ont eu lieu dans de nombreuses villes du pays, notamment à Grodno (ouest) ou Brest (ouest).

Alexandre Loukachenko, 66 ans dont 26 à la tête du Bélarus, continue d’exclure tout dialogue et recherche le soutien de Moscou. Loin de reculer, les autorités ont multiplié la semaine dernière les arrestations en réponse à la mobilisation des étudiants.

Soutien russe 

La réponse répressive des autorités a aussi visé les journalistes bélarusses dont une vingtaine ont été interpellés, tandis que plusieurs autres travaillant pour des médias étrangers, dont l’AFP, se sont vus retirer leur accréditation sans explications.

La répression avait été particulièrement brutale dans les premiers jours suivant l’élection du 9 août. Au moins trois personnes avaient été tuées, des dizaines blessées et plus de 7 000 interpellées durant les premières manifestations. De nombreux cas de tortures et de mauvais traitements avaient aussi été documentés.

Depuis, les arrestations avaient été moins nombreuses, mais le pouvoir a en revanche multiplié les pressions visant des travailleurs en grève ou des visages de l’opposition, dont plusieurs se sont réfugiés à l’étranger par crainte d’une arrestation comme la figure de proue du mouvement, Svetlana Tikhanovskaïa.

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