La Bulgarie ne veut plus de « fausses excuses » contre son adhésion à Schengen

Boyko Borissov et des responsables du PPE [Facebook page of Boyko Borissov]

Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a profité du début de la présidence bulgare pour critiquer les États membres bloquant l’adhésion de son pays à Schengen.

Boyko Borissov se trouvait à Bruxelles le 1er février pour une série de rencontres marquant le lancement de la présidence bulgare de l’UE. Le président Rumen Radev était aussi à Bruxelles et le soir venu, tous deux ont assisté à un concert de la Philharmonie de Sofia.

Lors d’un événement organisé par la Fondation Hanns Seidel, Boyko Borissov a critiqué les États membres ayant empêché la Bulgarie de rejoindre l’espace Schengen de libre circulation.

La Bulgarie et la Roumanie ont reçu le « feu vert » de la Commission pour rejoindre l’espace Schengen en 2010. Son admission, requérant l’unanimité, a cependant été bloquée par un groupe de pays dont la France, l’Allemagne et les Pays-Bas.

Dimanche dernier, le ministre de l’Intérieur de la Bavière, Joachim Hermann s’est opposé à l’accession de la Bulgarie à l’espace Schengen.

Selon lui, l’élargissement de la zone de libre circulation ne peut pas se faire aux dépens de la sécurité des citoyens allemands. « Sur le long terme, l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à Schengen n’est pas seulement souhaitable, mais aussi indispensable. Pour l’instant il est toutefois hors de question que la Bulgarie y accède », a déclaré Joachim Hermann dans une interview avec le journal Welt am Sonntag.

Le ministre bavarois a ajouté qu’en Bulgarie et en Roumanie « la corruption est endémique et les problèmes de crime organisé de plus en plus nombreux ».

Géopolitique et lutte contre la corruption s'invitent au cœur de la présidence bulgare

La Bulgarie a pris les rênes de la présidence tournante le 1er janvier. Le pays risque de subir la pression de la Turquie et de la Russie pour faire évoluer leur relation compliquée avec les 28 États membres.

 

« Nous ne pouvons pas expliquer à nos citoyens que nous rétablissons la frontière avec l’Autriche afin de faire face à la crise des réfugiés et que dans le même temps nous ouvrons nos frontières Sofia et Bucarest. Par ailleurs, La Bulgarie est une frontière extérieure de l’UE. Reculer dans le domaine sécuritaire – à une période de menaces terroristes grandissantes – est absolument inacceptable », a-t-il déclaré.

Boyko Borissov n’a mentionné aucun pays, mais a déclaré que l’Europe devait cesser d’inventer des excuses pour empêcher la Bulgarie d’entrer dans Schengen, étant donné que le pays, selon lui, est le meilleur protecteur des frontières extérieures de l’UE.

Le Premier ministre bulgare a dédié une grande partie de son discours à la migration, qui est pour lui source de divisions en Europe et « d’insultes entre les ministres ».

Lors des sommets européens, Boyko Borissov soutient le renforcement des frontières extérieures de l’UE plutôt que l’introduction de frontières internes. Il défend également l’accord passé entre l’UE et la Turquie, qui a drastiquement réduit le nombre de migrants arrivant sur les îles grecques depuis le territoire turc.

Pour le dirigeant bulgare, la crise migratoire pourrait être résolue si les frontières externes de l’UE étaient fermées et que tous les migrants passaient par des postes de contrôle, où ceux qui fuient la guerre pourraient être séparés des migrants économiques. Selon lui, les réfugiés de guerre devraient être logés dans des camps en dehors de l’UE, proches de leur pays d’origine, pour les y renvoyer lorsque la guerre se termine.

Quant aux migrants économiques, il considère qu’ils ne peuvent entrer dans l’UE que si des pays européens les acceptent.

Boyko Borissov estime que les contribuables européens paient le prix de ce que les États-Unis, la Russie, la Chine et la Turquie, motivés par leurs intérêts géopolitiques, ont provoqué en Syrie, Libye et en Afghanistan. Il a ajouté que la diplomatie européenne était un échec patent.

En ce qui concerne les Balkans occidentaux, une priorité pour la présidence bulgare, Boyko Borissov estime qu’il y a deux options. La première est de permettre à la Russie, la Chine, la Turquie, et l’Arabie saoudite d’obtenir autant d’influence qu’ils le souhaitent sur la base d’intérêts économiques ou religieux, l’autre, est d’accélérer le processus d’adhésion à l’UE des pays des Balkans occidentaux.

La présidence bulgare met les Balkans à l’agenda politique de l’UE

Pour sa première présidence tournante de l’UE, dix ans après son entrée dans le bloc, la Bulgarie compte centrer son attention sur les Balkans, la sécurité, l’immigration et la cohésion. Un article de notre partenaire Euroefe.

La Bulgarie organise un sommet avec les 28 États membres et les six dirigeants des Balkans à Sofia le 17 mai. Un sommet avec la Turquie entre les présidents des institutions européennes et le président turc Recep Tayyip Erdoğan pourrait quant à lui avoir lieu fin mars, mais la date n’a pas été confirmée.

Subscribe to our newsletters

Subscribe