Borissov s’attend à un sommet UE-Turquie extrêmement tendu

Boyko Borissov, le 23 février 2018. [Georgi Gotev]

Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov craint que le sommet du 26 mars avec le président turc, dans la ville bulgare de Varna ne soit « une expérience intense ».

Boyko Borissov, l’un des Premiers ministres en poste depuis le plus longtemps, participe au premier sommet organisé depuis que son pays a pris les rênes de la présidence tournante du Conseil de l’UE.

L’une des questions qui seront soulevées par le président chypriote, Nikos Anastasiades, est le blocus par des navires turcs de l’exploration gazière offshore dans les eaux territoriales de la République de Chypre.

Sur ce sujet, Boyko Borissov a déclaré avoir parlé à Nikos Anastasiades, qui lui a fait part de ses inquiétudes.

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, rencontrera le président du Conseil, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors d’une « réunion de dirigeants » organisée par Boyko Borissov dans la ville bulgare de Varna, le 26 mars, près de la mer Noire.

Le sommet a été organisé suite au lobbying intense de Boyko Borissov, qui compte sur la Turquie pour mettre en œuvre l’accord conclu avec l’UE pour empêcher les migrants de se rendre sur les îles grecques depuis le territoire turc.

La Turquie a quant à elle une kyrielle de demandes : plus d’argent pour l’accord sur les migrants, une libéralisation des visas et des avancées dans les négociations de son adhésion.

Bruxelles tente de garder ses distances avec la Turquie

Si le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE n’a pas été officiellement annulé ou suspendu, la Commission ne travaille plus sur de nouveaux chapitres de négociations. Mais Ankara continue de réclamer son entrée dans l’Union.

 

Interrogé sur la résolution du problème chypriote durant le sommet de Varna, Boyko Borissov a répondu : « ceux qui pensent que c’est un moment agréable de réunir Juncker, Tusk et Erdoğan pour un dîner n’y connaissent rien en politique. »

« C’est une rencontre extrêmement complexe, extrêmement tendue, avec des attentes et des tensions. Pour ce que je connais du président Erdoğan, de nos dirigeants et de moi-même, je n’imagine pas du tout que nous allons trouver un accord sur les questions soulevées. »

« Ça va être une expérience très intense pour nous tous, et ce n’est pas un hasard si depuis hier [quand il est arrivé à Bruxelles] tout le monde me demande comment je vais gérer ça. Il ne s’agit pas d’un dîner entre amis qui se réunissent juste pour discuter et boire du sherbet [sirop]. Ce n’est pas une rencontre que quiconque peut organiser », a-t-il assuré.

Lorsqu’Euractiv lui a demandé s’il ressentait ce sommet différemment des autres puisque la Bulgarie détient maintenant la présidence de l’UE, le Premier ministre a répondu : « non, ces deux dernières années j’ai gagné le respect de mes collègues, qui prêtent attention à ce que je dis, mais je ne veux pas me vanter, je ne suis pas comme ça. »

« De nombreuses personnes n’étaient pas présentes au dîner de jeudi soir, même Donald Tusk n’était pas là. Je n’ai pas été invité grâce à la présidence, mais en tant que personne qui prend en compte les points de vue de tous, ce qui mène à des solutions raisonnables. »

Le Premier ministre belge, Charles Michel, avait invité à la veille du sommet les dirigeants de pays de différentes régions d’Europe et de différentes familles politiques.

Cette rencontre était censée donner aux responsables l’occasion de démarrer les discussions de manière « plus spontanée » que durant le sommet. Les thèmes abordés ont été le commerce, la transition énergétique, la défense, la migration, la place de l’Europe dans le monde et le budget de l’UE après le Brexit.

Parmi les personnalités politiques ayant participé à ce dîner figuraient la chancelière allemande Angela Merkel, le président français, Emmanuel Macron, et un certain nombre de Premiers ministres : Mateusz Morawiecki (Pologne), Mariano Rajoy (Espagne), Leo Varadkar (Irlande), Paolo Gentiloni (Italie), Juha Sipilä (Finlande), Xavier Bettel (Luxembourg), Antonio Costa (Portugal), Robert Fico (Slovaquie) et Boyko Borissov lui-même.

Selon lui, il s’agissait d’une réunion de « gouvernance régionale » où il a longuement parlé de la région « de la Grèce à la Macédoine en passant pas la Serbie et le Kosovo, la Turquie, la Russie, et le conflit entre la Slovénie et la Croatie (à propos de la baie de Piran).

La Bulgarie ne veut plus de « fausses excuses » contre son adhésion à Schengen

Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a profité du début de la présidence bulgare pour critiquer les États membres bloquant l’adhésion de son pays à Schengen.

Il a aussi annoncé que ce matin, Emmanuel Macron, Charles Michel et Xavier Bettel avaient proposé qu’une rencontre francophone soit organisée à Varna, idée qu’il a acceptée avec plaisir.

La Bulgarie est un membre officiel de l’Organisation internationale de la Francophonie.

 

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