Les régions européennes souhaitent avoir davantage voix au chapitre dans les relations futures entre l’UE et le Royaume-Uni

Les régions européennes demandent à avoir davantage voix au chapitre dans les relations post-Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni. Telles sont les conclusions formulées par les membres du Comité des Régions (CdR) lors d’une réunion du groupe de contact CdR-Royaume-Uni lundi (11 janvier). EPA-EFE/ANDY RAIN ATTENTION: This Image is part of a PHOTO SET

Les régions européennes demandent à avoir davantage voix au chapitre dans les relations post-Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni. Telles sont les conclusions formulées par les membres du Comité des Régions lors d’une réunion du groupe de contact CdR-Royaume-Uni lundi (11 janvier).

Le groupe de contact CdR-Royaume-Uni a vu le jour en septembre 2020, afin de maintenir à flot les échanges entre les décideurs politiques locaux de l’UE et du Royaume-Uni. À l’époque, nul ne pouvait cependant prévoir quelle tournure allaient prendre les négociations sur le Brexit.

« L’impasse actuelle dans laquelle se trouvent l’UE et le Royaume-Uni ne doit pas fermer la porte à la coopération à l’échelle locale et régionale, car indépendamment de l’issue des négociations, les institutions locales et régionales des deux parties continueront à collaborer après 2020 », avait déclaré Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne.

Lundi, le groupe de contact s’est exprimé pour la première fois au sujet de l’avenir de la politique régionale dans le cadre de l’accord post-Brexit. Les avis sur la question étaient quelque peu divergents.

« Au sein de l’accord ne figure pas la moindre dimension régionale », a fait savoir Antje Grotheer, présidente du parlement du Land de Brême. Oldrich Vlasak, ancien vice-président au Parlement européen s’est dit « déçu » à cet égard.

La représentante portugaise de Portimão, Maria Prazeres Gomes Isilda, a souligné que les relations futures entre l’UE et la Grande-Bretagne nécessitaient des processus décisionnels proches du peuple. Un lien que la politique locale peut assurer.

Après le Brexit, des ajustements plus ou moins compliqués dans les échanges commerciaux

Plus de sandwichs dans les rayons d’un supermarché britannique emblématique à Paris, impossible pour les Britanniques d’accéder à leurs séries préférées en streaming sous le soleil espagnol, approvisionnements suspendus, complications fiscales… Des entreprises et des consommateurs font face à une série de couacs dans les échanges commerciaux trans-Manche, quelques jours après le Brexit.

Une pierre angulaire

Le soutien apporté aux petites et moyennes entreprises en constitue un exemple concret, estime Joan Calabuig Rull, chargé du dossier lié aux affaires européennes dans la région de Valence. Les autorités locales maintiennent un lien étroit avec l’économie régionale et endossent le rôle de conseillers pour toute question bureaucratique. Et les questions abondent depuis le Brexit. C’est la raison pour laquelle les autorités locales doivent être davantage impliquées dans les relations futures UE-GB, d’après M. Rull.

Pour le législateur gallois Michael Antoniw, il s’agit d’une situation frustrante. Le parlement gallois a par ailleurs la particularité d’être décentralisé ; une spécificité que l’on retrouve en Écosse et en Irlande du Nord. Ces parlements n’ont pas été consultés dans le cadre des négociations de l’accord, mais en subissent désormais les conséquences, notamment sur le plan sanitaire.

L’accord actuel ne doit être perçu que comme une pierre angulaire, selon M. Antoniw. À l’avenir, les parlements régionaux devront être conviés à la table des négociations.

Plus de fonds régionaux européens en cas de non-respect de la Charte des droits fondamentaux ?

Le respect de la Charte européenne des droits fondamentaux pourrait être invoqué afin de suspendre le versement de fonds destinés à des projets entravant la démocratie ou discriminant la communauté LGBT, d’après une source européenne.

Programmes européens : besoin de créativité 

Lors de la réunion, la suppression de certains programmes européens destinés aux citoyens a également fait l’objet de plusieurs critiques. La perte du programme d’étude Erasmus a été ainsi été abordée par les membres de groupe à maintes reprises. Michael Antoniw a proposé que le Pays de Galle puisse continuer à y participer de façon indépendante.

Toutefois, la volonté politique à cet effet vient à manquer, a indiqué Fabian Zuleeg, directeur du groupe de réflexion « European Policy Centre ». La participation de la Grande-Bretagne au programme de recherche et d’innovation Horizon Europe n’est pas non plus garantie.

Par conséquent, il convient de se montrer créatif et de réfléchir à des alternatives, a avancé Una Power, conseillère pour le comté de Dún Laoghaire Rathdown en Irlande.

Parmi les autres programmes actuellement dans le flou figure « Interreg », un programme de coopération territoriale européenne ayant pour but de favoriser les échanges transfrontaliers en matière de recherche, de climat ou de soutien aux entreprises. Pour l’heure, Londres ne semble pas intéressé à continuer son partenariat à cet effet, a fait savoir Kieran McCarthy, conseillère municipale de la ville de Cork. Une nouvelle qui inquiète les parties de part et d’autre de la Manche. Les régions du Royaume-Uni pourraient tenter de revenir en tant que « parties tierces » à l’Interreg, a conclu Mme McCarthy.

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