Brexit. Les négociations se poursuivent ce lundi, des « points de friction » persistent

Le négociateur en chef de l'Union européenne, Michel Barnier, à Bruxelles le 7 décembre. Les négociateurs travaillent sous la pression du calendrier puisqu'un éventuel accord commercial - de plus de 700 pages - devra encore être ratifié par les parlements britannique et européen avant d'entrer en vigueur le 1er janvier. [EPA-EFE/JOHN THYS / POOL / POOL]

Le Brexit se fera-t-il avec ou sans accord ? Le couperet devrait tomber rapidement. L’issue des pourparlers, jusque tard dans la nuit de dimanche à lundi, reste incertaine. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Britanniques et Européens poursuivent lundi (7 décembre) d’âpres négociations pour tenter de trouver un accord post-Brexit, des heures décisives après des mois d’impasse afin d’éviter un échec aux lourdes conséquences économiques.

L’issue des pourparlers, jusque tard dans la nuit de dimanche à lundi, reste incertaine. « Nous avons entamé la semaine dernière, pleins d’espoir, de parvenir à un accord. Aujourd’hui, je ne vais pas nier qu’il y a un retour en arrière », a déclaré George Eustice, ministre de l’Environnement britannique, à la BBC, dimanche.

« Les points de friction demeurent – des points assez fondamentaux,a-t-il ajouté. Nous avons toujours été clairs sur le fait que nous ne pouvons conclure à un accord que si l’Europe respecte notre souveraineté. »

M. Eustice a également déclaré : « Je pense que nous en sommes probablement aux derniers jours pour décider s’il peut y avoir un accord. »

Britanniques et Européens ont entamé dimanche deux jours de discussions considérées comme une dernière chance de trouver enfin un accord commercial post-Brexit après huit mois d’impasse.

« Nous travaillons très dur »

Les « points de friction », notammentsur la pêche et les règles commerciales, persistent. Les trois points de blocages sont l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Le négociateur en chef britannique, David Frost, discute actuellement avec son homologue européen, Michel Barnier, à Bruxelles. À son arrivée à Bruxelles, David Frost a déclaré : « Nous travaillons très dur pour essayer d’obtenir un accord. Nous allons voir ce qui se passe dans les négociations aujourd’hui. »

Accord post-Brexit: "tout peut basculer" à l'heure des ultimes marchandages

Britanniques et Européens se trouvaient jeudi (3 décembre) dans la phase ultime de leur laborieuse négociation commerciale post-Brexit, où « tout peut basculer » à chaque moment, y compris vers un « no deal » avec ses conséquences économiques désastreuses.

« Il serait prématuré » de parler d’avancées à ce stade, a dit dimanche soir à l’AFP une source européenne. « Il est impossible de prédire le résultat. Le chemin est très étroit », a confié une autre source proche des discussions.

« Mon instinct me dit que c’est 50/50, je ne pense pas qu’on puisse être trop optimiste », a estimé le Premier ministre irlandais Micheal Martin sur la chaîne RTE.

Dimanche soir, des sources provenant de l’Union Européenne ont déclaré qu’un accord sur la pêche était proche. Si celui-ci devait être conclu, les règles de concurrence – y compris les futures subventions gouvernementales – et le maintien de l’ordre d’un accord resteraient les deux obstacles à franchir.

« Toute la créativité possible »

Le négociateur européen Michel Barnier doit faire un point des discussions tôt lundi aux ambassadeurs des Vingt-Sept, puis auprès du groupe des eurodéputés qui suivent le dossier. Il s’était montré très prudent au début de cette nouvelle séquence en raison de l’impossibilité depuis mars de trouver un compromis entre Londres et l’UE. « Nous verrons si nous pouvons avancer », avait-il lâché.

Les négociateurs travaillent sous la pression inexorable du calendrier puisqu’un éventuel accord commercial – de plus de 700 pages – devra encore être ratifié par les parlements britannique et européen avant d’entrer en vigueur le 1er janvier. Sans oublier l’extrême vigilance des Etats membres qui espèrent un accord, mais s’inquiètent de concessions trop importantes aux Britanniques.

Le Premier ministre irlandais, dont le pays sera en première ligne en cas d’échec, a appelé les négociateurs à faire preuve de « toute la créativité possible ». Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a répété dimanche qu’en cas d’accord « non conforme » aux intérêts de la France, en particulier pour ses pêcheurs, Paris pourrait mettre son « veto ». En cas de « no deal », « il vaut mieux le savoir maintenant qu’à Noël », a-t-il dit au Journal du Dimanche.

« Il n’y a pas eu de percée »

Des rumeurs faisant état d’avancées sur la pêche dimanche soir ont été sèchement démenties par des sources gouvernementales britanniques : « il n’y a pas eu de percée ». Un haut diplomate de l’UE a déclaré, à la BBC, que la pêche « n’était certainement pas le problème sur lequel les négociations restaient bloquées » à l’heure actuelle. Il y a toujours un différend sur les mesures à prendre pour garantir des « règles du jeu équitables » pour les entreprises et sur la manière de faire appliquer les normes convenues.

Sur les conditions de concurrence équitable, destinées à garantir une convergence en matière d’aides publiques, de normes sociales ou environnementales, la difficulté est de trouver un mécanisme qui respecte la souveraineté retrouvée du Royaume-Uni après son divorce tout en protégeant les intérêts européens.

La réunion de dimanche a fait suite aux entretiens entre Boris Johnson, Premier ministre britannique et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, samedi. Dans une déclaration conjointe, ils ont annoncé qu ‘« aucun accord ne serait possible si les problèmes ne sont pas résolus ». Ils ont accepté de se rencontrer à nouveau, ce lundi soir.

Droits de douane et de quotas

Quel que soit le résultat des négociations lundi soir, la future relation avec Londres devrait de toute façon être l’un des sujets chauds du sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles.

Depuis son départ officiel de l’UE, le 31 janvier dernier, le Royaume-Uni continue d’appliquer les règles européennes. Ce n’est qu’à la fin de cette période de transition, le 31 décembre, qu’interviendra sa sortie du marché unique et de l’union douanière.

Faute d’accord, les échanges entre Londres et l’UE se feront dès le 1er janvier selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d’un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par la pandémie de coronavirus.

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