Budapest dénonce une cabale menée par les forces pro-immigration

Judit Varga, en déplacement à Zagreb, Croatie. [Dragan Matic/CROPIX]

Le Parlement européen actuel ne devrait prendre aucune décision sur l’immigration et l’état de droit, parce qu’il ne représente plus les citoyens européens, a assuré la secrétaire d’État hongroise aux relations européennes à Euractiv Croatie.

« Nous estimons que le Parlement sortant ne devrait pas prendre de décisions [sur l’immigration et l’état de droit] parce que cela ne reflète pas la volonté de la plupart des citoyens européens. Pour ce type de décisions difficiles, il faudrait attendre la formation d’un nouveau Parlement », défend Judit Varga secrétaire d’État aux relations européennes du cabinet de Viktor Orbán.

Elle accuse une majorité d’eurodéputés pro-immigration d’utiliser les règles sur l’état de droit pour faire pression sur la Hongrie, dans le but de lui faire changer de politique migratoire.

La Hongrie a été très critiquée pour son manque de collaboration avec les autres États membres sur la gestion de la crise des réfugiés. Budapest n’a pas non plus respecté les quotas d’accueil décidés par l’UE.

« Dans les pays pro-migrants, on ne regarde pas l’état de droit. Mais si vous vous opposez à l’immigration, si vous ne voulez pas accepter de migrants, on dit qu’il n’y a pas d’état de droit », estime-t-elle. « C’est clairement un instrument politique entre les mains d’un Parlement majoritairement pro-immigration qui veut faire pression sur la Hongrie. »

En septembre 2018, le Parlement européen a adopté un rapport appelant le Conseil à déclencher l’article 7, surnommé « l’option nucléaire », contre la Hongrie pour infraction aux règles de l’état de droit. Si la procédure suit son cours jusqu’au bout, elle peut aboutir à une suspension temporaire du droit de vote du pays au Conseil.

Les eurodéputés veulent déclencher l’article 7 contre la Hongrie

Les eurodéputés ont voté en masse pour déclencher l’article 7 du traité de Lisbonne contre la Hongrie. A l’inverse, Jean-Claude Juncker n’avait envoyé aucun message clair contre les violations de l’état de droit de Budapest.

L’article 7 a déjà été déclenché à l’encontre de la Pologne, mais en est toujours aux stades préliminaires. Les autres États membres sont en effet réticents à imposer des sanctions.

Budapest a présenté ses arguments au Conseil « affaires générales ». « En termes d’état de droit, nous ne sommes ni pires ni meilleurs que les autres États membres. C’est vraiment une pression politique des forces pro-immigration », assure Judit Varga.

Dans un communiqué de presse publié le 30 janvier, le groupe des socialistes et démocrates (S&D) appelle les États membres à emboiter le pas au Parlement et à activer l’article 7.

« Les évolutions récentes en Hongrie prouvent que Viktor Orbán n’a jamais eu l’intention de faire marche arrière. Sous l’égide du Parti populaire européen (PPE), il continue joyeusement à renforcer son pouvoir autocratique par tous les moyens possibles », dénonce Josef Weidenholzer, vice-président du groupe et rapporteur fictif sur le Hongrie.

Le parti du Premier ministre, Fidesz, est en effet affilié à la famille PPE. Si la situation a soulevé des questions au sein du groupe, aucune action n’a été engagée contre lui à ce niveau.

Le Fidesz d'Orbán rappelé à l'ordre par le PPE

Lors de son congrès annuel, le PPE a enjoint le Fidesz de Viktor Orbán à respecter certaines valeurs démocratiques sous peine de risquer l’exclusion.

Pour l’eurodéputée verte Judith Sargentini, le PPE devrait agir, même si Viktor Orbán a été élu démocratiquement. « Si Manfred Weber et le reste du PPE veulent vraiment écouter la voix des citoyens européens, ils devraient parler à ces Hongrois qui sont privés de droits [par Fidesz]. » En ne pénalisant pas le parti, le PPE soutient des politiques autoritaires du gouvernement.

« Nous avons une bonne collaboration avec le PPE et je pense que l’Europe centrale est une partie de l’Europe de plus en plus importante », indique pour sa part Judit Varga, confiante.

Elle estime par contre que le fait que Frans Timmermans, qui représente la Commission dans les relations avec Budapest, soit aussi le Spitzenkandidat socialiste pour les européennes pose problème. « Cela montre la politisation du sujet. »

Le vice-président de la Commission a répondu à ces commentaires, rappelant qu’il défendait la position officielle du collège des commissaires. « Je ne vois vraiment pas où est le problème et, franchement, si Viktor Orbán se mettait à chanter mes louanges, ce serait très inquiétant », a-t-il estimé.

Plus tôt dans le mois, le Parlement européen a défendu l’imposition d’amendes aux États membres qui ne respectent pas les valeurs de l’Union.

Une décision qui ne plait pas à Judit Varga. « Ces amendes pourraient mener à une perte de confiance des citoyens vis-à-vis de l’UE, surtout si les conséquences impliquent les fonds européens. Rappelons encore qu’il s’agit là de la décision d’un Parlement majoritairement pro-migrants », insiste-t-elle.

Les nouvelles réformes de Viktor Orban provoquent un tollé en Hongrie

L’adoption mercredi par le Parlement hongrois de lois controversées sur la justice et surtout sur la flexibilisation du temps de travail a mis la capitale Budapest en ébullition.

Green MEP Judith Sargentini, commented, “If Manfred Weber and the rest of the European People's Party genuinely want to listen to the voices of European citizens, they should speak to Hungarians who are currently seeing their rights stripped away. Every day that Fidesz remains in the ranks of the EPP is an endorsement of the kind of authoritarian policies that run counter to the very values that the EU is built on.”

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