Budget de l’UE: le pays du Père Noël voit sa proposition unanimement rejetée

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BRUXELLES

Aucun État membre de l’UE n’a approuvé la proposition de budget de la Finlande lors du Conseil des affaires générales du 10 décembre à Bruxelles. Pour le ministre lituanien, la situation peut se résumer en une phrase : « Le Père Noël était bloqué en Finlande ».

Ce qui peut être interprété de deux manières : soit le cadeau de Noël que les États membres attendaient des propositions budgétaires de l’UE a fini par s’enliser en Finlande, soit la proposition a été essentiellement adaptée aux besoins du pays scandinave.

« Aucun pays de l’UE n’a dit quoi que ce soit de positif au sujet de cette proposition », a déclaré une source. Les sujets délicats sont bien sûr les budgets de la politique agricole commune (PAC) et de la politique de cohésion de l’UE, mais tout dépendra de la proposition très attendue sur le Green deal, qui sera bientôt dévoilée.

Certains États membres de l’UE ont également émis des doutes quant à la hiérarchisation des priorités. C’est notamment le cas de l’Allemagne, qui a plaidé pour que davantage d’argent soit consacré aux questions de défense et de migration.

La Pologne et la Hongrie font pression pour éviter de lier le financement de l’UE aux critères portant sur le respect de l’État de droit et ont utilisé des astuces pour bloquer les négociations sur le financement climatique. Dans un effort destiné à démontrer leurs compétences démocratiques, les Hongrois ont même déclaré que « 80 % du financement public des médias [allait] aux médias antigouvernementaux ».

La grande majorité des États membres se sont également opposés à la convergence extérieure de la PAC, qui n’a été que mollement défendue par les pays d’Europe de l’Est.

Le ministre croate des Affaires étrangères, Gordan Grlić Radman, a déclaré à Euractiv que Zagreb, qui prendra la présidence de l’UE en janvier, présentera une nouvelle proposition visant à préserver tant la PAC que la politique de cohésion. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com)

BERLIN

Berlin déclare l’urgence climatique. Le 10 décembre, le Sénat de Berlin (le gouvernement régional de la ville-Land de Berlin), a déclaré l’urgence climatique pour la ville. Cette initiative intervient après que les sociaux-démocrates (SPD) ont accepté de signer le projet de loi présenté par la sénatrice des Verts Regine Günther, qui avait été retardé d’une semaine. Ce nouveau statut garantit que toute législation future sera décidée en fonction des préoccupations liées au changement climatique. Alors que 50 municipalités allemandes ont pris des mesures similaires, Berlin est le premier État fédéral à avoir fait une telle déclaration et à l’avoir appliquée dans sa législation. (Sarah Lawton, Euractiv Allemagne )

MADRID

L’Espagne veut » plus d’ambition « pour enrayer le changement climatique. La ministre espagnole de la Transition écologique et de l’Action pour le climat, Teresa Ribera, a demandé le 10 décembre aux pays participant au sommet mondial des Nations unies sur le climat à Madrid (COP25) d’être « plus ambitieux » dans leurs objectifs climatiques avant l’année prochaine, lorsque l’Accord de Paris entrera officiellement en vigueur, a indiqué Euroefe.

Entre-temps, la secrétaire exécutive de l’ONU pour le changement climatique, la Mexicaine Patricia Espinosa, a exhorté les pays à intensifier leurs efforts et à parvenir d’urgence à un accord pour réguler le marché des obligations carbone. Les délégations de la CdP25 à Madrid devraient donner cette semaine une dernière impulsion à la mise en œuvre de l’Accord de Paris des Nations Unies de 2015, à partir de 2020. (Euroefe)

PARIS

Les Français dans l’expectative. Après une nouvelle journée de mobilisation en France contre la réforme des retraites (10 décembre), les Français attendent que le gouvernement fasse des annonces concrètes, ce mercredi 11 décembre. Le Premier ministre Édouard Philippe devrait dévoiler les détails de la réforme contestée à midi, après des semaines d’incertitude sur les plans du gouvernement.

La réforme fusionnera les 42 régimes de retraite existants en un régime universel. Mais la plupart des Français ne soutiennent pas la méthode proposée par le gouvernement et craignent une baisse importante de leurs pensions futures, en particulier les enseignants.

Selon une enquête de l’institut IFOP pour le Journal du Dimanche, 59 % des Français estiment que le gouvernement est plus responsable des troubles que les grévistes eux-mêmes pour n’avoir pas révélé plus tôt le contenu de la réforme. (Euractiv France)

BRUXELLES

Toutes les options s’ouvrent à nouveau. Après avoir consulté les chefs de parti, le roi Philippe de Belgique, a nommé Joachim Coens (CD & V) et George-Louis Bouchez (MR) comme nouveaux informateurs pour rechercher une éventuelle coalition gouvernementale fédérale. Tous deux n’ont pris la tête de leurs partis respectifs que quelques jours après leur élection et sont plutôt inexpérimentés dans les négociations de coalition.

Ils ont jusqu’au 20 décembre pour mener à bien leur mission. Le choix indique que toutes les constellations de coalitions possibles sont encore sur la table, aussi bien une coalition progressiste avec les libéraux, les verts et les socialistes qu’une coalition avec les socialistes, les conservateurs et les nationalistes flamands. En quittant le palais royal, Coens a dit que toutes les options devraient être ouvertes. « Nous allons tout examiner et parler à tout le monde », a-t-il déclaré. (Alexandra Brzozowski, Euractiv.com)

VARSOVIE

Bataille pour la cour. Małgorzata Gersdorf, la première présidente de la Cour suprême de Pologne, a déclaré que les juges nommés à la Chambre disciplinaire créée par un arrêt du parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS), devraient s’abstenir de prendre leurs fonctions. « Le maintien de la Chambre disciplinaire constitue une menace sérieuse pour la stabilité de l’ordre juridique polonais », a-t-elle déclaré.

Sa déclaration fait suite à un arrêt de la Cour suprême indiquant que la Chambre disciplinaire (créée par le parti au pouvoir afin d’affaiblir l’indépendance de la justice) n’est pas un tribunal au sens du droit communautaire et, par conséquent, du droit polonais. La Cour suprême a également jugé que le Conseil national de la magistrature (KRS) n’était pas indépendant du pouvoir législatif et de l’exécutif. Par conséquent, les décisions de la chambre pourraient, à l’avenir, être contestées et la Pologne s’expose à devoir payer des compensations. (Łukasz Gadzała , Euractiv Pologne)

BUDAPEST

Des options réduites pour l’opposition. L’Assemblée nationale a adopté un amendement au Règlement intérieur du parlement, soumis par les législateurs de la coalition gouvernementale constituée du Fidesz et du KDNP. L’amendement a été approuvé par 135 voix pour et 54 voix contre.

Le nouveau règlement stipule que « les législateurs indépendants et les législateurs devenus indépendants ne peuvent pas participer à la formation des groupes parlementaires et ne peuvent pas se joindre aux groupes parlementaires ». Par cet amendement, le Fidesz entend éviter que les candidats de l’opposition ne se présentent en masse en arborant une étiquette indépendante, pour constituer leurs groupes parlementaires une fois élus, car, pendant la campagne municipale, de nombreux politiciens de l’opposition se sont présentés comme candidats indépendants avec le soutien informel des partis. (Željko Trkanjec, Euractiv Croatie)

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